‹ Les drames inconnus (volume 2)Chapitre 3 sur 20 · CHEZ LE COMMISSAIRE · texte numérisé non relu

CHEZ LE COMMISSAIRE

L'aspect du commissaire de police, je l'avoue, me fit une impression fâcheuse ; il me fit peur, mais non point cette peur qu'on peut éprouver, ce me semble, à l'aspect d'un animal redoutable, mais contre lequel on a toute sa force ; mais cette peur mêlée de dégoût qui vous a fait redouter la défense encore plus que l'attaque.

— Votre nom? me dit-il.

— Michel Meylan.

— Votre profession?

— Étudiant en droit.

— Ah ! fit-il en souriant, un tapageur, un mauvais sujet.

Je ne répondis pas.

J'avais un pressentiment que cet homme voulait me pousser à engager une discussion avec lui.

— Votre domicile?

— Rue de Provence, n° 3.

Il se tut et regarda Bonaventure comme pour lui dire que ce n'était pas là ce qu'on lui avait promis.

— Allez... allez... lui dit l'agent.

— Que faisiez-vous chez Victor Bonsenne?

— Je le veillais.

— Vous êtes donc son complice ?

— Pour l'avoir veillé ?

— On ne veille pas le cadavre d'un mort sans avoir été son ami intime, et quand on a été son ami intime et que le mort a été un voleur, une canaille, on est comme lui un... voleur... une...

Le commissaire s'arrêta pour laisser agir l'insulte, mais cette fois encore il manqua son but et je lui dis fort paisiblement :

— C'est votre opinion?

— Oui, me dit-il.

— Vous pouvez avoir raison, mais il ne s'agit pas de votre opinion, il s'agit de faits... Pourquoi suis-je arrêté ?

— Ne le savez-vous pas ?

— Je ne le sais pas.

— Vous avez voulu empêcher monsieur d'entrer.

— J'ai demandé à monsieur d'exhiber le mandat en vertu duquel il agissait.

— Il ne vous l'a pas montré, il a bien fait.

— Et il m'a arrêté.

— Et il a bien fait.

— Pourquoi ?

Le commissaire de police se gratta le front et me répondit :

— Il a bien fait, voilà tout.

— Mais, monsieur Bonnissens, fit le Bonaventure, écoulez-moi donc.

Puis il se rapprocha du bureau et se mit à parler vite et bas.

Je n'essayai point d'entendre ce que disait l'agent. J'étais trop préoccupé du nom qu'il venait de prononcer.

Il me frappa comme ayant été déjà articulé devant moi dans un de ces nombreux récits dont j'étais si fantastiquement devenu le centre; mais j'avais toutes les peines du monde à démêler celui auquel il se rattachait immédiatement, lorsque ledit monsieur Bonnissens interrompit tout à coup mes réflexions en me disant :

— D'après les renseignements que nous venons d'ouïr, il paraîtrait que Victor Bonsenne a succombé, non pas à sa blessure, mais à...

Il s'arrêta, et reprit :

— Il faut donc que nous nous assurions de votre personne, et je vais d'abord vous faire fouiller.

Je compris que c'était là le but où l'on voulait tendre et je pensai aussitôt non-seulement aux papiers de madame Deslaurières, mais à ceux de Justine.

Ce nom de Justine me reporta sur-le-champ à l'histoire de cette infortunée, et ce feu électrique de la mémoire, qui une fois qu'il a un fil conducteur court de l'objet le plus proche à l'objet le plus éloigné avec la rapidité de la foudre, cette étincelle, dis-je,alla frapper juste à l'endroit où donnait le nom de monsieur Bonnissens : c'était celui du médecin qui se trouvait dans la cabane de Moline la nuit où madame de Frobental y mit au monde cette malheureuse enfant.

— Je ne suis pour rien dans la mort de monsieur Bonsenne, dis-je à monsieur Bonnissens; vous ne le croyez pas, mais...

— Hein? me dit-il.

— Je sais parfaitement où vous voulez en venir, et par quelle investigation...

— Monsieur, prenez garde à ce que vous dites !

