‹ Les drames inconnusChapitre 35 sur 49 · SUITE DU RÉCIT DE JUSTINE · texte numérisé non relu

SUITE DU RÉCIT DE JUSTINE

— Eh bien , nous en étions là lorsque voilà tout à coup mon père qui se lève et qui se met à raconter l'histoire de sa jeunesse. Il raconta d'abord comme quoi il avait été l'aimé de la marquise de Prémontré, et puis comment un premier malheur était arrivé !...

Oui, oui, ils pouvaient appeler ça un malheur! monsieur de Prémontré était employé à l'étranger; il y avait plus d'un an qu'il avait quitté la France, qu'il avait laissé sa femme seule dans son château, et voilà que la marquise allait devenir mère.

C'était alors une grande dame, et c'était pom* elle un bien grand déshonneur. Elle avait pour servante un serpent, une vipère, la Marine, la fille des vieux, la sœur de Jean. Cette servante dit tout bas à la marquise qu'il n'y avait qu'une chosa de difficile dans sa position, c'était de cacher la naissance de l'enfant. Quant à s'en débarrasser lorsqu'il serait né, elle lui dit tout bas qu'il y avait des gens qui pour de l'argent se chargeraient volontiers de mettre l'enfant de côté ! Quels étaient ces gens-là ? c'étaient le père et la mère Moline.

Vous comprenez, continua Justine dont la voix tremblait, de quel air mon père devait dire tout ça... Vous comprenez aussi qu'ils étaient tous là présents, la marquise. Marine et les deux assassins, grinçant les dents, pâles, enragés, pendant que mon père leur racontait leurs infamies, mais tremblants et accroupis dans leur peur, car mon père tenait un pistolet de chaque main...

Ils auraient bien voulu crier que ce n'était pas vrai

mais outre la peur qu'ils avaient de mon père, ils avaient tous peur les uns des autres ; car si l'un d'eux eût osé dire : « Ce n'est pas vrai, » un autre eût pu lui répondre aussitôt : « C'est vrai. » Aussi c'était pitié de les voir, surtout Marine et la marquise, la tête basse et comme mortes, tandis que mon père leur disait :

— Oui, ce fut le 12 mai que naquit cet enfant dans le pavillon du parc... Le soir, monsieur Bonnissens le remit lui-même à vous, ma mère, qui deviez l'emporter en nomrice, et, le 17, vous l'apportiez ici ! Mon père, qui avait voulu être de moitié dans les cinquante louis qu'on vous avait promis et qui voulait les gagner comme vous aviez promis de les gagner, vous accompagnait... La nuit du 17 au 1 8 vint, alors vous descendîtes dans cette cave, et vous y avez enterré tout vivant... l'enfant...

Ma mère et moi nous poussâmes un cri d'horreur.

— Tout vivant! répéta mon père, vous entendez bien? Ils me l'ont dit, ils s'en sont vantés, ils y ont enterré tout vivant l'enfant qui leur avait été donné à tuer !

— Oh ! jamais, s'écria alors la marquise, je n'ai jamais donné un pareil ordre...

A cette dénégation, la mère Moline se tourna vers sa fille et lui dit :

— Cet ordre, c'est toi qui me l'as apporté. Marine. Tout aussitôt, la sœur de mon père se tom-na vers madame de Prémontré en lui disant :

— Et vous savez, vous, madame, de qui je l'ai reçu. La marquise retomba sur son banc.

C'était une chose hideuse à voir que tous ces gens se jetant leur crime à la face, et rien ne put exprimer la joie cruelle que mon père éprouvait à les voir ainsi se débattre sous ces terribles accusations.

Ce fut alors que mon père leur reprocha la vie qu'ils lui avaient faite.

— Je VOUS ai sauvé à tous, dit-il, le bagne et l'échafaud que vous avez mérités; puis il s'est trouvé, ajouta-t-ii en s'adressant aux deux vieillards, il s'est trouvé une femme qui, malgré l'horreur que vous inspiriez à tout le monde, a eu assez d'amour pour moi pour ne pas craindre d'entrer dans votre maison : je lui promis de la protéger contre vos fureurs^ et depuis dix-neuf ans qu'elle est devenue votre fille, si je ne l'ai pas toujours sauvée de vos injures, du moins n'aviez-vous jamais osé porté la main sur elle. Mais il est venu un jorn* où vous m'avez cru impuissant à la protéger, un jour où vous avez compté que le danger où j'étais vous la livrait sans défense ; vous avez profité de la seule heure où votre haine contre elle a pu se dresser en liberté, et vous l'avez mutilée... vous avez fait plus, vous avez rendu mon fils coupal)le de ce crime et vous m'avez fait tuer mon enfant!... A tous ces crimes-là il faut un châtiment; ce châtiment, je vous l'ai promis, et je vous l'infligerai.

