‹ Les drapeaux français: étude historiqueChapitre 24 sur 29 · MORT OU LIBERTE · texte numérisé non relu

MORT OU LIBERTE

apeaudeGaeNledeParu de 1830 à 1648

des gardes de la ville; en 1699, 1728 et 1769, etc., parurent divers règlements ou ordonnances les concernant et où Ton voit que les drapeaux, cornettes et guidons, durent rester en dépôt chez le colonel ; que l'uniforme était : habit bleu, doublé de rouge bordé d'or; parements, veste, culotte et bas rouges; bandoulière bleue bordée de rouge avec deux écussons des armes du roi et de celles de la ville ; que l'effectif se composait de 4 capitaines dont le colonel, 4 lieutenants dont le lieutenant-colonel, 4 sous-lieutenants, 4 porte-drapeaux, etc. (Privilèges, etc.) (1)

En 1763, un régiment fut créé pour le service de Paris; en 1771, il fut compris dans les troupes provinciales.

Ce régiment, avant 1771, avait son drapeau composé de deux quartiers bleus et de deux blancs, d'un côté les armes de France au centre, de l'autre celles de la ville, ce qui est exactement la disposition du drapeau que, le 14 juillet 1789, le sieur Binet, garçon taillandier, natif de Paris, et y demeurant, rue de la Roquette, enleva d'un faisceau d'armes de la Bastille et apporta au district de la Madeleine de Tresnel. Il serait vraiment piquant que la nouvelle milice parisienne de 1789 se fût fait un trophée d'un drapeau déposé au magasin des armes, par l'ancienne milice, lors d'un changement d'organisation. (Voir p. 197 et 317.)

En 1778 on forma de nouveau un régiment de la

(1) En 1814, ces gardes furent reconstitués sous le nom de Garde royale de la ville de Paris, composée de 4 compagnies commandées par un lieutenant général, colonel d'armes.

Ville de Paris, de deux bataillons, ayant dans ses attributions une partie du service de la police municipale, la garde des théâtres et établissements publics. Ce corps, comme les autres régiments provinciaux, fut licencié le 30 septembre 1789, et, ainsi qu'eux, fournit son contingent aux premiers bataillons de volontaires nationaux en voie de formation (1).

Le 12 juillet 1789, vers six heures du soir, quelques électeurs des districts, accourus à l'hôtel de ville, prirent le commandement provisoire de Paris (Voir plus haut, p. 274). Le peuple désarma les gardes de la ville et se fit remettre les armes emmagasinées dans la maison commune. Toute la nuit des bourgeois armés, des soldats du guet et les Gardes- Françaises révoltés, sillonnèrent les rues, pendant ce temps, les électeurs formés en comité permanent à l'hôtel de ville, y délibéraient et le lendemain ils lancèrent l'arrêté suivant :

« La notoriété des désordres et excès commis par plusieurs attroupements, ayant déterminé l'Assemblée générale h rétablir, sans délai, la milice pariskime, il a été ordonné ce qui suit : 1° Le fonds de la m il ire

(1) En Tan xi ce corps était reconstitué, avec les mêmes attributions, sous le nom de Garde municipale de Paris, comprenant deux régiments d'infanterie à deux bataillons et un escadron de deux compagnies de cavalerie. En 180G. cette garde lut un peu augmentée et prit le nom de Gardé de Vans: en 1810, elle avait trois bataillons employés à l'armée d'Espagne; l'escadron de lerie s'appelait alors Dragons de la garde de Taris. En 1SI.Y la Garde de Paris fut remplacée par deux, puis trois escadrons ( de deui compagnies chaque) de Gendarmerie royale de Pans. En 18il0, la Garde municipale de Paris fut organisée avec Infanterie