— Monsieur, prenez garde à ce que vous faites ! Je vous connais, monsieur Bonnissens.

— Plaît-il?

— Nous nous sommes déjà vus.

Il me regarda encore, étonné de tant d'audace.

— Et, lui dis-je, il n'y a pas bien longtemps.

— Comment ça?...

— Mais vous n'avez pas entendu que je vous disais que je demeurais rue de Provence, n° 3 ?

— Je le sais.

— Vous n'avez donc pas souvenance que c'est moi

OLIVIER DUHAMEL *2o

qui ai empêché une certaine demoiselle Justine d'être jetée par la fenêtre?

— Si fait... si fait...

— En ce cas, je suis charmé que vous m'arrêtiez, car il faudra bien que je comparaisse devant un autre juge que vous, et alors je lui demanderai ce qu'a pu devenir le procès- verbal de tentative de meurtre commise dans ma maison.

— Bah ! il y a longtemps que je suis déchargé de cette affaire.

Ceci m'arrêta à mon tour ; mais je voulais à tout prix n'être pas fouillé, et, sans calculer la portée de mes paroles, je lui dis :

— Cependant il me semble que vous auriez dû vous intéresser à une femme qui est votre compatriote.

— A moi?

— Née à quelques lieues de Mazamet...

Il me regarda.

— Vous me connaissez ?

— Oui, je connais le docteur Bonnissens.

— Mon père ! sécria-t-il en me regardant plus attentivement.

— C'était votre père? lui dis-je... Alors vous connaissez madame de Prémontré...

Le commissaire s'enfonça sur sa chaise, et sa figure prit une expression cruelle.

— Ah ! dit-il, madame de Prémontré... Mais qui êtesvous donc, vous?

— Quelqu'un qui sait beaucoup de secrets... qu'on voudrait mettre dans l'ombre.

Le commissaire et Bonaventure se regardèrent. Je croyais les avoir frappés tous deux de terreur, lorsque le commissaire me dit d'un air presque câlin :

— Voyons, jeune homme, suivez-moi, nous avons à causer de choses trop particulières pour rester dans un bureau d'où l'on peut nous entendre du dehors.

— Je vous suis, lui dis-je, monsieur.

Le commissaire ouvrit une porte, et j'allais entrer dans une pièce plus reculée de son appartement, lorsque la porte par laquelle j'étais entré s'ouvrit et je vis paraître monsieur Bonsenne.

— Qu'est-ce à dire? s'écria le commissaire.

— 11 y a, dit monsieur Bonsenne, que je viens ici réclamer ce jeune homme.

— Qui êtes-vous ? fit Bonaventure pendant que le commissaire, tournant autour de monsieur Bonsenne et de moi, allait fermer la porte derrière lui.

— Je n'ai pas à vous répondre, dit monsieur Bonsenne à l'agent de police. Monsieur me connaît.

— Oui, je vous connais, monsieur Bonsenne, tit le commissaire; vous êtes un des plus anciens habitants du quartier.

— Et je suis le répondant de ce jeune homme.

— Et savez-vous où on l'a arrêté ? fit Bonaventure.

— Silence! fit le commissaire en revenant à sa place. Il s'assit, rangea devant lui son cahier, ses plumes,

son écritoire, comme pour se donner le temps de mettre en ordre les idées que l'apparition de monsieur Bonsenne avait t'ait naître en lui.

— Eh bien, monsieur, lui dit monsieur Bonsenne, avez-vous fini? je n'ai pas de temps à perdre, et comme je suppose que ce jeune homme n'est arrêté que pour quelque folie très-pardonnable, je me porte caution qu'il reparaîtra si cela est nécessaire.

Le commissaire de police ouvrit un tiroir et en tira des papiers qu'il se mit à feuilleter ; puis il reprit avec un air de satisfaction :

— Affaire de faux... c'est ça.

A ce mot, monsieur Bonsenne pâlit, et moi-même je fus pris d'un effroi indicible... Je sentis tout à coup l'affreuse position de monsieur Bonsenne.

