SCENE II
Ste. SCIIOLASTJOUE, Sie. AGNÈS, ^re. C l' A I R E.
Ste. C L 7i I R E.
Ah ! je suis encliariLt'e do vous VencoriLrer ! je viens d'apprendre des nouvelles délicieuses.
Ste. A G N È S. {ù Scholastiijiie)
Comme elle est dissipée !
Ste. SCHOLASTIOUE.
Elle a encore les airs mondains.
Ste. C L A I R E.
Vous savez mesdames , vous savez , les portes sont
©uvertes.
Ste. SCHOLASTIOUE. '
Et personne ne sortira.
Ste. CLAIRE.
Pardonnez moi , madame ; je pars j'y suis déterminée,
Ste. AGNÈS.
Et vos vœux madame ?
Sle. CLAIRE.
Je les ai faits a seize ans,
Ste. SCHOLASTIOUE.
En sont -ils moins indissolubles?
Ste. CLAIRE.
Tenez , je suis entrée ici sans trop savoir comment \ depuis deux ans je m'y ennuie , et je suis bien aise d'aller respirer le grand aii\
Ste. A G N È S.
JElle est j^leine des maximes du siècle.
Ste SCHOLASTIOUE.
TVous vous pcvdc7., VÇH5 YCU3 f erdcz, madàuie ste, Claire;
Sic. CLAIRE, Cela me reirarde.
, Ste. AGNÈS.
Notre cliarilt'.
Ste. CLAIRE- Va trop loin.
Ste. SCHOLASTIOUE.
Çue dira madame Pabbesse. ?
Ste. CLAIRE.
Tout ce qu'il lui plaira.
Ste. AGNÈS.
Çu'elle insubordination !
Ste. S CHOL ASTIQUE, C'est l'esprit malin qui l'cj^are.
Ste. CLAIRE.
C'est tout ce que vous voudrez ; mais je m'ert vas<.
Ste. AGNÈS.
Que la jeunesse est à plaindre!
Ste. CLAIRE.
Pas tani; , mesdames , pas tant,
Ste. S C H O L A S T I Q U E.
Sa carrière est hérissée d'épines.
Ste. CLAIRE.
Avec un peii de raison on les écarte , et on ne cueille que les Heurs.
Ste. AGNES.
La raison la raison qui quitté un couvent
Ste. CLAIRE.
Où tout la blesse à cliaque instant, où le plus ridicule-' esclavage
Sto. SCHOLAS TIQUE. Oue dites-vous, madame ? depuis quarante ans qao niadame sle, Agnès et moi nous l'iiabitons. , ,.,
(7) Sfe. CLAIRE.
Hé bien, mesdames, restez-y.
SLe. A G N È S.
C'est bien notre intention, madame, nous ne sommes pas légères,
Ste. CLAIRE.
Je le crois.
Ste. S C H O L A S T I O U E.
INÎais voijs, orpLeline , et sans fortune, que ferez,-vou3 dans le monde ?
Ste. CLAIRE. .,
Le bonl'.ear d'iin galan! liomme. •
Sie. S C H 0 L A S T I Q U £, ' Ouelle borrear !
Ste. A G N È S.
()uel scandale !
Ste. CLAIRE.
Vieux conle'^ , .qi?tt ?onL cela.
Ste. 'j ^ O L A S T I O U E.
Vo'.'S le prenez sur un ton bien haut, madame. . ■ • Ste. C L A î R E.
rardoii j uierdames , mais c'est qu'en vérité , ma trlff n'est nias à moi ; c'est que je suis ravie d'être libre; c'est que mon ame s'ouvre à l'espcir d'une existence que je ne connais pas encore, mais que j'embellis des cliarmes que lui prête mon imagination; c'est nue.... c'est que...
Sie. AGNÈS.
C'est que monseii^neur notre évêque vous mettra à la raison.
Ste. CLAIRE.
On'il prenne garde que les français ne l'y mettent lui" même.
Ste. S C H O L A S T 1(1 U E, On vous fera connaître la règle.
(S) Ste. CLAIRE, ïïé ne Connais que la loi.
Ste. A G T^ È S.
Mais voyez donc cotte pelile audacieuse , si on la laissaiè faire, clic pervertirait toutes nos dames.
Ste. S C H 0 L A S T I () U E. Allons Id dén )ncer à madame l'abbesse.
Ste. AGNÈS.
L'esprit de l'ordre nous y oblige.
Ste. CLAIRE ( avec enthousiasme ), Je vous précède, mesdames, le bonnet de la liberté sur la tête, et le décret à la main. {^Elle sort'j.
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