‹ Les drapeaux français: étude historiqueChapitre 2 sur 29 · ADDITIONS · texte numérisé non relu

ADDITIONS

Ajouter : à la note 1, p. 75 :

L'ordonnance royale du 25 février 1726 porte que le juste-aucorps, le ceinturon, le collier de la caisse des tambours des milices seront garnis des galons de la livrée du roi ; la même prescription se retrouve dans le décret du 1er avril 1791.

Idem, à la note 1, page 93 :

La charge de capitaine général de l'arrière-ban avait été supprimée sous Henri III par l'art, cccxvn de l'ordonnance des états de Blois, 1588 ; cet officier avait probablement droit à la cornette blanche.

Idem, à la page 95, ligne 9 :

En 1614, le président de Chevry eut la charge de colonel général de la milice de Paris, avec l'enseigne blanche. (Félibien, Hist. de la ville de Paris, 1725, p. 1300.)

Idem, page 101, ligne 16 :

Après 1721 on revint sur cette décision. « L'intention du roi est « que vous fassiez monter chez ce prince (duc d'Orléans, colonel « général de l'infanterie) six compagnies de garde avec le drapeau « blanc. » (Lettre ministérielle, 4 août 1725.)

Idem, à la page 106, ligne 12 :

La compagnie commandée par le lieutenant-colonel deviendra lre; le drapeau blanc y sera attaché, elle sera commandée par le lieutenant-colonel sous les ordres du colonel général, que Sa Majesté veut être reconnu comme chef et 1er capitaine de toutes lesdites compagnies colonelles. (Ord. roy. du 30 mai 1721, art. vi.)

Idem, à la note 1, page 107 :

Ordonnance royale, 1er février 1689. Art. 1fr. Il y aura en cha-

que escadron de cavalerie ou de dragons deux étendards de la livrée dumestre de camp, et afin d'éviter la confusion et qu'on puisse les distinguer de ceux des ennemis, Sa Majesté veut et ordonne qu'aux étendards où il n'y aura pas de fleurs de lis, il y ait du côté droit un soleil et que la devise du mestre de camp ou colonel soit seulement sur le revers.

Idem, page 18G, ligne 2 :

Le régiment Royal-Artillerie gardera les mêmes drapeaux, hors qu'il y aura un drapeau blanc dans chaque bataillon. (Ord. roy. du 22 mai 1722.)

Idem, page 318, ligne 8 du bas :

La cavalerie forme une division de 8 compagnies, chacune de ces compagnies a un étendard dont le fond des 6 premiers est de la couleur assignée à chaque division d'infanterie ; les 2 autres ne sont pas encore désignées. Ces couleurs sont : lre bleu, 2e rouge, 3e blanc, 4e bleu et rouge, 5e rouge, bleu et blanc, 6e bleu et bianc. (Almanach militaire national de Paris, 1790, in-12, page xvi.)

Idem, page 323, ligne 6 :

Le décret du 23 septembre 1792 prescrit : Art. xi. Il y aura un seul drapeau aux couleurs de la nation entre les deux divisions du centre de chaque section, avec celte inscription : Liberté, Égalité.

Le drapeau, dans ces dernières années, a été l'objet de nombreuses controverses : on a parlé du symbolisme du drapeau, on a parlé du drapeau unique de la France. Afin d'être dans le vrai, de se conformer à l'histoire et d'entrer dans l'esprit de nos traditions nationales, il aurait fallu parler des drapeaux de la France, car le drapeau français, tel qu'on le comprend aujourd'hui, le drapeau unique pour la nation, pour l'armée de terre et pour la marine, est une institution essentiellement moderne, à vrai dire, contemporaine.

D'abord, chaque prince, seigneur ou commune a eu sa bannière, puis chaque compagnie, bande ou régiment a eu son enseigne presque jusqu'à nos jours.

Chaque couleur à son tour a eu sa signification et son importance.

Le bleu a été la couleur de la cape de saint Martin et celle de la bannière des ducs de France, élus rois aux Xe et XIe siècles et sous la suzeraineté desquels s'est fondée l'unité nationale de notre pays.

Le rouge a été la couleur de l'oriflamme, celle de nos croisés en Terre sainte, celle des bandes de Picardie, origine de notre infanterie sous Louis XI, celle du parti royal dans les guerres civiles de la fin du XVIe siècle, celle de la cause de l'ordre, des modérés, comme on disait alors, quand Bailly et La Fayette durent réprimer l'émeute du 19 juillet 1791, et, par contre, celle de l'insurrection qui a été maîtresse de Paris pendant deux mois en 1871.