On doit se rappeler qu'il m'avait chargé de retrouver son fils et que je lui avais fait dire que j'étais enfin sur ses traces. Il devait donc s'attendre à ce que je lui donnerais de ses nouvelles, et peut-être son empressement à me délivrer venait-il, indépendamment de son amitié, de ce qu'il supposait que j'avais pu me trouver à quelque querelle où Victor m'aurait entraîné.

A vrai dire, je ne vis point sur-le-champ, comme cela m'apparaît maintenant, jusqu'où pouvait aller la scène

d'explications qui allait commencer. Mais je prévis quelle ne pouvait être qu'horrible pour monsieur Bonsenne, et, emporté par cette idée, je lui dis très-vivement :

— Tenez, monsieur Bonsenne, retirez-vous, laissezmoi seul. Je vous remercie de votre empressement ; mais un moment d'explication suffira, et j'irai bientôt vous apprendre...

Monsieur Bonsenne me regardait d'un air effaré, comme s'il eût voulu deviner ce que je ne lui disais pas dans ce que je lui disais.

Malgré moi, je sentis ma parole s'arrêter devant ce regard ardent, et je balbutiai quelques mots inintelligibles.

— M'apprendre... me dit monsieur Bonsenne, mais quoi donc ?

— Plus tard, et pas ici, lui dis-je.

— Il s'agit de Victor ! s'écria monsieur Bonsenne en me dévorant du regard.

— Eh bien oui ! lui dis-je.

— 11 est... il est arrêté ? me dit-il avec un accent si désespéré que je me sentis le cœur déchiré.

— Non, lui dis-je tristement.

— Mais, qu'est-ce donc ? fit-il en regardant le commissaire et Bonaventure.

— Eh bien , il est mort, lui dit celui-ci brutalement.

— Mort! répéta monsieur Bonsenne... Lui... Victor!...

à vingt-huit ans... mort! Mais comment?... Mort!...

Il s'appuya sur le mur et me tendit la main...

Jamais je n'ai vu un plus complet changement s'opérer en un instant sur le visage d'un homme. Ce visage agité, mais ferme , ce regard vivant, cette énergie sérieuse, tout cela se fondit dans une expression de douleur presque enfantine, et il se mit à sangloter avec des gémissements convulsifs.

— Du courage ! lui dis-je en lui serrant les mains... Il est mort, et vous savez que peut-être vaut-il mieux qu'il en soit ainsi.

Cet homme , dont je venais d'apprendre quelques heures avant les sévérités implacables, ne me parut point digne, si je puis m'exprimer ainsi, d'éprouver la douleur pleine de faiblesse qui l'accablait.

C'était la douleur d'un homme qui eût sacrifié toute sa vie à celle de son fils, que je voyais devant moi; mais l'homme qui n'avait pu avoir un moment des remords de sa conduite passée, ni faire plier son caractère de fer, même pour le salut de son fils, ne devait pas être affecté de cette manière ; s'il entrait dans son chagrin des remords de sa conduite passée, ce chagrin devait être plus sombre et plus ardent.

Il ne répondit point à ce que je venais de lui dire, et je continuai :

— Il faut tout vous dire, et quoique ce soit encore là un malheur, il vous rendra peut-être cet horrible événement moins douloureux.

Il me regarda en sanglotant toujours.

— Voilà monsieur qui venait pour l'arrêter; vous savez pourquoi...

Il continua à me regarder, et je pus, pour ainsi dire, voir enfin ses regards à travers ses larmes.

— Il est mort, n'est-ce pas ? mort. !... Et il se remit à sangloter.

Ce que je voyais de monsieur Bonsenne était si étrange pour moi, que je me pris à regarder le commissaire et monsieur Bonaventure. Le commissaire, le nez en l'air, tenait suspendue entre ses doigts une feuille du dossier qu'il allait consulter, et il avait l'air aussi étonné que moi. Quant à Bonaventure, il ricanait dans ses favoris et murmurait :

— Qu'est-ce qu'il a donc le père ?...

