SCÈNE VIII
Madame Sainte SCHOLASTIQUE,
Mad. St. AGNÈS, le CAPITAINE.
LE CAPITAINE
Prenons le ton grave et mystique nécessaire pour nous faire éccuter.
Ste. S C H O L A S T I Q U E ( ap-perceuant le capitaine)
Miséricorde !
Ste. AGNÈS.
Un homme !
Ste. S C H O L A S T I O U E.
Un ofHcier! à quel dangers on est exposé dans ce sié-elo
maudit !
Ste. A G NES.
Cependant il a Tair réservé.
De grâce , mes-dames. . . .
Ste. S C H O L A S T I O U E ( s'adoucissanf. )
Quel son de vois fiateur !
Ste. AGNÈS (de même )
Ouelle figure intéressante ! quel donimage , que ce beau ^
)eune homme Tie soit pas religieux l
Ste. SCHOL ASTIQUE.
Appellerons nous , sainte Agnès ?
Sie. AGNÈS.
Je n'en ai pas la forre.
Ste. S C H 0 L A S T I Q U E.
N'y mci , ma sœur.
LE C A P I T A I N E. ( ijassant entre-elles deux )
(^^u' avez- vous , mesdames? aurais-je le malheur de vous elîrayer.
Ste. SCHOLASTIOUE.
Maisj monsieur.... votre entrée ici....
LE C A P I 1" A I N E. Vous étonne k ce qu'il me parait?
Ste. AGNÈS.
Kous étonne ? nous confond.
LE CAPITAINE, Elle n'a pourtant rien que de très-naturel ^ les portes étaient fermées , il a fallu sauter par dessus les murailles»
Ste. SCHOLASTIQUE.
Oh, le petit impie! n'avez.i.vous été vu de personne?
LE CAPITAINE
De personne absolument.
Ste. AGNÈS* Il est prudent, au m(>ins.
Ste. SCHOLASTIQUE, Mais, monsieur, quel est votre dessein?
LE CAPITAINE
De vous admirer de plus près,
Ste. AGNÈS.
De nous admirer 1 monsieur avait donc entendu 2:'arler de nous ?
tE CAPITAINE.
île, raesdarues , votre vertu fait un bruit dans \è
monde
Ste. S C H 0 L A S T I Q U E.
Kotre vertu fait du bruit, ma sœur?
Ste. AGNÈS.
Et dans le monde encore ! quel honneur pour la mai»
son !
Oui j mesdames, votre vertu est connue a vingt lieue» À la ronde, et je me plais à lui rendre homniai^e. Ste. SCHOLASTIQUE.
C'est un élu , ma sœiir.
Ste. AGNÈS.
Il a , en effet , un air de béatitude.
L E C A P I T A I N E. (se composant ) Je n'ai jamais aimé la jeunesse. Elle est si pervertie aujourd'hui !
Ste. AGNÈS.
Vous avez bien raison , mon fils.
lE CAPITAINE, {/es yixant altemativemaif.) Si jamais je prends une compagne ^ Je veux qu'elle soiS i-aisonnabie , et d'un âge mur.
Ste. se H 0 L A S T I O U E, ^uel jugement!
Ste. AGNÈS.
(Quelle sagesse !
LE C A P I T A I N E
Ce n'est plus que dans les monastères qu'il faut cliercher le mérite sans orgueil, la modesUe sans apprêt, la tendresse sans perfidie.
Ste, AGNÈS.
Çuel^omme \
Ste,
(»7) Sîe. S C il O L A S T I O U Es Cliiicurie de ses paroles va droit à l'ame.
Ste. A G N È S.
Oui , à l'ame, ma sœur,
Depuis que les cloîtres sont onverts, rieis ne m'empêcho yilus de poursuivre un projet que je crus loni>-tems une tîiimère , et si un engagement solide. ., ,
Ste. S C H O L A S T I 9 U E (à part). \.n eni^acremcnt solide !
S le. A G N È S.
L'aimable petit enfant!
Le capitaine.
Si un engagement so ide pouvait intéresser quelqu'un.,,^
Ste. AGNÈS ( bas }, Défiez-voHS de sainte Scliolastique.
Ste. S C H O L A S T l Q U E (bas}.] Craignez sainte Agnès.
Ste. AGNÈS (bas).
Elle est acariâtre.
Ste. S C H O L A S T I f) U E (bas). Elle est mûchante.
Ste. AGNÈS (bas).
Ce n'est pas à sainte Scholastique que vos dîscoorâ ^adressent ?
LE CAPITAINE ( bas ).
Non <, sans doute.
Ste. S C H 0 L A S ,T I O U E (bas).
Ce n'est pas de sainte Agnès que vous avez entendu
toarler?
L E C A P ï T A I N E (bas),
J« n'ai garde^
(i8) Ma sœur, rions avons eu tort Je parler a madame comme nous venons de le faire, La philosophie pourrait n'avoir pas tant de torts.
Ste. S C H 0 L A S T I 9 U E.
Et ce jeune philosophe est bien fait pour nous le per-. suadcr.
Ste. AGNÈS.
C'en est fait. Je crois que je suis déterminée, Ste. S C H O L A S T I 9 U E.
Et moi aus.-ii.
Ste, A G N È S.
Je .veux me retracter.
Ste. S C H 0 L A S T I O U E.
Moi de même.
Ste. AGNÈS.
Allons ma sœur , retournez près de madame. Ste. S C H O L A S ']' I O U E. Oue j'y retourne, madame? nos intérêts sont communs;
Ste. AGNÈS.
Hé bien , allons-y ensemble.
Ste. SGHOL ASTIQUE.
Soif, ensemble.
Ste. AGNÈS ( hus ).
A tantôt, mon fils.
Ste. S C H O L A S T I O U E {ha, ). A ce soir , mon cher enfant.
(Elles sortent , en se retournant Tune après l'auîre vers le capitaine , ijui leur fait des signes)^
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