Le bleu et le rouge réunis ont été les couleurs des premiers Valois, celles des Bourguignons au XV1' siècle, celles des Parisiens en 1358 et en 1789.

Le blanc a été la coulcurdes Orléans ou Armagnacs nu XVe siècle, celle des protestants au XVIe siècle, celle du commandement militaire supérieur, surtout depuis l'institution des colonels généraux en 1554, el par suite celle de l'autorité royale lorsque le roi eut réuni en sa personne toutes les fonctions qui donnaient droit à l'enseigne blanche, par la suppression des charges d'amiral en 10:26, de connétable en février 1027, de colonel général de l'infanterie le 28 juillet 1001 et de colonel général delà cavalerie le 17 mars 1788, presque à la veille de la révolution qui mit fin h ce pouvoir absolu.

Les trois couleurs bleu, blanc et rouge réunies sont les couleurs héraldiques de la maison de France- Bourbon dont les destinées sont si intimement liées :>. celles do h France : elles sont aussi celles qu'a

tèrent, en 1789, Louis XVI et la nation, et de l'union desquelles est formé le drapeau tricolore qui se trouve donc ainsi résumer dans ses plis treize siècles de l'histoire de France.

Nous avions essayé en 1872 de retracer l'histoire de ces diverses transformations depuis le VIe siècle jusqu'à nos jours ; la première édition de notre travail étant aujourd'hui complètement épuisée, nous en présentons au public une nouvelle et plus étendue, dans laquelle on trouvera la série à peu près complète des enseignes sous lesquelles ont combattu les armées françaises sur terre et sur mer aux différentes époques de notre histoire.

Avant de commencer l'historique des diverses enseignes françaises, nous croyons qu'il est intéressant de donner la signification des mois bannière, pennon, etc., d'après d'anciens auteurs, sans vouloir toutefois établir aucune règle fixe, car les mêmes" termes ont eu successivement des acceptions différentes, et les enseignes de même nature ont souvent varié de forme, ainsi que quelques exemples vont le prouver.

La tapisserie de Bayeux, faite dans la seconde moitié du XIe siècle (voir ci-après, p. 30), représente des bannières à 5, 4 et 3 pointes et une demi-circulaire; le sceau de Jean de Châlon, comte de Bourgogne, 1239 (Arch. nat., n° 491), porte une bannière à 4 pointes, tandis que sur le sceau de Henry Plantagenet, duc de Normandie de 1159 à 1188, la bannière est à 3 pointes (ibid., n° 880); sur celui de Mathieu de Lorraine, 1225, elle est à 2 pointes (i n° 779); sur celui d'Etienne de Sancerre, 1158, elle est triangulaire (ibid., n° 433); sur celui de Raimoncl III, vicomte de Tu renne, 1211, elle est en forme

de carré long (ibid., n° 770), et sur celui de Ferri de Lorraine, 1316, elle est carrée (ibid., n° 782); dans les miniatures de l'histoire de la guerre sainte par Guillaume, archevêque de ïyr, ms. du XIIIe siècle (Bibl. nat. Fr., 2624), les enseignes sont à 2 pointes (1).

Favyn, dans son Théâtre d'honneur, 1G20 (p. 25 et 26), dit que les chevaliers bannerets faisaient porter devant eux un pen non carré, que les rois, princes et grands seigneurs avaient une bannière carré-long le côté long attaché à lahampe, le grand étendard était coupé en deux langues rondes séparées, le guidon plus petit d'un tiers que le grand étendard et en différant en ce qu'il a la pointe d'une seule langue ronde entière e,t sans coupure, le pennon (2) plus petit de moitié que le guidon, mais de môme forme, la cornette de môme forme que la bannière, mais le côté étroit attaché à la hampe. L'enseigne d'une compagnie de gens d'armes finit en pointe à deux queues (3) (p. 1413).

Le P. Daniel, dans son Histoire de la Milice française (liv. m, p. 95), dit que les anciennes bannières de paroisses étaient à peu près comme le labarum des

(1) Une môme miniature du ms. H. F. 102 de la bibl. de F

nal. l'ait en 1 ',.Vi, contient 9ep1 formes différentes de pennons, bannières, flammes ou banderoles.