A ce moment quelque chose de plus extraordinaire encore se passa : monsieur Bonsenne s'était appuyé le dos à la muraille... il sembla que ses jambes ne pussent plus le soutenir, il se laissa glisser et s'accroupit lentement sur ses talons, et, prenant la position d'un enfant boudeur, il continua à sangloter en marmottant :

— Il est mort... Victor est mort !...

Je commençai à comprendre que la raison de monsieur Bonsenne venait d'être frappée d'une atteinte terrible , et de l'étonnement peu sympathique que me causait cette douleur si étrangement exprimée je passai à une terreur véritable.

— Mon ami, m'écriai-je, revenez à vous ! c'est moi qui vous parle... C'est moi, Michel...

Des sanglots et des larmes qui tenait de l'idiot me répondirent encore.

Monsieur Bonsenne ouvrit de grands yeux... regarda tout autour de lui et se mit à dire :

— Il est mort, n'est-ce pas?... il est mort... Ah ! bien, il est mort !

Le commissaire sonna, un homme parut.

— Reconduisez cet homme chez lui , dit monsieur Bonnissens en montrant monsieur Bonsenne.

— Permettez, lui dis-je ; il faut que je prévienne sa femme, sa fille...

— Vous oubliez que vous êtes arrêté, me dit-il...

— Comment! m'écriai-je, vous oseriez...

— Allons, fit le commissaire en se levant, enlevez cet homme ; et vous, gendarmes, prenez garde à celui-ci.

A ce moment, furieux et prêt à me porter à quelque violence, j'aperçus de l'autre côté de la porte restée ouverte Guillotin, que j'appelai et qui entra, malgré ies cris de monsieur Bonnissens.

— Reconduisez monsieur chez lui...

— Mais qu'y a-t-il? me dit-il.

— Assez ! fit le commissaire ; emportez cet homme et sortez tous...

— Un moment! fit Guillotin; et ce jeune homme?...

Le commissaire se leva et s'écria d'un accent furieux :

— Ah çà ! est-ce que tout le monde va venir faire la loi ici?...

— Mais je connais monsieur Meylan, fit 'Guillotin, que le bon gendarme poussait par derrière.

— Monsieur, monsieur Meylan est accusé d'avoir empoisonné Victor Bonsenne.

— Moi?... m'écriai-je.

— Vous...

Je n'avais pas eu le temps de prononcer une parole, tant j'avais été atterré sous cette horrible inculpation, que je vis s'avancer au milieu de la chambre un nouveau personnage, et je ne sais si je l'eusse reconnu tant il était changé depuis le jour où je l'avais quitté. Cependant je courus à lui en m'écriant :

— Duhamel!... Duhamel!...

— Monsieur le commissaire, fit Duhamel du ton le plus hautain, monsieur Victor Bonsenne est mort des suites d'un duel avec moi...

— Et qui ôtes-vous? fit le commissaire sans lever les yeux.

Olivier tendit une lettre au commissaire.

— Voici mon nom et mon adresse, lui dit-il, voyez. Le commissaire, après avoir lu l'adresse, tressaillit,

regarda plus attentivement le nouveau venu.

— Vous, monsieur!... dit-il d'un ton craintif.

— Il suffit, lui dit Duhamel en l'interrompant. Vous pouvez du reste lire le contenu de cette lettre, elle est de monsieur Victor Bonsenne.

Le commissaire décacheta la lettre avec un profond respect et s'inclina encore.

— Vous allez immédiatement remettre ce jeune homme en liberté, dit-il en me montrant.

— Mais je ne sais si je dois...

— Je le veux, fit Duhamel.

La porte de la chambre où l'on avait voulu me conduire s'ouvrit, et je vis paraître monsieur de Sainte- Mars, qui probablement était là depuis le commencement de mon entrevue avec le commissaire.

— Ce jeune homme ne doit point être relâché.

— Il est accusé d'empoisonnement, dit Bonaventure. Duhamel le regarda.

— Prenez le nom de l'homme qui dit cela, fit-il au commissaire.

Le commissaire répondit :

— Je le sais.