parisienne sera de quarante-huit mille citoyens jusqu'à

nouvel ordre ; 3° Ces soixante districts, réduits

en seize quartiers, formeront seize légions qui porteront le nom de chaque quartier, dont 12 seront composées de 4 bataillons désignés par les noms des districts et 4 de 3 bataillons aussi désignés de la même manière (1). En tête des signatures apposées au bas de cet arrêté, est celle du prévôt des marchands Flesselles, qui, dès le lendemain 14, fut tué par le peuple, après la prise de la Bastille, comme étant soupçonné de trahison. Le 15 juillet, les Gardes-Françaises qui avaient contribué à la prise de la Bastille restèrent avec le peuple et, quelques jours après, le régiment, ayant cessé d'exister, le roi autorisa les soldats aux gardes et les déserteurs des autres corps qui se trouvaient dans la capitale, à concourir à la formation de la milice bourgeoise (2). Le 16, le marquis de La Salle (3), qui le 13 avait été nommé commandant général de la nouvelle milice, céda cette

et cavalerie et existe encore aujourd'hui sous le nom de Garde républicaine, comprenant deux régiments d'infanterie et un de cavalerie; sur les shakos de l'infanterie est un écusson aux armes de la ville : de gueules au vaisseau d'argent au chef d'azur semé de Heurs de lis d'or ; et l'uniforme est bleu avec collet, revers et parements rouges aux couleurs héraldiques de la ville (Voir cidessus, p. 290).

(1) En tout 16 articles dont nous avons déjà cité, p. 274, le 10e, relatif à la cocarde.

(2) L Armée et la garde nationale, par le baron Poisson, ancien officier d'artillerie. Paris, 1858, t. i, p. 54.

(3) La Salle d'Offémont, commandeur de l'ordre de Malte; il fut sur le point d'être mis à la lanterne, le 5 août suivant, pour avoir renvové àEssonnesde la poudre avariée qui ne pouvait plus servir

place au marquis de Lafayettc, sous lequel il resta commandant général en second.

Le 6 août, il fut procédé à une nouvelle organisation de la milice parisienne à laquelle on commentait à donner le nom de garde nationale: son effectif total fut de 31,000 hommes, parmi lesquels 6,000 (hirdes-Françaises dont l'uniforme bleu, blanc et/ comme nous l'avons déjà dit p. 73, servit de type à celui qui fut alors pris (1) et dont le drapeau (Voir p. 173) fut adopté parle district de Saint-Jacques du Haut-Pas, premier bataillon; il fut bleu semé de rieurs de lis d'or, traversé par une croix blanche; seulement, au centre de la croix était d'un cù: de la Bastille embrasée avec cette devise : E lute libertas; l'autre côté portait une couronne civique avec ces mots : Propatria et lege, et aux quatre bouts de la croix était un bonnet de la Liber1 couleur blanche au lieu de la couronne royale (2).

qu'à être expédiée mit la côte de Guinée comme poudre de / on l'accusait de faire circuler de la poudre de traître {L'Ai la garde nationale, p. 76).

(1) Habit bleu à collet rouge, revers et parements blancs, culotte cl veste blanches (VArmèe et la garde nationale, p.

(2) Dans les drapeaux de la garde nationale, en 1TS!». on r

i que le bonnet phrygien esl d'or, bleu, blanc, gris, mais point ►ncore rouge. Le bonnet qui fut planté par les patriotes i : e de la grille d'entrée du palais de Versailles, en avril 1792, • signe de souveraineté populaire, était de laine grise. En 1 7 '. ) 2 . le président, les secrétaires el les orateurs du club i cobins se coiffaient d'un bonnet ronge : le ll.> ma dit par la municipalité de Paris* et disparut pour quelques jours : d reparut el lut adopté comme emblème de la liberté avril, après la séance du '.). où les 40 soldats suiss» -

.-\i. u\. condamnés aux galères par leurs com

Nous donnerons la description des drapeaux des 60 bataillons de la garde nationale de Paris, en 1789 et 1790, d'après les ouvrages qui ont été publiés à cette époque sur ce sujet et qui diffèrent bien peu entre eux.