Malgré la solennité des paroles de mon père, malgré la résolution implacable qui ressortait de l'expression de son visage et la froide fermeté de ses paroles, le père et la mère Moline répondirent par un ricanement méprisant aux paroles de lem* fils.

'En toute autre circonstance, cette audace eût exaspéré Moline et il se fût répandu contre eux en reproches qui m'eussent fait trembler; mais celte fois j'éprouvai un froid que je n'avais jamais ressenti, car il ne leur répondit rien. Il en était arrivé à ce point qu'il n'écoutait plus que ce qu'il disait lui-même ou plutôt ce que l'enfer semblait lui dire tout bas à l'oreille.

Je sentis que les deux vieux étaient tout à fait condamnés. Je tombai à genoux et je me mis à prier.

Mon père se mit à rire, et se leva tout à coup. Je m'arrêtai dans ma prière.

— Va toujours, me dit-il, ce sera la prière des agonisants... car il est temps, la nuit s'avance, et il faut que justice soit faite avant le lover du soleil...

— Écoutez, vous autres, ajouta-t-il en s'adressantaux deux vieillards, s'il vous reste encore dans le cœur autre chose que la crainte de la mort, fuites votre prière, car il y a longtemps que je vous ai condamnés à mourir, et l'heure de l'exécution est venue.

A cette menace. Marine se leva et voulut prendre la parole; mais son frère l'arrêta en lui disant d'une voix sinistre :

I — Ne te mêle pas de leurs affaires; je t'ai pardonné comme je leur avais pardonné pour le premier crime que tu leur as fait commettre; ne t'associe pas au second pour lequel je les punis, si tu ne veux pas partager leur châtiment.

A son tour, monsieur de Lory voulut s'interposer, et lui dit :

— Croyez-vous que je vous laisserai assassiner deux vieillards sans défense?

— Oh ! reprit Jean, je ne tiens pas à ce que vous soyez présent à leur supplice; vous pouvez quitter cette cabane.

— Et c'est ce que je vais faire à l'instant, dit le comte, pour y ramener les hommes qui m'aideront à prévenir cet horrible parricide.

Jean écarta la table derrière laquelle il était assis, et ouvrit la porte.

— Allez, dit-il, monsieur le comte, allez.

Monsieur de Lory hésita à sortir; mais madame de Prémontré n'eut pas plutôt vu une issue à sa fuite, qu'elle se précipita hors de la maison en appelant monsieur de Lory.

Le comte la suivit, épouvanté sans doute de l'égarement

auquel elle était en proie ; mais il s'arrêta à quelcpies pas de la porte, à la voix de Jean qui lui cria :

— Et maintenant vous pouvez allez prévenir les magistrats et appeler la force armée, vous pouvez me conduire devant les tribunaux.,, seulement, n'oubliez pas qu'en y menant le fils qui a tué son père, vous y traînerez aussi la mère qui a tué son enfant !

La voix de madame de Prémontré appela immédiatement monsieur de Lory ; et Marine, qui craignait que le comte ne se laissât aller à son indignation et n'allât chercher du secours, Marine s'échappa en même temps de la cabane pour prévenir une dénonciation qui eût fait remonter la justice à la connaissance d'un crime dans lecpiel elle se trouvait compromise et qui pouvait perdre la marquise.

Mon père referma la porte.

Jusqu'à ce moment les vieillards avaient conservé leur audace ; mais ils commencèrent à se regarder d'un air alarmé, lorsqu'ils virent s'éloigner les étrangers dont la présence pouvait les protéger.

Ma mère elle-même n'avait pas sans doute cru à la réalité de ces menaces, car elle m'appela tout bas et me dit, sans oser cependant s'adresser à son mari :

— Ce n'est pas possible, n'est-ce pas? il ne le fera pas.

— Regardez-le, lui dis-je.

Mon père barricadait la porte.

— Jean... Jean... lui cria sa femme, je ne crois pas cela.

11 ne lui répondit pas; et comme elle ne pouvait quitter son lit tant sa faiblesse était encore grande, elle me poussa vivement vers lui en me disant :

— Mais arrête-le donc, loi !

Je me jetai aux genoux de mon père en lui criant grâce pour sa femme et pour moi; il me repoussa si durement, que j'allai retomber sur le lit près de ma mère.

Je faillis m'évanouir, et je restai un moment les yeux fermés, tout étourdie du coup que j'avais reçu. Je fus arrachée à cette espèce d'anéantissement par les cris aigus, par les hurlements furieux qui retentissaient dans la cabane.

Ma mère m'appelait et appelait son mari, me secouant de toutes ses forces, s'agitant vainement pour se lever.

Des coups violents étaient frappés à la porte, et l'on entendait les voix de monsieur de Lory et de Marine qui appelaient Jean et le suppliaient de leur ouvrir. Je me soulevai pour voir ce qui se passait, sans avoir bien la conscience de tout ce que je venais d'entendre.