Monsieur de Sainte-Mars parut à son tour interdit de la condescendance du commissaire de police, et, après un moment de réflexion, il reprit :

— Je ne sais si cette accusation a le moindre fondement; mais ce que j'affirme, moi, comte de Sainte- Mars, c'est que monsieur Meylan s'est emparé chez

monsieur Bonsenne de papiers à lui confiés et qui intéressent l'honneur d'une famille, et ce sont ces papiers que je réclame.

— D'où savez-vous que je les ai?

— Qu'est-ce que ces papiers ? me dit Olivier.

— D'abord, lui dis-je (répondant à celui qui avait été mon camarade comme à un homme d'une autorité supérieure, soumis que j'étais sans m'en apercevoir à la dignité impérieuse avec laquelle il s'exprimait et au respect servile que lui montrait le magistrat), d'abord, lui dis-je, il y a que la plus grande partie de" ces papiers ne concernent nullement monsieur et ne touchent qu'à des secrets de la famille de monsieur Bonsenne. Quant à l'autre partie de ces papiers, ils doivent appartenir à une malheureuse fille que monsieur le comte de Sainte- Mars poursuit depuis longtemps pour les lui arracher...

— Quoi! s'écria Olivier, c'est là le comte de Sainte- Mars?...

— Moi-même, dit celui-ci avec insolence.

Olivier s'approcha de lui, et, lui montrant le commissaire d'un geste impérieux, il lui dit :

— Demandez mon nom à monsieur...

— Vous vous moquez de moi ! lui dit monsieur de Sainte-Mars.

— Je vous dis de demander mon nom à monsieur... «*- Allons donc ! vous me prenez pour un poltron de

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comédie ! fit de Sainte-Mars, et pensez- vous me faire peur avec vos airs de mélodrame?... Mêlez-vous de vos affaires...

— Ma plus grande affaire en ce moment, c'est de vous avoir rencontré, et le seul parti que vous ayez à prendre, vous le comprendrez quand vous saurez mon nom.

— Mais dites-le donc !...

— J'ai juré de ne plus le prononcer, fit Olivier.

— Voyons, quel est ce monsieur ? fit monsieur de Sainte-Mars.

Le commissaire lui tendit la lettre; monsieur de Sainte-Mars lut l'adresse.

Un tremblement convuîsif s'empara de lui, la lettre lui échappa des mains et tomba sur le bureau où Duhamel la ramassa.

— Je serai à vos ordres partout où il vous plaira de me rencontrer, dit monsieur de Sainte-Mars.

Olivier sourit tristement et repartit :

— Non monsieur; il y a des gens dont on ne se venge pas.

— Monsieur...

— On les livre aux tribunaux, ajouta-t-il tout bas? s'ils veulent être insolents ; mais il y a aussi des noms qu'on respecte et qu'il ne me convient pas de salir...

Monsieur de Sainte-Mars s'inclina avec un sourire amer, et, me regardant :

— Mais il me semble, ajouta-t-il en me désignant, que monsieur m'a écrit pour me demander compte d'une mission dont il m'avait chargé.

Monsieur de Sainte-Mars ne m'adressait sans doute cette provocation que pour se relever, aux yeux des auditeurs de cette scène, de la piètre figure qu'il y faisait depuis l'arrivée de Duhamel.

— Pardieu! lui dis-je, monsieur, il paraît que ma présence était nécessaire pour vous le rappeler, et que si nous ne nous étions jamais rencontrés face à face, je n'aurais pas obtenu l'explication que je vous avais demandée.

— Et peut-être, quand vous saurez ce que c'est que monsieur, ne voudrez-vous pas la lui demander, fit Duhamel.

— Monsieur!...

— Du reste, ce n'est pas ici qu'une pareille explication peut avoir lieu, et nous ferons bien de laisser monsieur à des occupations plus sérieuses, fit Olivier en montrant le commissaire.

Nous quittâmes donc le cabinet de monsieur Bonnissens, et je trouvai en bas monsieur Bonsenne, que Guillotin avait fait monter dans un fiacre.

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