Nous ne mentionnerons pas les cravates de ces drapeaux, qui furent blanches, bleues, bleues et rouges, rouges, tricolores, et sur lesquelles les descriptions du temps ne sont pas d'accord ; il est probable qu'il n'y avait rien de bien déterminé. Ces ouvrages sont : la Collection de ces drapeaux, Bibl. nat., Est., I. cl. 48; Description curieuse et intéressante de 60 drapeaux que l'amour patriotique a offerts aux 60 districts de la ville et faubourgs de Paris, avec l'explication des allégories, etc., dédiée à M. l'abbé Fauchet (l'un des signataires de l'arrêté du 13 juillet 1789 rétablissant la milice), Paris, Sorin, 1790, in-8°, avec 60 planches coloriées in-4°; Drapeaux des 60 bataillons de la garde nationale de Paris, par Prieur, chez Le Gampion, graveur, rue des Petits-Augustins, 6, etc.

Saint -Jacques du Haut-Pas, déjà décrit ci-dessus, p. 306.

pour leur insurrection à Nancy, en 4790, furent admis dans l'enceinte législative, sur la proposition de Pastorct, procureur-syndic du département, député de Paris, et qui devint depuis chancelier de France sous Charles X, le même qui le JG juin 1792 fit décréter rétablissement d'une place et l'érection d'une colonne surmontée de la statue de la Liberté sur le lieu où avait été la Bastille (Biographie moderne, Bisson, à Leipzic, 1807). Un décret de la Convention, du 21 septembre 1793, interdit l'usage du bonnet rouge dans les bagnes.

Notre-Dame, croix blanche, 2 cantons rouges et 2 cantons bleus opposés ; sur chaque canton une fleur de lis d'or, au centre de la croix le chiffre A. If. entrelacé (Ave Maria) encadré de deux branches vertes, au-dessous deux canons croisés, sur la croix la devise : Salut de la Patrie.

Sàint-Germain-des-Prés, — id. — (1) ; aux quatre angles une fleur de lis d'or, à deux bouts de la croix deux palmes vertes croisées et sur l'autre branche de la croix la devise : Patrie et Liberté.

Jàcorins-Sàïnt-Honoré, — id. — : au centre de la croix l'écu de France couronné, dans les 4 cantons les inscriptions : la Nation, le Roi, la Liberté, la Loi.

Les Minimes, — id. — ; au centre de la croix l'écu de France couronné au milieu d'un soleil d'or.

Popincourt, — id. — : au centre de la croix l'écu de France couronné encadré de deux branches ve sur la croix l'inscription : /'// Roi juste fait le bonheur de tous.

Les Feuillants, — id. — ; sur le canton bleu du haut L. XVI. surmonté d'une couronne, sur le canton rouge du haut le vaisseau d'argent de la ville, au centre de la croix un faisceau de licteur d'or enlacé de branches vertes et surmonté d'un bonnet phrygien d'or, sur les bras de la croix : La France itérée.

Les Filles-Dieu, — id. — ; les \ cantons semés de fleurs de lis; dans un angle supérieur les armes

(1) C'est-à-dire : croix blanche, ï cantons rouget et 2 cantons

bleus.

de la ville ; dans l'angle opposé une ancre d'or, au centre de la croix un trophée avec un bouclier à l'image de Jeanne d'Arc surmonté d'un bonnet phrygien gris clair, sur la croix : Mon courage sauça la France.

Les Capucins du Marais, — id. — ; dans 2 cantons opposés l'écu de France et une ruche d'abeilles, dans les 2 autres une bêche, une crosse et une épée réunies, et une balance, un sceptre et un faisceau réunis, au centre de la croix une cocarde tricolore blanc au centre, bleu et rouge, d'où partent 4 rubans bleus et rouges qui vont se rattacher aux attributs des cantons, une couronne royale aux extrémités de la croix; la devise : Le même nœud nous unit.

Saint-Antoine, — id. — ; 2 navires d'argent, et 2 faisceaux d'or dans les cantons opposés, sur la croix : Loi, Roi, Patrie, Liberté.

