‹ Les drames inconnusChapitre 28 sur 49 · PREMIÈRE ÉPREUVE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE ÉPREUVE

Je montai dans la voiture que la duchesse avait évidemment envoyée à mon intention. Cette voiture était sans armes et le cocher sans livrée. Après quelques minutes

de ses dernières paroles, sonna; le vieux valet de chambr^ dont j'ai parlé parut aussitôt, et madame de Frobental ni'ayant salué fort cérémouieuseinent, lui dit d'une voix très-calme :

— Reconduisez monsieur.

La duchesse se retira, et je suivis mon conducteur, qui me fit passer par le chemin que j'avais pris pour entrer.

La voiture qui m'avait amené était à la petite porte par laquelle j'étais entré; le valet de chambre m'en ouvrit la portière en me disant :

— Où monsieur désire-t-il qu'on le condiiise?

— C'est inutile, lui dis-je en m'éloignant brusquement.

Pendant que je traversais la cour, je remarquai une riche voiture armoriée arrêtée devant le grand perron. Au manteau de pair et aux insignes militaires dont elle était ornée, je reconnus la voiture du ministre, et je m'éloignai rapidement, la honte et la colère dans le cœur, en pensant au motif de la visite d'un des premiers fonctionnaires de l'État.

— Sans doute, me disais-je, on traite en ce moment de l'avancement de ce bon monsieur Deslaurières et des mo>,ens de persécuter celte charmante madame Sainte- Mars !

Sous l'empire de cette idée, je pris j-apidement le chemin de ma maison, sans savoir ce que j'y allais faire, mais comme si ma présence devait prévenir le danger qui menaçait Fanny.

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