‹ Les dragons en cantonnement, ou, La suite des bénédictinesChapitre 21 sur 34 · SAINTE-GLAIRE, GERTRUDE · texte numérisé non relu

SAINTE-GLAIRE, GERTRUDE

Sain te-Claire.

Gertrude, je viens d’être frappée d’un coup bien violent !

Gertrude.

Qu’avez-vous donc ?

Sainte-Claire.

J’élois foin de le prévoir.

Gertrude.

Qu’est-ce ?

Sainte-Claire.

îl m’étonne , je l’avoue.

Gertrude.

Expliquez-vous, de grâce.

Sainte-

COMEDIE. 4x

Sainte-Claire.

Mais il ne m’accable p-is.

Gertrude, à part.

Sauroit-elle t{iiel que chose ?

Xe Colonel me trompe,

Qui vous l’a dit ?

Ebie petite fille du village.

G E R T R U D F , Æ part.

C’est la petite bohémienne de tantôt,

SAINrE-CLAIRE.

Gertrude , tu es- iustruile ?

G E R T E. U E) E , cnitarr.zssk.

A la vérité , on dit que que ^

S A I K T E - C L A I R E. - Tu es honnête , et tu dois être vraie. Tu es instruite ?

Gertrude.

Eh, sans doute, je le suis.

Tu me diras donc la vérité ? '

Gertrude.

C’est q^ue cette vérité là est une vérité

Difiicile à dire ? .

Gertrude.

Oh ! lien difficile !

Mais facile à confirmer. Vo^'ons les détails, et dépêchetoi ; ye ne suis pas à mon aise.

Votre mari est l’espoir d’Israël j mais....

Sainte-Claire.

Vas donc^ vas donc.

Gertrude.

Mais il est si beau !

Sainte-Claire.

Je le connois : après ? **

Il a le cœur si tendre !

Au fait : qui est cette femme ?

Gertrude.

Son hôtesse.

Sainte-Claire.

Jolie ?

Gertrude.

Belle.

Sainte-Claire.

Aimable ?

Je l’ignore.

Sainte - Claire.

“ Tendre ?

Gertrude.

Je le crains.

Sainte-Claire.

Elle demeure ?

CertrudEj montrant la maison:

Là. ^

Sai nte-Claire.

Je vais la voir. '

Gertrude.

Vous m’elfrayez.

Sainte-Claie. E. ^

Ne crains rien. J’ai donné un moment à la nature j je reviens à mon caractère.

Gertrude.

Ma chère petite Sainte-Claire ^ ne vous emportez pas.

S ainte-Claire.

M’emporter contre une femme qui trouve mon Colonel aimable ! il me plaît bien , à moi.

Mais vous êtes sa femme.

Sainte-Claire.

Et voilà l’étonnant. '

Gertrude. ,

A la vérité , Abraham vécut avec Agar , et Sara le souffrit.

Sainte-Claire.

Oui J mais Sara avoit soixante ans , et je n’en ai que

vingt. ,

Gertrude.

N’importe , elle étoit femme.

Sainte-Claire.

Et je le suis aussi un peu,

Gertrude.

C’est-à-dire que votre colère tombera sur le Coloneh Sainte-Claire.

Femme qui crie a toujours tort.

Gertrude. ,

^ J’espère que vous ne penserez pas au divorce ? ,

Sainte-Claire. »

Fi donc ! Les loix ont dû le permettre j les mœurs doivent le défendre.

Que voulez-vous donc? car je m’y perds.

, Sain'Te-Claire.

Être la plus aimable et la plus tendre j Voilà tout mon secret. Voyons ta dangereuse voisine.

Gertrude. *

Mol , je vais commencer une neuvaine pour que î® eiel le rende à la raison.

S A I N T - G L A I i; ^ ; rizrt.

Son liôtcsse en a , elle fait une pour la lui faire perdre.

Gertrude, rentrant sous le hangar.

Le diable esl de son côté.

S A INTE - Claire , allant i^ers la maison de la veuve’ Blais Pamoiir est du mien. ^

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