Les Mathurins, — id. — ; les 2 cantons bleus semés de fleurs de lis d'or, les 2 rouges chargés d'un vaisseau d'argent, sur chaque branche de la croix, une croix pattée d'or à fleurs de lis dans les angles, émaillée de bleu au centre, de rouge sur les bras, bordée de blanc, au centre de la croix blanche : Liberté. (Voir, p. 42, ce qui est dit de la croix de l'ordre de la Rédemption des captifs.)

Saint-Étienne-du-Mont, — id. — ; une fleur de lis à chaque angle, au bas de la croix l'écu de France surmonté d'une crosse et d'une mitre, au centre un vaisseau, au haut de la croix : // ne périra pas.

Saint -Méry, — ■ id. — ; sur les 2 cantons bleus 3 fleurs de lis, au centre de la croix un lion d'or, sur les bras de la croix : Force, Liberté, Paix.

Saint-Lazare, — id. — ; au centre de ia croix génie ailé au milieu d'un soleil surmonté d'une couronne royale.

Saint-Philippe-du-Uoule, — id. — ; dans les cantons bleus l'écu de France, dans les rouges les armes de la ville, au centre de la croix un médaillon noir octogone accompagné de 4 couronnes royales formant croix.

Saint-Jacques-la-Boucherie, — id. — ; au centre de la croix le triangle de Jéhovah dans un soleil, en haut 2 bourdons de pèlerin croisés, en bas 2 tètes de séraphins.

Les Carmélites, — id. — ; dans un canton n un coq sur un tambour, dans l'autre un trophée de fusils et de canons, dans un canton bleu l'écu de France, dans l'autre les armes de la ville, au centre de la croix un caducée, une épée, une bêche, un râteau, une crosse dans un soleil surmonté d'un bonnet phrygien blanc.

Les Enfànts-Rquges, — id. — ; les 2 cantons bleus semés de fleurs de lis, au centre de la croix un \ seau à drapeau bleu, au-dessus : Vis mita fortioi .

Saint-Laurent, — id. — ; au centre de la croix la Liberté terrassant l'hydre,

La Jussienne, — id, — ; au centre de la croix un vaisseau, sur les bras : Courageux* prudent, /

Les Petits-Pères, — id. — ; dans le canton ro inférieur un vaisseau blanc, au centre de la croix une Renommée, au-dessus : Elles ne se flétriront mais.

Sainte-Elisabeth, — id. — ; au centre de la croix un faisceau, un drapeau bleu, une taux, une branche

de lis formant trophée au milieu d'un soleil ; sur un ruban bleu à bords rouges : Vaincre ou mourir.

Sal\t-R.och, — id. — ; au centre de la croix un bouclier d'argent orné d'un génie ailé, sous le bouclier deux branches vertes croisées, tout le drapeau entouré d'un bord bleu.

Saint-Nicolas-du-Chardonnet, — id. — ; au centre de la croix un lion d'or, sur lequel est appuyé un bâton surmonté d'un bonnet phrygien d'or, en haut sur un ruban rouge : Qui me ravira?

La Sorbonne, — id. — ; au centre de la croix, la Constitution posée sur un autel contre lequel est appuyé un faisceau surmonté d'un bonnet phrygien bleu, un guerrier vêtu à l'antique prête serment,

Saint-Séverin, croix blanche couvrant presque tout le drapeau sauf 2 petits carrés bleus et 2 rouges, chargés chacun d'une fleur de lis ; au centre un faisceau accompagné de deux branches vertes au milieu d'un soleil d'or, au-dessus un ruban bleu clair avec la devise : L'union fait notre force.

Sainte-Opportune, large croix blanche pattée, des 4 losanges des angles, 2 sont bleus et 2 rouges, au centre de la croix un soleil d'or sur lequel un ruban bleu porte la devise : Vivre libre ou mourir.

