I. A Veuve, appercevant le Colonel qui entre par la gauche
E^h , venez donc , Colonel. Jamais votre présence ne ÏO.% fut si nécessaire.
LE Colonel.
Vous vous êtes apperçu de mon absence? Jamais voua ne fûtes si aimable.
Vous êtes sorti pour arranger une affaire, et je viens d’en avoir une. . >. . .
LE Colonel.
Dont les suites ne sont pas alarmantes?
Dont les suites m’inquiéteroient moins , si je VOU» eonnoissois mieux. v
LE Colonel.
Vous me feriez injure, si vous doutiez de moi.
LA Veuve.
Il m’est permis de douter un peu. Vous avez tenu le même langage à celle qui vient de me quitter, leColonel.
Qui donc ?
LA Veuve
Une jeune fille , jolie comme l’Amour , gaie comme la Folie y et méchante au-delà de toute expression.
leColonel.
Une jeune fille ! Je ne connois personne dans ces environs qui puisse..,:
LA Veuve.
Elle vous a connu, et très -particulièrement : je lui crois même des droits qui ne laisseront pas de vous embarrasser.
LE Colonel.
Rien né m’embarrasse , moi.
Pas même les femmes que vous avez trompées 7;
Il en est tant qui ne demandent qu’à Pêfre *■
Les femmes seroient bien à plaindre , si tous les hommes les jugeoient comme vous,
LE Colonel.
Celles qui vous ressemblent sortent delà règle générale.,
la Veuve.
Je m’attendois à l’exception.
leColonel;
Et vous deviez vous y attendre. ~ ^
Vous le dites.
leColonel; j
Je le jure î x "
LA Veuve.
Je redoute l’avenir..
^ Cr ^
Il vous rassurera.
LA V E U V Ei
Qu’on croit aisément ce qu’on désiré !
LE Colonel.
Douteriez^vous, si vous étiez plus tendre?
La Veuve.
Ah ! ne vous plaignez pas de mon cœur,
LE Colonel.
Je vous ressemble à certains égards. Je doute aussi , et je veux des preuves , mais des preuves claires, positives, la Veuve.
Vous avez trop vu ma foiblesse j n’en exigez pas Taveu.
'LE C O L O N.E L , Ai prenant la main.
Il n’est pas possible de se rendre de meilleure grâce. LA Veuve.
Je suis bien loin de me rendre encore. Rappeliez-vous où nous en étions quand on nous a interrompus.
LE, Colonel, lui baisant la main.
Je m’en souviens à merveille : nous en étions au chapitre des sacrifices.
LA Veuve.
Et c’est un chapitre auquel je tiens beaucoup.
LE Colonel.
Le bonheur est sans prix. Ordonnez, femme charmanle<ii LA Veuve.
Epargnez-moi la honte de m’expliquer.
Il faut donc que je devine ?
LA Veuve.
Vous le pouvez sans efforts.
LE Colonel;
Mais vous pourriez m’aider un peu.