‹ Les dragons et les bénédictines; comédie en un acte et un proseChapitre 20 sur 21 · GERTRUDE · texte numérisé non relu

GERTRUDE

Au prodige , au miracle ! Saint martin vient de rire et 1res distinctement.

Saint Martin vient de rire ? . . . ( il approche ) hé parbleu c'est le Capitaine et le vieux camarade. La plaisant^ . équipée !

LE C O L O N E L. ( à l'ahbesse) Oue lui dire à présent ? il a tout entendu.

•Pardonnez , c'est le plus court.

LE CAPITAINE

Mon cher oncle , vous avez un peu compromis la dîcnité de votre caractère, mais je n'en abuserai pas. Faisons nous loyalement la guerre et supposons que je n'ai rien entendu. Voyons, donnez vous carrière, grondez, querellez , apostrophez, et je vous réponds que vous .■> tort.

Ceci est un peu fort, à la preuve, citoyen.

Le C a P I T a I N E.

C'est où j'en veux venir. Le cnnseLl de guerre arrête une visite dans cette maison -, la trompette sonne , ie régiment .s'assemble , et: vous entrez : j'cftais déjà y. mon poste. J'tii fait ce qu'une armée n'aurait pn faire , c'est de-Ià que j'ai tout vu, tout entendu et que j'ai pénétré *es plus secrètes pensées. Vous voyez , citoyen , que inoa zèle et uîes services l'emportent de beaucoup sur mon inexactitude apparente^ et que le Colonel le plus sévère û'aurait absolument rien k me reprocher. LE COLONEL.

Et qu'à produit ce zèle , dont vous me parlez avec tan& (l'emphase X

LE CAPITAINE

Rien de bien intéressant pour la république , j'en conviens ; mais j'ai fait des découvertes qui peuvent assurer votre repos.

LE COLONEL

Et peut on savoir ^.citoyen , qu'elles sont ces découvertes?

LE CAPITAINE

D'abord, je demande grâce pour le vieux camarade , q^ui n'a d'autre tort que d'avoir cédé à mes instances,

LE COLONEL

Accordé.

LE CAPITAINE

Il n'y a que le meilleur des oncles, quL puisse avoir à.& pareils procédés. ( // l'embrasse )

LE COLONEL, Au fait, citoyen , au fait.

Je vais maintenant vous parler raison , pour la premier© foiS de ma vie.

Il est de bonae foi au. moïm»

V ous me trouvez aimable , plein d'esprit , tout le mond© encor.vieni ;. brave, il n'y a pas de mérite ù cela , ttourdi vous avez raison , mais )'ai le cœur excellent et c'e 6 d'une grande ressource. Vous pouvez d'an mot iaire de xuci l'homme le plus sensé et le plus rciiétlii.

LE COLONEL

Si je fdi-s une pareille métamorpliase , je ne doute plu* de rien.

LE CAPITAINE

Je vais vous étonner d'avantage. J'ai pensé , nui j'ai pensé et nie suis dit : qu'est-ce qu'un étourdi ? c'est ua élre dont l'imagination vole d'objet en objet , sans s'arrêter a aucun , qui ne jouît de rien , parce qiie ses désirs ai'orit ]!as de but déterminé, qui embrasse l'ombre et, laisse écLiappé la réalité , qui a le cœur vuide et la téte^ Çxaltée • suivez moî s'il vous plait.

LE COLONEL

Je ne perds pas un mot.

LE CAPITAINE

Et j'ai ajouté : le bonliear est en nous. 11 ne faut pour ïe saisir quereller ses moyens au lieu d'en abuser ; troquer la frivolité contre un grain de raison; ne ]:oint écouter sa tête et consulter son cœur; ne plus dire de jolies choses à toutes les femmes ^ mais s'attaclier sérieusement à uno seule. Ce raisonneuieat m'a paru dicté par le bon senSj, et j'ai résolu de me mari er.

Ste. S C H 0 L A S T I O U E. {à part } H est charmant.

Ste. AGNÈS, {àjyarf} U est adord'ole,

COLONEL

Et le mot ^lis- yous aUcndez , c'est juion consenlemcjjCÎ

LE CAPITAINE

précisément j citoyen.

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