Bonne-Nouvelle, croix blanche, les 4 cantons divisés par les diagonales du drapeau en 2 triangles bleus et rouges, au centre delà croix un faisceau, un bouclier, et sur un ruban blanc posé en écharpe les mots : Union, force, liberté.

Les Capucins Saint-Louis (d'Antin), croix blanche3 4 cantons bleus, au centre de la croix un faisceau d'or,

en haut l'écu de Fiance, en bas un vaisseau, sur les bras horizontaux 2 couronnes vertes.

Les Cordeliers, croix bleue, 2 cantons blancs, 2 rouges.

Saint-Njcolas-des-Champs, croix blanche, 2 cantons blancs, 1 bleu avant au centre un nuaçe blanc chargé d'une crosse et d'un S., 1 rouge ayant au centre un nuage chargé d'une crosse et d'un N., au centre de la croix les armes de la ville entourées d'une guirlande verte, dans les cantons blancs sur un ruban rouge : Sans union, et sur un ruban bleu : point deliberté.

Les Théatins, croix de Saint-André blanche, les 2 triangles supérieur et inférieur rouges, les 2 autres bleus, au centre de la croix le vaisseau de la ville, blanc, dans un médaillon ovale rouge entouré de pointes de flèches rayonnantes surmonté d'un faisceau d'or portant un bonnet phrygien blanc, audessus une couronne royale encadrée de 2 branches vertes et tout en haut un ruban bleu portant ces mots : District des Théatins, dans un des triangles bleus une couronne murale d'or traversée par une palme verte, dans le triangle rougfi du bas 3 ronds blancs sur la même ligne portant en or 1 4, un lion (signe de juillet) 1789.

Les Blancs-Manteaux, trois bandes verticales, rouge à la hampe, blanche portant en haut un soleil d'or avec ces mots : Libres sons un roi-citoyen, el en bas le vaisseau de la ville avec un drapeau bleu, et bleue flottante.

Saint-Eustache, trois bandes verticales, la lw près de la hampe., bleue chargée d'une épée d'argent

tenant sur la pointe un bonnet phrygien d'or; la 2e rouge dans les deux tiers du bas chargée d'un vaisseau d'argent et d'un cor d'or, blanche dans le tiers du haut avec l'inscription : Courageux, libre ; la 3e blanche dans les deux tiers du bas, bleue dans le tiers du haut.

Les Filles Saint-Thomas, trois bandes horizontales, la lre du haut bleue ; la 2e blanche chargée d'une épée droite encadrée de 2 branches vertes avec l'inscription : Vivre libre ou mourir; la 3e rouge.

La Choix-Rouge, blanc, une croix rouge bordée de bleu, sur le centre de la croix un bouclier chargé d'un génie encadré de deux branches vertes, dans les deux angles supérieurs de la croix d'un côté un miroir, de l'autre un bâton surmonté d'un chapeau brun, aux 4 angles du drapeau un soleil accompagné de deux fleurs de lis, au haut de la croix la devise : Immortalité.

Saint-Marcel, blanc, sur une prairie un paysan fauchant; il a une veste rouge, une culotte bleue, des bas blancs, dans le fond une église et un château, au bas du drapeau la devise : Mort ou liberté.

Saint-Martin-des-Champs, blanc, une tente, avec pile de boulets, un canon sur affût sur lequel est perché un coq, en haut sur un ruban bleu la devise : // veille pour la patrie.

Les Pères de Nazareth, blanc, au centre Hercule terrassant l'hydre, encadré de deux branches vertes et de 4 fleurs de lis posées en croix, au-dessus de l'Hercule un ruban rouge avec ces mots : Il est enfin terrassé, sur le ruban est perché un coq, dans deux angles opposés du drapeau les 2 L croisés, chiffre du

roi, dans l'autre angle supérieur le vaisseau de la ville et dans le dernier angle un triangle inscrit dans un cercle.