(2) Pennon (Mail primitivement l'enseigne d'un « capitaine de « gens de cheval où ses armes étaient empreintes.» [Des Anciennes

1637, A. Galland, p. 89.) (."{) Une enseigne de cavalerie de celte forme se trouve déjà sur un bouclier romain delà collection Woodward. (Antiquités Gr. el R., Bibl. nat., Est, G. a, 72.)

— vu —

empereurs romains, qui était un petit et léger drapeau attaché à un bâton, lequel, avec la lance où il était suspendu, formait une croix (1). La bannière de chevalier banneret était carrée, le pennon de chevalier bachelier finissait en pointe; « quand un bachelier a grandement servi et que il a terre assez qu'il puisse avoir gentilshommes ses hommes et pour accompagner sa bannière, il doit à la première bataille où il se trouvera venir au connétable ou aux maréchaux, ou à celui qui sera lieutenant de l'ost pour le prince, requérir qu'il porte bannière et, s'ils le lui octroient, doit sommer les hérauts pour témoignage et doivent couper la queue du pennon ; de là l'expression : faire de pennon bannière, pour dire : passer d'une dignité à une autre plus élevée (p. 113).

Les bannerets dans les armées avaient quelquefois un pennon avec leur bannière; c'est que, outre le service féodal dû à sa bannière, le chevalier avait une compagnie levée à ses dépens, ou qu'il divisait sa troupe en deux parties dont l'une était sous sa bannière et l'autre sous son pennon, commandée par son lieutenant, un des chevaliers bacheliers (p. 117). La figure des étendards a fort varié ; sous Louis XII, ils étaient longs, étroits, pointus et fendus ; sous Fran-

(I) Le gon fanon, gunfanum, gonfalon .( gundfane, étendard de guerre des Germains), avait celle forme; il était en général fendu du bas en trois queues; on en trouve un exemple bien ancien sur l'arc de Septime Sévère à Rome : les défenseurs d'une ville attaquée par les Romains y sont représentés avec deux enseignes, dont l'une est un gonfanon et l'autre une sorte de poisson enmanebé sur une hampe, dans le genre des dracones romains. (Ibid.) ■

çois Ier ils étaient plus larges, fort courts et arrondis par l'extrémité (p. 486). La cornette est une pièce d'étoffe de taffetas d'environ un pied et demi en carré, sur laquelle sont brodés les armes, les devises ou les chiffres du prince ou du mestre de camp; on l'attache au bout d'une lance longue de 8 à 9 pieds.

D'après le P. Ménestrier (Origine des ornements des armoiries, 1680), les officiers de la couronne et leurs lieutenants avaient droit de porter bannière, quoique, d'ailleurs, ils ne fussent pas bannerets, tant qu'ils étaient officiers par dignité de leurs offices (p. 194).

Quoique la manière de désigner les enseignes ait changé au moins autant que leurs formes, pourtant aux diverses époques on n'employait pas indifféremment tel ou tel nom, chacun à une même époque avait sa signification particulière. Ainsi, Ton voit que « sur le tombeau du bâtard de Bourgogne, tué par « ceux de Gand( 1452), on mit sa bannière, son étendard « et son pennon, comme il est d'usage seulement pour « un chevalier mort en bataille » (1); qu'aux funérailles de Fr. de Montmorency, maréchal de France (1579), on portait son pennon, la cornette (2) do ses chevau -légers, le guidon de sa compagnie do gens d'armes et la cornette, marque de son commandement; de notre temps, pour les enseignes de guerre,

(h Ménestrier, Orig. des ont. des armoiries, 1080. p. 189.

ri) 9 Les guidons des gens d'armes, les enseignes des compagnies de -eus d'armes, car il n'y on a point aux chevau-légers, mais bien dis cornettes an lieu d'enseignes. » (Les principes de Pari mi*

lit/tire, La Prugne, \ivm>. )

il n'y a plus que trois noms : drapeau pour l'infanterie, étendard pour la cavalerie, pavillon pour la marine (1).

(1) Dans l'armée de lerre on porte encore un fanon auprès d'un général commandant afin d'indiquer le lieu où ceux qui ont affaire à lui peuvent le trouver; des guidons de couleurs différentes servent de moyen d'alignement et de ralliement pour les différents bataillons d'un môme régiment. Dans la marine, des flammes distinguent les navires de l'État de ceux du commerce, et la cornette ou guidon est, dans un détachement de plusieurs navires, la marque du commandement d'un officier qui n'est pas officier général; ce ne sont point là, à proprement parler, des enseignes.

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