Ma mère m'avait pris la main dans une des siennes; et comme je lui disais :

— Mais qu'y a-t-il? qu'est-ce qui se passe?

— Regarde ! me dit-elle d'une voix rauque et presque éteinte.

Je levai les yeux, et je vis le corps du père Moline qui pendait déjà à l'une des cordes attachées à la poutre du toit.

Pendant ce temps, la mère Moline se débattait dans les mains terribles de son fils, qui lui passait au cou le bout de l'autre corde.

Je voulus crier et m'élancer ; mais à cet instant quelque chose d'inouï tressaillit en moi, et au moment où je restais béante et immobile, les yeux fixés sur le visage de la mère Moline, dont la vie s'éteignait dans d'horribles convulsions; au moment où la mort prenait cette existence, il me sembla qu'une autre vie s'animait dans la mienne; et ce fut en face du crime de l'homme que je croyais mon père que je compris toute l'étendue du crime qu'avait commis le vôtre, le vôtre, monsieur Michel ; alors je m'évanouis...

A cette dernière parole, la voix de Justine était tombée

tout à fait, et nous-mêmes, épouvante's du récit que nous venions d'entendre, nous gardions un profond silence, ne trouvant ni pai'ole ni voix pour exprimer l'horreur que nous ressentions.

La duchesse de Frobental fut la première à dominer cette e'motion; elle dit à Justine, d'un ton moins aigre que celui ùuiit elle lui avait parlé jusqu'à ce moment :

— Je comprends que, puisque vous avez été témoin de pareilles scènes, dont je sais que la connaissance est arrivée à la justice, vous puissiez craindre de paraître dans une affaire qui obligerait les magistrats à vous interroger sur vos antécédents ; je comprends, en conséquence, que vous évitiez d'être forcée de raconter les crimes de votre famille, car c'était bien là véritablement votre famille, j'en suis sûre maintenant.

— Cette famille n'était pas la mienne ! répondit vivement Justine, et ce n'est pas pour ses crimes, mais pour les miens, que je ne veux pas comparaître devant les juges et accuser votre fils... Si je vous ai raconté tous ces crimes, madame, c'est parce qu'ils sont, comme je vous l'ai dit, la cause et l'excuse de celui que j'ai commis moi-même.

La voix de Justine s'assombrissait, et son regard errant de tous côtés semblait éviter de se reposer sur un objet déterminé.

— Vous vous imaginez peut-être, reprit-elle violemment, qu'après ce crime commis notre existence changea ; vous croyez peut-être que ce monsieur de Lory, qui avait semblé si indigné de l'horrible justice de mon père, osa aller le dénoncer... Oh non! non! fit amèrement Justine. Il y avait à côté de lui la marquise de Prémontré; pour accuser mon père, il fallait la perdre, ou tout au moins la compromettre, et cet homme l'aimait cette femme, cette femme qui a fait rougir quiconque l'a connue...

— Justine ! s'écria tout à coup la vieille femme en l'interrompant.

— Oh ! reprit celle-ci, tant pis pour ceux qui m'écoutent... Du reste, il y a assez longtemps que je parle, le cœur me lève de raconter toutes ces horreurs...

Voilà pourtant où j'ai vécu, et parmi tout ça, savez-vous le comble des atrocités ? c'est que lorsque je revins à moi, ma mère était hors de la maison et la trappe de la cave était levée. Je ne me souvenais plus de ce qui s'était passé, et je me demandais d'où venait ce bruit sourd de coups de pioche que j'entendais au-dessous de moi.

Enfin, à force de rappeler mes idées égarées, je retrouvai peu à peu mes souvenirs, et je devinai que c'était à la même place où le père et la mère Moline avaient creusé la fosse de l'enfant de leur fils, que celui-ci leur creusait à son tom- une fosse.

Ah! vous n'avez jamais été, aucun de vous, dans ces angoisses-là, jamais vous n'avez senti cette odeur de morts dans laquelle j'ai vécu huit mois, car j'ai encore vécu huit mois dans cette affreuse maison ; et ne pensez pas que la vengeance que mon père avait tirée des siens eût satisfait la fureur dont il était possédé.

Le crime attache au crime et mon père se démenait dans son remords, non pas pour se repentir, mais pour l'étouffer dans de nouvelles violences. Lui qui avait tant aimé Bernardine, qui l'avait aimée au point de la venger si cruellement, il ne parlait plus que de punir et de faire justice. Comme s'il eût voulu s'excuser de l'abominable exécution qu'il avait faite, il disait toujours qu'il avait mission de poursuivre les coupables qui échappent aux lois, et lorsqu'il nous disait ces choses- là, il nous regardait avec l'avidité d'une bête fauve qui ne demande qu'un prétexte pour se jeter sur sa proie.

