‹ Les dragons et les bénédictines; comédie en un acte et un proseChapitre 14 sur 21 · SCÈNE XVII · texte numérisé non relu

SCÈNE XVII

Les préct'tlentes , Macî. 8tc. C L A I R Ej dans le fond.

Ste. A G N ES.

rournuoi n*imiterait-on pas Sainte j\îonique?

Ste. S C H 0 L A S T in U E. niinauJant Mais je ne suis pas loin de suivre son- exemple,

Ste. A G N È S.

Tout de bon , ma sœur? ali ! vous me ravissez ; je ms> propose aussi de Tiuiiter dans peu.

Ste. SCHOLASTinUE.

Ali 5 chère saÏHte Agnès 1

Ste. A G N È S.

Ah , chère Scholastique ! ( elles s'emhassait^ ; . Ste. S C H O L A S T I O U E, Avez -vous fait un choix?

Ste. A G NES.

Et vous ma tendre amie ?

Ste. S C H O L A S T I Q U E.

J'ai inspiré un peucliaiit vertueirx ù riiommc le pîn# aimable. . , ,»

(38) Ste. AGNÈS.

J*ai le bonîieur de plaire à un petit être accoirmîi.

Ste. S C HO LA STIQ Ut, Il a la beauté d^un archange.

Ste. AGNÈS.

Et le courage des Macliabées.

Ste. S C H 0 L A S T I f) U E. Vue onction dcns le discours

Ste. AGNÈS.

XJne grâce sous l'iiabit militaire ! . . .

Ste. SCHOLASTIOUE. (à par/ ) Sous l'iiabit militaire ! ( haut ) enfin t'est. . . ,

Ste. AGNÈS.

I>e petit capitaine que je liens sous la clef,

Ste CLAIR E.

Sous la clef!

Ste. SCHOLASTIQUE. ( ai-ec aigreur après ini moment de stupc faction, ) Assurément, madame ^ vous vous trompez, Ste. AGNÈS.

Pas du tout , madame , )e sçais ce que je dis^.

Ste. SCHOLASTi()UE.

Bien certainement c'est moi qu'il aime»

Ste. A G N È S.

Cela ne se peut pas , il m'a protesté le contraire.

Ste. SCHOLASTIOUE.

Comme l'amour propre "^ous égare !

Ste. AGNÈS.

Comme le votre vous aveugle !

Ste. SHOLASTI9UE.

Voulez-vous que je vous confonde?

iL)li ! je vous mets au défi.

Sfe. S C H O L A S T r Q Ù E, Oi'.vrcz et que ce cher enfaiil prononce,

Sle. C L A I R E. ( r/ci/H aux éclats ) ^h , a[\ , ail , aJi ,

SLe. SCHOL ASTIOUE. '

C'est saiiile (^Itiire , elle a tout entendu...»

Ste. A (7 X È S. ( sortant ) Je me s'^'ns ronge jusqu'au Liane des yeux.

Ste, S C K 0 L A S t i 9 U E ( sorta?^ ) Ma confusion est inexprimable !

Ste. C LAI II E. ( feu yrenav.f fiUT lu main ci les famcuanl sur le dei^anf de lu scène. )

Et vos vœux, mesdames ^ et larè,<:le,et madame l'Abtesse , et Monseigneur notre Evêque , ah , ah, ah', ali t

( Sa/nte ScJiolastic/ue et Sainte xjg'tcs sortent en groni-tnelunt et en se querellant.

»J.7rKi.-iij<-;t..-iii,jr3iii»«\itWMBCTtS:SSg

Ste c L A I K E ( seitJe ).

Voila comment sont faits les trois quarts des humains ; •pleins d'indulgence pour eux-mêmes , inexorables pour les iautres; redoutant la médisance et toujours prêts à médire^ Se permettant sans scrupule , ce qu'ils blâment hautement

dans autrui Ne vais-je pas philosopher pour la pre-

min-e fois de ma vie? C'est bien là le moment Il

r''?ulte de l'entretien de ces dames, que mon pelit capitaine leur a plu k toutes deur; tant mieux. Je veux que toutes les femmes en rallbllent ; mais il me semble aussi

e l'il les a iiattées l'une et l'ancre d'un espoir Voilà

ce que je ne veux pas , par exemple, Oi!i vais-je ni'arrêler? 11 est jeune, enjoué; il s'ennuyait et se sera donné la comédie à leurs dépens : il n'y a pas grand mal à cela... Il s'ennuyait. Et pourquoi s'ennuyait-il , ce beau monsieur?

f 4o)- Oiie ne vpnall-il au parloir? Je griuLLis Je uiVntcndré aopplx?r, i't'lais sur les épines; c'est que je l'aime. 01m je l'aime comme on ainie la première fois ! Et je crois que. je suis piquée de ne lui pas trouver l'empressement que je voudrais. ... que je devrais lui inspirer , tranchons le mot. Oui , je suis piquée, très-picquée , et je lui ferai

une mercuriale Mais il faut penser au plus pressant.

Il est renfermé ici , et son régiment vient y faire une perquisition ; on le trçuvera , on ne croira jamais qu'il y 6oit pour le compte de ces dames; pour peu qu'il parle, moi ^ je rougirai, je balbutierai, j'aurai l'air de m'ètre concertée avec lui , et l'estime de ses chefs . . . Voila ce qui ra'embarasse. Il avait bien affaire de s'amuser de ces deux prudes! C'est moi seule qui ai tort; oui , j'ai tort, absolument tort ; pourquoi leur rire au nez ? Ouelle imprudence ; si j'avois été raisonnable, je les aurais tranquillement écoutées, et j'aurais découvertla cachette . ... Il faut pourtant que je le trouve ^ et où le chercher main* tenant? [Elle lourne , et ajrjieUe à demie voLv : cajitaine! capitaine.' ... Il n'est pas enfermé dans le corps de logis,

du moins il n'y a point d'apparence OJi le mauvais

petit sujet! ( Ê//e appuie sa lâtc contre la croisée du pa^ rillon ; elle tousse y et on tousse aussi eii dedans. \ Ah luô voilà tranquille !

LE C A P I T A I N E ( r?? dedans. ) Alcsdames , êtes vous la ?

"Ste. CLAIRE.

î^on , monsieur , ce ne sont pas ces dames*

LE CAPITAINE

Ali! charmante Sainte Claire, de grâce ^ ouvrez mou

Ste. CLAIRE.

Attendez madame Ste Acnés.

LE CAPITAINE

Vous êtes prcs dç moi et vous voulez, que j'attende f

Ste^

( 4» ) Ste. CLAIRE.

"Votis iiii êtes trop cher pour qu'elle abuse tle votr» |)atience.

LE C A P I T A I N E-

Ouvrez-, je vous en conjure.

Ste. CLAIRE.

Je n'ai pas la clef.

LE C A P I T A I N E-

Je vais bris*T le porte.

S le. C L A I R E.

Je vous le défends.

LE' C A P î T A I N E.

passons par la fenêtre. L'espagnolette est cadénàteé.

Ste. CLAIRE.

Cassez un carreau. (Le ca-fiitaine casse un carreau , ce ^ort avec le inaréchal~des-lovis. j

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