‹ Les dragons et les bénédictines; comédie en un acte et en proseChapitre 2 sur 17 · SCÈNE PREMIÈRE · texte numérisé non relu

SCÈNE PREMIÈRE

Ste. SCHOLASTIQUE, Ste. AGNÈS,

Ste S C H 0 L A S T I Q U E.

Ahl

Mad. Ste» Agnès.

Ste A G N È S.

Ali chère ScLolastique.

Ste. SCHOLASTIQUE.

Ça-lle perversitc !.

Aa

(4) Ste. AGNÈS.

Quelle îrrélloior: !

Ste. SCHOLASTIQUE.

Vous ne coderez pas ?

Sle. AGNÈS.

Ni vous non plus ?

Ste. se H O L A STIOUE," Je suis à i'abri de la séduction.

Ste, AGNÈS.

Ma vocation est éprouvée.

Sle. SCHOLASTIQUE.

Les hommes ont beau faire.

Ste- A G N È S.

Ils n'éloigneront pas la brebis du bercail. Sle. SCHO LASTIOUE.

Le piège est adroit : le monde a des attraits,

Ste. AGNÈS.

Dites qu'il est dangereux.

Ste. SCHOLA STIQUE.

Çui le sait mieux que moi? ie m'en souvi^ens ma sœur»

Ste. AGNÈS, Et moi ma sœur , et moi ?

Ste. SCHOLASTTOUE.

Ainsi l'appas qu'on nous présente ne nous dérangera paa île la bonne voie ?

Ste. A G N È S.

Jamais, ma sœur; jamais; quoi , parce que les Français sont entrés a Furnes, il faudra adopter leurs principes^ il sera permis de quitter ce lieu ? et c'est aux épouses du eejgneur que l'on tient ce langage*

un

s C È N li II.

Ste. SCHOLASTIQUE, Ste. AGNÈS, Sic. CLAIRE.

■ Ste. CLAIRE.

Ali! jesnis enclianl'e de vous rencontrer! je viens d'apprendre des nouvelles déli; ii-uses.

Ste. A G N È S. (à ScIio!asii(jue ) Comme elle est dissipée !

Ste. S C H O L A S T I O U E.

Elle a encore les airs niondidns.

Ste. CLAIRE.

Vous savez mesdames, vous savez, les portes sont ouvertes.

Ste. se HOLASÏIOUE.

Et personne ne sortira.

Ste. CLAIRE.

Pardonnez moi , madame ; je pars j'y suis dctermiBce.

Ste. A G N È S.

El vos vœux madame ?

Ste. CLAIRE.

Je les ai faits a seize ans.

Ste. SCHOLASTIQUE.

En sont - ils moins indissolubles ?

Ste. CLAIRE.

Tenez , je suis entrée ici sans trop savoir comment ; depuis deux ans je m'y ennuie , et je suis bien aise d'aller respirer le grand air.

Ste. AGNÈS.

Elle est pleine des maximes du siècle.

Ste SCHOLASTIQUE.

Vous Ycus perdez, yous vous perdez, madame ste, Claire;

Ste. CLAIRE.

Cela me regarde.

Ste. AGNÈS.

Notre charité.

^ a trop loin.

Ste. SCHOLASTIOUE.

<^iie dira madame l'abbesse. ?

Ste. CLAIRE.

Tout ce qu'il lui plaira.

Ste. AGNÈS, (lu'clle insubordination !

Ste. SCHOLASTIOUE.

C'est l'esprit malin qui l'égaré.

Ste. CLAIRE.

C'est tout ce que vous voudrez ; mais je m'en vas.

Ste. AGNÈS.

Que la jeunesse est a plaindre!

Ste. CLAIRE.

Pas tant , mesdames , pas tant.

Ste. SCHOLASTIOUE.

Sa carrière est hérissée d'épines.

Ste. CLAIRE.

Avec un peu de raison on les écarte , et on ne cueiÛ* que les fleurs.

Ste. AGNÈS.

La raison la raison qui quitte un couvent

Ste. CLAIRE.

Où tout la blesse k chaque instant , où le plus ridicule

esclavage

Ste. SCHOLASTIOUE.

Oue dites-vous, madame ? depuis quarante ans qu© Jtadimc &le, Agi^ca et moi uous l'habitons, . »..,

Ile bien, mesdames, restez-y.

SLe. A G N È S.

C'est bien notre intention, inadrane , nous ne somme» |>as légères.

Ste. CLAIRE.

Je le crois.

Ste. S C H O L A S T I O U E.

Mais vous, orplieliue j et sans forlune, que ferez-voufl dans le monde ?

Ste. CLAIRE.

Le bonheur d'...n galant lioinnie.

Sie. S C H O L A S T I O U E.

Quelle Lorreuï !

Ste. AGNÈS, Çuel scandale !

Ste. CL AIRE.

Vieux contes, que sont cela.

Ste. S C O L A S T I O U E.

Vous le prenez sur un ton bien liaut, madame*

Ste. CLAIRE.

Pardon , mesdames , mais c'est qu'en vérité , ma tettf n'est plu'ù à moi; c'est que je suis ravie d'être libre; c'est que mon aine s'ouvre à l'espoir d'une existence que je ne connais pas encore , mais que j'embellis des charmes qu© lui prête mon imagination; c'est que.... c'est que... Ste. AGNÈS.

C'est que monseigneur notre évêque vous mettra à 1» raison.

Ste. CLAIRE.

(^n'il prenne garde que les français ne l'y mettent luiai même.

Ste, SCHOLASTIQUE, Qa vous fera connaître la règle.

( B ) Sto. CLAIRE.

Je ne connais que la lui.

StP. A G IS È S.

Mais voyez donc cette petite audacieuse, si on la laissait faire, elle pervertirait toutes nos dames.

Ste. S C H 0 L A S T I O U E.

Allons la dcn .ncer à madame l'abbesse»

Ste. A G N È S.

L'esprit de l'ordre nous y obli-;e.

Ste. CLAIRE (arec enthousiasme ).

Je vous précède , mesdames , le bonnet de la liberté sur la tête, et le décret à la main. (Elle sort).

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