Saint-Jacques l'Hôpital, blanc, un trophée compose d'un faisceau d'armes, de drapeaux à quartiers bleus et rouges surmontant les Lois et Constitution, un guerrier vêtu à l'antique couché au pied, au-dessous la devise : 77 repose sous leur ombre.

Saint-aïag loire, blanc, au centre les lettres S. M. entrelacées avec 2 palmes d'or, au-dessous un fusil et une épée croisés, liés ensemble, en haut la devis.' . Liberté fait ma glom .

Saint-Joseph, blanc, au centre les armes de la ville entourées d'une couronne de chêne verte liée d'un ruban tricolore, à droite et à gauche en lettres d'or : La loi et la liberté.

Saint-Gérvais, blanc, bordé d'une broderie verte, au centre le buste de Louis XVI sur lequel la Lib coiffée d'un bonnet phrygien brun, dépose une couronne de laurier d'or, au bas en lettres d'or : La Liberté la lui donne.

Saint-Jean en Grève, blanc, bordé d'une broderie verte, au centre un bouclier à tète de Méduse et une épée, au bas un léopard passant, sur le bouclier es! perche un coq derrière les pieds duquel passe un ruban bleu avec la devise : Duke décorum est pro patria moi i.

Sàint-Andbé-des-Arcs, blanc, au centre une Liberté nue, sauf une légère écharpe rouge, plane en portant un bâton surmonté d'un bonnet phrygien violet et un drapeau bleu portant ces mots : Sai$U-An - *- Arcs, au-dessous d'elle posent sur terre un canon

sans affût et trois drapeaux, 1 blanc, 1 bleu, 1 rouge; dans le haut un génie ailé tient un ruban rouge avec la devise : Union, force, vertu.

Yal-de-Grace : blanc, semé de fleurs de lis d'or, au centre un soleil d'or portant au milieu les armes de la ville entourées d'une couronne de chêne verte, au bas sur un ruban rouée : Craindre Dieu, honorer

son roi.

Les Petits-Augustins (de la reine Marguerite), blanc, au centre un écusson bleu chargé d'un faisceau d'or, chargé lui-même d'un cœur rouge enflammé et accompagné en chef de 2 fleurs de lis d'or; sur le haut de l'écusson est perché un petit oiseau blanc, l'écusson encadré de 2 branches vertes, au bas les lettres S. P. une fleur de lis d'or à chaque angle, au bas un ruban rouge portant ces mots : Dist. des Petits-Augustins et en haut un ruban bleu avec la devise : Union et liberté.

Les Jacobins (Saint-Thomas-d'Aquin), blanc, au centre les armes de Lafayette, de gueules à la bande d'or à la bordure de vair, accompagnées d'une épée et de deux branches vertes et surmontées d'un centaure tirant de l'arc, à chaque angle une fleur de lis d'or, au bas les 3 lettres S. T. A. entrelacées, en haut sur un ruban bleu ces mots : District des Jacobins, faubourg Saint-Germain.

Les Piécollets, blanc, au centre un soleil d'or, chargé d'une couronne royale et d'un caducée et d'un miroir croisés, le miroir entouré d'une guirlande ou couronne bleue, le caducée d'une couronne verte, une fleur de lis d'or à chaque angle, sous le boleil un ruban bleu' avec la devise : Pour la liberté.

Lks Barnabites, blanc, à chaque angle une fleur de lis d'or, au centre H. IV surmonté d'une couronne royale et au-dessous le mot CITÉ.

SAiNT-Louis-LA-CiTi/iTi\E(rue Saint-Antoine), blanc, sans ornements.

Les Champs-Elysées, bleu, à l'angle supérieur les lettres L. L. M. (chiffres du roi et de la reine) en Heurs enlacées, surmontées d'une couronne fleurdelisée, à l'angle inférieur le vaisseau de la ville, en diagonale une large bande blanche portant en lettres d'or : Liberté, Fidélité.

