NOUVEAUX EVENEMENTS — ANCIENS PERSONNAGES
En prenant les papiers qui suivent la correspondance contenant les amours de Victor Bonsenne, je m'aperçus qu'outre les lettres qui m'avaient été confiées, il y avait encore un assez grand nombre de papiers qui me parurent tout à fait étrangers à madame Deslaurières.
Je les mis de côté, et je cherchai le numéro qui devait, d'après l'ordre où on avait classé cette correspondance, faire suite à la lettre que je venais de lire.
Je ne pus le trouver d'abord, et, en parcourant les papiers qui me passaient successivement sous les yeux, je ne fus pas peu surpris d'y trouver quelques-uns des noms qui depuis quelque temps occupaient incessamment mon attention.
Ainsi je vis, en parcourant ces manuscrits, le nom de monsieur de Frobental, celui de madame de Prémontré, et une soudaine illumination éclaira pour moi ce nom de Justine, que j'avais trouvé plusieurs fois dans cette correspondance.
Cette Justine dont parlait Morinlaid, cette vieille garde qu'on appelait la marquise, étaient sans doute les mêmes que celles chez qui j'avais été témoin de cette
horrible scène de reconnaissance entre cette mère et cette fille infanticides.
Cette circonstance, qui n'a point e'chappé peut- être à ceux qui lisent ce manuscrit, avait passé sous mes yeux complètement inaperçue. L'intérêt que je prenais à l'histoire de madame Deslaurières m'avait sans doute empêché d'y prendre garde.
Je regardai ces papiers plus attentivement; ils étaient dans un complet désordre, de façon que je ne pus y découvrir rien qui put exactement m'éclairer; seulement je m'assurai que c'étaient là des preuves presque irrécusables de la naissance de cette Justine qui avait disparu, ainsi que je l'ai raconté, de l'appartement qu'elle habitait au-dessus de moi.
Je demeurai un instant partagé entre le désir de m'éclairer au sujet de cette étrange histoire et celui de connaître la fin de la correspondance relative à madame Deslaurières. Mais je ne trouvai plus qu'une lettre fort insignifiante de Morinlaid faisant une déclaration d'amour en forme à madame Deslaurières.
J'allais enfin renoncer à la recherche que je faisais, lorsque, dans une enveloppe que j'avais plusieurs fois rejetée parce qu'elle ne portait aucune suscription, je trouvai une nouvelle collection de lettres sans adresses, mais dont les numéros correspondaient à ceux des lettres que je venais de lire.
Elles étaient toutes de l'écriture de Victor, d'une écriture imperceptible et sur un papier d'une telle finesse
que je jugeai qu'il avait fallu ces précautions pour pouvoir les faire parvenir, grâce au très-petit volume qu'elles devaient occuper.
En outre de cela, elles étaient chiffonnées comme si on les eût comprimées en petites boules.
La finesse de l'écriture et les cassures multipliées de ce papier luisant comme de la soie, ne permettaient de les lire qu'avec beaucoup de difficulté ; cependant j'allais le tenter, lorsque je fus arraché à cette occupation par le bruit de la sonnette de l'appartement de Victor ; je mis rapidement tous ces papiers dans ma poche, et j'allai ouvrir. Je me trouvai en présence de deux hommes à figure sinistre et à redingote suspecte ; je leur demandai ce qu'ils voulaient.
— Le nommé Victor Bonsenne, me répondit l'un d'eux.
— On aurait dû vous dire en bas, lui répondis -je, que monsieur Victor était mort.
— On nous l'a bien dit, reprit l'estafier qui puait son métier d'une lieue; mais ce n'est pas la première fois que ce coquin joue des tours à la police. Celui-là malheureusement est usé, on le connaît; allons, laisseznous passer, l'ami.
Toujours en vertu de cet esprit de rébellion qui me poussait à ne jamais laisser aller les choses droit à leur conclusion naturelle, je m'opposai à l'entrée de ces deux messieurs, et je leur demandai de quel droit ils pré-
tendaient ainsi pénétrer chez monsieur Victor Bonsenne.
L'individu, se reculant, me toisa de la tête aux pieds, comme s'il eût voulu choisir son moment pour me sauter au collet, puis il parut renoncer à cette manière de me répondre ; il se pencha sur la rampe de l'escalier et se mit à siffler.
J'entendis aussitôt monter un bruit de bottes fortes qui ne pouvaient appartenir qu'à des gendarmes, et en effet j'en vis bientôt deux, montrant leurs chapeaux à trois cornes.
— Empoignez-moi ce gaillard-là, leur dit l'estafier en me désignant; ce sera d'abord autant de pris.
— De quel droit? m'écriai-je encore.
