‹ Les dragons et les bénédictines; comédie en un acte et un proseChapitre 21 sur 21 · LE C O L 0 X E L · texte numérisé non relu

LE C O L 0 X E L

Ouand ie voudrai du mal a une femme , je lui conseillerai de vous épouser.

LE CAPITAINE

Mais pensez, -donc que vous faites le procès a l'étourdi ; et que vous le confonde?, avez l'homme raisonnable. Fiyurez-vous votre neveu marié à une femme jeune^ jolie et enjouée; voyez-le dans son petit ménage , toujours tendre et toujours aimé; representex-vous mon cher oncle passant ses quartiers d'hiver avec nous, et une nièce charmante souriant au récit de ses exploits o;uerriers. Je vois d'ici le tableau. Vous êtes assis dans un grand fauteuil, les pieds sur les chenets, ma femme est à vos côtés. Elle a une main dans les vôtres^ et de l'autre elle soutient un petiC marmot qui baJbutie votre nom. Un regard tendre s'échappe de tems k autre, et pénètre mon cœnr du sentiment intime de sa félicité. Vous jouissez de tout cela. \ ous éprouvez des sensations qui vous étaient inconnues. Votre existence est doublée , votre bonheur est parfait ^ et c'est à moi que vous en êtes rede- able.

L'ABBES SE.

Colonel, ce jeune homme est plus sage que vous n^ pensez.

LE COLONEL

Son tableau me séduit. Mais où trouveras tu cède nièce 'c[ue tu as peinte sous des couleurs si favorables ?

LE CAPITAINE. ( -prenant Sainte Claitâ

jiar la main,^ La voilà.

Ste. A G N È S. (c/i sortant), Kous sommes jouées.

Ste. S C O L A S T I 9 U £. [ai sortant.) C'est une aboaiiftaUQat

LE COLONEL

Le portrait n'est pas llatté. Je crois facilement que cette jeune personne te convient; muis il faut qu'elle me convienne un peu aussi.

Ste. CLAIRE.

Ce qui arrive en ce moment est précisément ce que je voulais éviter. Le travestissement de Votre neveu peut vous donner de moi des idées défavorables. Mais pensez qu'il n'est dans cette ville que d'hier, et que le hazard seul a conduit tout cec i.

LE COLONEL(à l'Ahhcsse. ) Citoyenne , qu'est cette aimable enfant 1

Lne orpheline sans fortune.

LE COLONEL

Ce n'est pas cela que je vous demande. Autrefois , en France, comme ailleurs, on épousait un nom ou une dot. Aujourd'hui nous épousons des femmes , et nous nous ea trouvons bien. Son caractère.

Le plus heureux mélange de gaité et de raison,

Hé bien qu'en dites vous?

Ou'il ne sera pas le premier que le mariage aura renJa raisonnable.

LE COLONEL

A la bonne heure; mais le mariage est bien dangereux clans son état. ( à son neieii ) l'u peux être tué : que laisseras tu au petit marmot ?

LE CAPITAINE

Sa mère à consoler et mon exemple k suivre,

leCOLON£L.

Tu le veux ?

IK CAPITAINE Oli î très-décidéinent.

LE COLONEL

Tu lui plais ?

LE CAPITAINE

Je l'éspére.

LE COLONEL

Cela ne suffit pas. Allons , ma belle enfant , laissez para îer votre cœur.

Ste. CLAIRE.

Mon silence ^ monsieur, ne vous ri'pond il pas?

LE COLONEL

C'est une affaire finie. Je donne la moitié de mon bien,

LE CAPITAINE

Ah ! mon oncle !

LE COLONEL. ■ C'est pour le fauteuil et les clienêts, voilà tout ce que je puis au tableau. Le reste te regarde,

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