LA PETITE FILLE, SAINTE-CLAIRE
JLA PETITE Fille, sortant de la maison.
Cellf--ci a dans ^a physionomie quelque chose 'qui me rassure. ( de loin. ) Citoyenne , vous êtes la fille d’un officier ?
Sainte-Claire.
A-peu-près.
LA PETITE Fille.
Vous êtes trop jolie pour être méchante. Vous ne me donnerez pas de coups de balai , vous ?
Sainte - Claire.
Oh ! non , certainement. Que voulez-vous, ma petite?
LA PETITE Fille, s’ approchant.
Ma marraine m’avoit donné une commission , que j’ai faite de mon mieux. Celle à qui je me suis adressée m’a voulu battre , et ma marraine m’a dit que je n’avois pas d’intelligence , et qu’elle n’entendoit plus que je me mêlasse de rien. Cependant cette affaire lui tient àU cœur , et je voudrois bien lui- rendre service.
Et quepuis-^e dans tout cela?
ko
^ LA PETITE Fille.
Je m’en vais vous le dire. Ma marraine aime le colonel^ et le colonel aime ma marraine. Je croyois d’abord que ce n’étoit que de l’aTnitié ; mais ils ont parlé d’amour , et c’est bien plus sérieux. I-^e colonel lui disoit de si jolies clioses , mais de si jolies choses ! que si vous l’aviez: entendu vous auriez été enchantée. Ma marraine l’écoutoit avec un plaisir qui me fa’isoit presque envie, et je Voudrois savoir Mais vous êtes distraite.
Sainte - Claire.
Gertrude 1 Gertrude î
Gertrude, apportant une chaise.
Me voilà. (
LA PETITE Fille, sauvant et entrant dans la maison de la veuve.
Oh ! la femme au balai 1 II est décidé que je ne saurai rien.