— Dis-moi qui tu hantes, je te dirai qui tu es, me répondit l'estafier. Tout ce qu'on peut trouver chez un homme comme Victor Bonsenne doit être de bonne prise. Qui se ressemble s'assemble. Allons, empoignez!
— Entrez donc, dis-je alors, quoique je puisse vous faire observer que vous auriez bien pu me montrer le mandat en vertu duquel vous agissez.
— Le mandat en vertu duquel... répéta l'estafier. Ah! ça sent l'étudiant en droit pur carbonaro... et il file doux... bien... Empoignez monsieur, nous allons fouiller tout à l'heure.
Cette menace me fit une peur horrible; j'étais en ce moment porteur de papiers qui sûrement devaient
compromettre monsieur et madame Deslaurières, et sans doute aussi monsieur Bonsenne ; des papiers où se trouvaient non-seulement des secrets de famille, mais encore les indices d'une action que les lois pourraient poursuivre : c'était l'usage qu'on avait fait de l'acte de naissance de la fille morte de madame Lambert pour l'appliquer à Charistie.
D'une autre part, je ne savais jusqu'à quel point les papiers où j'avais lu le nom de madame de Frobental pouvaient être compromettants, et pour la vingtième fois de ma vie je me repentis de cette manière de me mettre toujours en travers des choses qui ne demandaient qu'à marcher toutes seules.
Ne savais-je pas aussi que le nom de mon père était malheureusement mêlé à l'histoire de Justine, et j'ignorais si on ne trouverait pas dans ces papiers quelque trace de cette odieuse histoire ; tout ce danger se présenta à moi pendant que l'estatier de la police pénétrait dans l'appartement de Victor. Je le suivis entre les deux gendarmes que la curiosité poussa à me laisser entrer.
— Eh bien, lui dis-je en lui montrant le canapé où gisait le cadavre de Victor, êtes-vous assuré maintenant que je ne vous trompais point ?
— Bah ! dit-il, je le connais, il est homme à faire le mort...
Il poussa du bout du pied le corps de Victor et lui dit:
— Allons, réveillons-nous, et soyez gentil.
— Misérable ! mais regardez-le.
Cet homme écarta le manteau qui couvrait le visage de Victor et se pencha sur lui, le regarda avec une longue attention, puis après il se tourna vers un de ses acolytes et lui dit :
— Voilà une drôle de figure pour un homme qui est mort d'une balle dans le ventre.
— Dame ! fit l'acolyte, quand on est mort on ne peut pas avoir une figure bien réjouie.
— Imbécile, répondit le chef en lui montrant du bout de la grosse canne qu'il portait les traces livides qu'avaient laissées sur le visage du malheureux Victor les tortures de la mort, j'ai vu assez de cadavres tués de coups de feu quand j'étais brigadier de la prévoté de l'armée d'Espagne, pour te dire que cet homme est mort d'autre chose...
Il se tourna de mon côté et reprit :
— Voilà un individu qui pourra peut-être nous en donner des nouvelles.
— Je vous prie, lui dis-je, de parler avec plus de circonspection d'un homme que vous ne connaissez pas.
— Qu'est-ce que c'est? fit-il, ça raisonne!
— Allons, allons, dit l'un des gendarmes, un peu plus de douceur, vous savez bien que ce n'est pas la
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première fois que vous seriez admonesté pour la façon dont vous menez vos expéditions.
Nous allons conduire monsieur chez le commissaire de police, et il décidera...
L'agent principal se promena un moment dans la chambre et se mit à jurer d'une façon horrible.
— Morbleu! disait-il, l'avoir manqué de quarantehuit heures... Il ne se battait pas, il ne se faisait pas tuer... et, pour prévenir le procès, son père aurait payé les billets faux et...
— Et vous en auriez eu votre part, lui dis-je. Cette accusation, qui semblait devoir irriter cet
homme, le fit reculer.
— Ah çà! qui êtes-vous donc, vous?
— Si vous me conduisez chez le commissaire de police, dis-je, vous le saurez...
Il hésita encore et reprit :
— Eh bien , il y a du louche dans tout ceci, allons, marchons.
Pendant que je sortais, le gendarme me dit :
— Si monsieur ne veut pas marcher ainsi au milieu de la rue, il peut envoyer chercher une voiture.
— Eh bien, moi, je ne veux pas, dit l'estafier qui avait entendu le gendarme; il marchera comme ça.
Quoiqu'il fût de très-grand matin, la rue commençait à se peupler, et je ne me souciais pas de parader ainsi jusqu'à la rue de Buflault entre deux gendarmes, d'au-
tant plus qu'il me fallait passer précisément à l'angle de la rue de Provence, en vue de l'épicier, du commissionnaire Guillotin qui y stationnait sans doute déjà. Je m'arrêtai résolument, et j'annonçai à cet homme que je le poursuivrais pour arrestation illégale.