Que voulez-vous que je vous dise de plus ? nous en étions

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arrivées, ma mère et moi, à ne plus oser nous parler, à ne pas nous regarder. Bernardine, après avoir plcm'é longtemps, perdit tout espoir, et je la vis peu à peu s'en aller dépérissant à la fois de son corps et de son esprit. Elle s'abrutissait chaque jour davantage et devint presque tout à fait idiote. Mon père devenait de plus en plus fou, de façon que je vivais entre la folie imbécile de ma mère et la folie sanguinaire de mon père.

Et puis c'étaient toujours les mêmes menaces.

— Oh ! s'écriait Jean, qu'une faute se commette ici, et la mort en sera le châtiment !

Alors il me regardait avec des yeux si terribles que je me sentais glacer le sang dans les veines. Je me taisais et m'accroupissais dans un coin de la cabane pour me dérober à ses regards qui auraient pu me deviner.

Voilà comment j'ai vécu pendant ces huit mois...

Enfin, une nuit vint où je crus ma dernière heure sonnée ; je ne pouvais plus en douter d'après les menaces de Jean, il devait me tuer pour la vie qui allait naître de moi. Heureusement... que dis-je, heureusement!... non, non, mieux eût valu mourir alors que de vivre comme j'ai vécu depuis... Heureusement enfin! puisque je l'ai dit, mon père n'était pas dans la cabane ; quant à ma mère, elle ne quittait plus son grabat, arrivée au dernier état de l'imbécillité.

Oh! ce crime, je ne l'eusse pas commis si j'avais espéré un pardon, si j'avais pensé que ma vie pût être nécessaire à la vie de l'enfant ; mais comme il criait, tout froid et tout grelottant à côté de moi, j'entendis à quelque distance la voix de mon père chantant avec force : c'était l'indice qu'il était dans un de ses moments les plus furieux... J'eus peur de mourir; je n'avais pas eu le temps de comprendre ce que c'est que d'être mère... et puis, je vous l'ai dit, le crime attache au crime...

LES DRAMBS INCONNUS 34S

N'y avait-il pas une tombe ouverte dans cette maison, une tombe, là, sous ma main? Je me traînai jusque-là, je soulevai la trappe, je poussai la malheureuse petite créature... j'entendis un grand cri, puis, quand la trappe fut retombe'e, je n'entendis plus rien et j'allai tomber dans mon coin, à moitié expirante!...

— Oh! misérable! s'écria la duchesse.

Justine n'entendit pas et continua d'une voix sourde.

— Mon père entra et dit :

— On criait ici !

— Ce sont les morts qui se plaignent ! murmura Bernadine en essayant de se dresser.

Mon père leva la main sur elle et la força de se coucher tout à fait.

Quant à moi, je ne dis rien, et bientôt après je m'endormis...

— Vous avez dormi, misérable! s'écria la duchesse, près du cadavre de votre enfant!

Justine se redressa avec fureur, et dit à la duchesse :

— Oui, je l'ai fait... Eh bien, c'était ma destinée... et si je l'ai fait, est-ce ma faute? Est-ce ma faute d'avoir été livrée à cet horrible abandon ?... et puis... j'avais le sang de ma mère dans les veines, j'ai fait d'un autre ce qu'elle a voulu faire de moi.

— Ce n'est pas vrai! s'écria la duchesse en se levant.

— C'est vrai ! dit la vieille femme en se plaçant en face d'elle. Ne te souviens-tu plus, Hélène, de la nuit où tu m'envoyas chercher par le comte de Sainte-Mars?

Madame deFrobental recula... et moi-même je me pris à regarder cette vieille avec épouvante.

— Qui êtes-vous donc? fit la duchesse, je ne vous connais pas !

— Comment avez-vous appelé cette femme ? dit Justine en s'adressant à la vieille.

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— Je l'ai appelée Hélène, reprit la vieille; c'est Hélène de Favreuse, duchesse de Frobental, c'est ta mère, entends-tu?.,.

— Vous mentez... vous mentez... s'écria la duchesse en cherchant à s'échapper.

— Hélène, Hélène, dit la vieille, voilà ta fille que tu m'as remise pour la tuer^ et que j'ai sauvée en la confiant aux Moline !

La duchesse s'arrêta en s'écriant avec un mouvement désespéré :

— Ce n'est pas possible !

Aussitôt elle s'empara de la lumière posée sur la cheminée et la porta tout près du visage de la vieille... et là, l'œil fixé sm- elle, elle la regarda en murmurant d'une voix sourde et entrecoupée :

— Non... oui... oui... oh! oui... Jeanne 1 c'est Jeanne!

— Jeanne de Favreuse, marquise de Prémontré... en estu sûre à présent ?

— Ohl je rê^'e, je rêve... fît la duchesse en chancelant.

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