— Ah ! me dit-il, vous êtes de la Charte, vous êtes de ces blancs-becs qui parlent des droits des citoyens ! En ce cas, et rien que pour ça, marchons.
Ceci se passait au bas de l'escalier de Victor.
Je n'avais plus aucun espoir, lorsque tout à coup j'entends une voix, que je crus reconnaître, demander monsieur Loulou.
— Vous pouvez l'appeler de son vrai nom, lui répondit le concierge, il est mort.
— Mort !... s'écria la même voix, c'est impossible... Je veux monter... je veux savoir...
Le nouveau venu s'élança de notre côté et je reconnus monsieur de Sainte-Mars.
Il parut stupéfait de me voir; moi-même je devais croire monsieur de Sainte-Mars absent de Paris. On se souvient que j'étais avec lui dans des termes tels, que c'était le dernier homme à qui je pusse demander un service ; cependant je crus devoir profiter de l'occasion pour me servir de lui sans paraître réclamer son assistance.
— Pardieu! monsieur, lui dis-je, je suis ravi de vous rencontrer; vous pourrez dire à ces messieurs qui je suis, et alors nous pourrons causer.
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Monsieur de Sainte-Mars hésita un moment ; mais avant que je pusse soupçonner qu'il eût pu prendre une résolution si décidée, il répondit :
— Je crois, monsieur, que vous vous trompez... je ne vous connais pas.
Il me tourna le dos et se mit en devoir de se retirer.
J'étais furieux.
— Comment ! lui dis-je, vous osez...
Une idée, de celle que la colère inspire, me passa subitement par l'esprit.
— Pardieu ! m'écriai-je, puisque vous êtes en train d'arrêter les amis de monsieur Victor Bonsenne, vous pourriez bien arrêter celui-là; il le connaît, et, qui mieux est, il sait le nom sous lequel il se cachait, nom que moi, du moins, j'ignorais.
— Messieurs, dit monsieur de Sainte-Mars en s'adressant à l'estafier qui me conduisait, je suis le comte de Sainte-Mars...
Le drôle ôta son chapeau et reprit :
— Le propriétaire des billets faux fabriqués par ledit Victor?...
Le comte se pinça les lèvres et répondit par un signe de tête.
— Et, ajouta tout bas l'agent, celui qui avait promis mille écus à qui le pourrait arrêter ?
— C'est moi...
— Eh bien, monsieur le comte, nous avons manqué l'affaire.
— C'est un malheur, dit le comte.
Puis il se mit à me regarder avec une attention extrême. Je vis à l'expression de son visage qu'il combinait des suppositions à mon sujet.
— Et vous avez arrêté monsieur chez monsieur Bon senne ?
— C'est lui qui nous a ouvert la porte...
Pendant ce temps, le concierge, les ouvriers du carrossier établi au rez-de-chaussée de la maison, s'étaient assemblés. Ils étaient tous bien en arrière de monsieur de Sainte-Mars dans le vestibule qui précédait l'escalier, de façon que le comte ne pouvait les apercevoir ; il s'approcha de l'agent qui était près de lui, et lui dit à voix basse en me désignant :
— L'avez-vous fouillé?
— Tiens, au fait, je l'avais ordonné, fit l'agent ; voyons, qu'a-t-on trouvé sur lui?
— On ne m'a point fouillé, dis-je, et on ne me fouillera pas. Je me tiens pour bien arrêté, et je demande à être conduit devant le commissaire de police.
— Il est peut-être porteur d'armes cachées, fit monsieur de Sainte-Mars, et il serait prudent.
— Allons, allons, videz vos poches, me dit l'agent.
— Mes amis,m'écriai-je en m'adressant aux ouvriers, vous voyez qu'on veut me maltraiter.
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— C'est un voleur, dit résolument l'agent.
— Un moment, reprit le gendarme, monsieur demande à être conduit chez le commissaire de police, on va l'y conduire sain et sauf.
— Qu'est-ce que c'est? fit l'agent. Je rendrai compte...
— Moi aussi, je rendrai compte, fit le gendarme. Vous dites qu'il y a du louche de ce côté, moi j'en trouve de celui-ci... et j'arrêterais cet autre, si j'en avais le pouvoir.
— Je vous ai dit que j'étais le comte de Sainte-Mars.
— Précisément pour ça, jeune homme...
J'ai servi sous votre père, et quoi qu'il y ait loin d'un brigadier à un général, comme je pansais ses chevaux, attendu que je sais ce que c'est que de manier une bête de prix, je n'ai pas été pendant quatre campagnes avec lui sans savoir qu'il vous regardait, tout jeune que vous étiez, comme un gaillard à qui le mensonge ne coûtait rien.
— Drôle! fit monsieur de Sainte-Mars.
— Assez, dit le gendarme durement... Je suis l'ami du père Guillotin, j'en sais assez pour vous faire taire... Allons, à notre tour, marchons...
Venez, jeune homme, me dit-il, ne craignez rien ; allons chez le commissaire.
Quoi qu'il en eût, l'agent de police fut obligé de céder ; il y avait trop de témoins de cette scène pour qu'il osât tenter l'emploi de la violence.
Nous sortîmes de la maison.
Je remarquai seulement que monsieur de Sainte- Mars s'approcha de l'estafier pendant que nous marchions devant. Presque aussitôt il partit et nous devança avec rapidité pendant que l'agent criait aux gendarmes :
— 11 n'y a pas besoin d'aller si vite; nous n'avons pas l'ennemi sur nos talons.
— Vous voulez dire en face, dit le gendarme.
— Pourquoi ça ?
— Parce que nous autres, des carabiniers, nous n'allions vite que quand il était devant; quand il était derrière, nous nous retournions.
L'agent fit semblant de hausser les épaules avec dédain, mais il n'alla pas plus vite ; évidemment il voulait donner à monsieur de Sainte-Mars le temps de prendre les devants et de combiner quelque démarche qui devait m'être fatale.
Nous approchâmes ainsi de la rue de Provence, moi, honteux et colère à la fois.
— Tenez, me dit tout bas le gendarme, voilà le père Guillotin ; envoyez-le vous chercher quelqu'un qui vous réclame.
Je fis un signe au vieux commissaire, qui accourut près de moi; mais le terrible estafier (j'appris à ce moment qu'il s'appelait Bonaventure), le terrible Bonaventure donc fit rouler son énorme canne entre mon quadrille de gendarmes et le père Guillotin, en lui ordonnant de se tenir au large.
Celui-ci se retira sur-le-ehamp ; mais Bonaventure ne put l'empêcher de me crier :
— N'ayez pas peur, monsieur Meylan, je vais vous envoyer quelqu'un.
Lorsque j'avais obéi à l'insinuation du gendarme bienveillant qui m'avait pris sous sa protection, je n'avais songé qu'au fait de me faire réclamer; mais il est probable que si monsieur Bonaventure m'eût permis de donner à ce sujet des ordres à Guillotin, j'eusse été très-embarrassé de le faire.
En effet, il est très-probable qu'en nommant la personne que je choisissais, j'eusse réfléchi à la position où elle serait; par conséquent, il est à présumer que si le nom de monsieur Bonsenne me fût dès l'abord venu à la bouche comme étant mon protecteur naturel, je l'eusse cependant écarté tout aussitôt.
Quoi qu'il en soit de ce qui serait arrivé dans ce cas, la brutale défense de ce Bonaventure me mit dans un nouvel accès de colère contre l'acte arbitraire dont j'étais la victime, et qui me fit résoudre de ne demander ma liberté qu'à mon propre droit.
J'arrivai chez le commissaire de police, où j'appris qu'il était fort occupé et enfermé dans son cabinet avec un monsieur qui venait d'arriver. Il nous fallut donc attendre pendant un assez long temps, quoique je fusse convaincu que monsieur de Sainte-Mars organisait quelque trahison contre moi.
Je le crus d'autant plus, qu'on y introduisit monsieur Bonaventure, et il se passa encore un e'norme quart d'heure pendant lequel il dut arranger à sa façon l'histoire de mon arrestation ; puis enfin on m'appela.
Je priai les gendarmes de me suivre ; mais lorsqu'ils arrivèrent sur la porte, le commissaire leur dit :
— Retournez à votre poste : on n'a pas besoin de vous.
Je me trouvai donc seul avec le magistrat et monsieur Bonaventure.
Je reconnus immédiatement le commissaire de police: c'était celui qui était venu chez Justine, lors du crime de monsieur de Frobental. Il parut ne pas me reconnaître, quoi qu'il m'examinât avec une profonde attention.
Je n'oublierai jamais cette figure, qu'on ne trouverait plus guère maintenant que dans les plus bas emplois de la police. C'était un homme de quarante-cinq ans, à la face aplatie, la tête en pain de sucre et les oreilles détachées en forme d'éventail à moitié ouvert. 11 manquait absolument de cheveux, mais en revanche il avait une énorme paire de favoris d'un rouge grisonnant. Je n'ai jamais pu trouver de bête assez laide pour établir une comparaison et un animal qui pût en donner l'idée.
Comme, malgré les quelques lignes qu'on vient de lire plus haut, je ne veux point qu'on pense que je me
suis plu à charger le portrait de ce magistrat en haine de la police, on verra plus tard comment ce monsieur se trouvait dans une position où d'ordinaire il y a des hommes parfaitement convenables.