Les Carmes-Déchaussés, bleu semé de rieurs de lis d'or, un grand carré blanc ayant ses angles au milieu des côtés du drapeau, ce carré entouré d'une double bordure or et rouge, au centre du carré emblèmes accompagnés d'un écu blanc à croix et d'un écu aux armes de France.

Saint- Victor, rouge, au milieu le chiure S. V.. audessus sur un ruban bleu : Loi, Concorde, Liberté.

Sâint-Honorë, irironné bleu et rouge, c'est-à-dire divisé en 8 triangles alternant des "1 couleurs, sur le centre un médaillon blanc bordé de noir et d'or el chargé d'un faisceau d'or.

L'Oratoire, gironné bleu et rouge, sur Se centre un médaillon octogone blanc bordé d'or chargé d'un faisceau, d'une épée et d'un flambeau croises et surmontés d'une couronne royale, au bas le vaisseau de la ville, en haut sur un ruban blanc la devise : A des (m a pi es forer des mis.

Saint-Louis en l'Isle, un grand carré blanc, les angles au milieu des côtés du drapeau, les \ triangles d'angle 2 bleus et - rouges, tous les \ chargésd'une

croisette d'or, au centre du blanc une bêche, une crosse et une épée supportant un bonnet phrygien gris, liées par un ruban bleu portant : Vis unita major, au-dessous un ruban rouge portant : Nunc et semper.

Saint- Germain-l'Auxerrois, grand carré blanc comme dans le précédent, les coutures brodées de blanc et de vert, dans le triangle rouge supérieur le vaisseau de la ville, et dans le triangle opposé un cartouche sur lequel est écrit : Saint-Germain-V Auxerrois, au centre du blanc un faisceau, un flambeau, des branches vertes, des fleurs, etc., le tout, lié par un ruban lilas, au-dessus un ruban bleu portant : Leur union fait leur force.

Les deux derniers drapeaux, comme on va le voir, étaient antérieurs à 1789.

La Madeleine de Tresnel. Le 28 du présent mois de juillet, il a été apporté un drapeau enlevé d'un faisceau d'armes de la Bastille, par L. N. Binet Il

a été arrêté unanimement qu'à chaque occasion que le district ferait usage du drapeau il serait porté par ledit Binet ayant à ses côtés J. Masson et N. Lemaire (qui l'avaient aidé à le prendre); dans le cas d'absence du premier, le porte-drapeau sera pris parmi les deux autres; les enfants dudit Binet jouiront du même honneur et à leur défaut ceux desdits

Masson et Lemaire Ce 1er août 1789, signés : de

Saint-Léger, président ; Colin de Gancey, secrétaire. A la cravate blanche que portait ce drapeau on joignit une flamme en taffetas rouge cramoisi avec la légende : Je sers la liberté , arraché aux despotes, le 14 juillet 1789. Ce drapeau fut déposé chez M. de Cancey, au-

diteur des comptes, commandant le 8e bataillon de la oe division, demeurant rue de Popincourt. N avons déjà décrit ce drapeau, p. J 97 et 303.

La Trinité, — « un drapeau trouvé dans un ma « sin sur les remparts de la Bastille, le 1 t juillet « 1789..., porté en triomphe jusqu'au district de la a Trinité, où il a été exposé sur le maître-autel, pen- <( dant six semaines. Au-dessus de la lance était at- « tachée une cravate de taffetas blanc et un a i a de soie verte à deux glands pareils » (ce drapeau étant, comme tout le fait supposer, celui des grenadiers du régiment de Salis-Samade, le cordon vert devait être ce qu'on appelait l'attache du colonel néral des Suisses et des Grisons, le comte d'Àrl dont la livrée était verte). « On y joignit une (tocarde « en larges rubans aux trois couleurs, » et probî ment aussi les « armes de la ville de Paris qui figu- « raient sur le revers tout blanc » de ce drapeau lorsque la description en fut faite en 1790. description qui, sur tous les autres points, concorde avec celle que nous avons donnée à l'article du régiment

• Salis-Samade, p. 186. Ce drapeau fut dé chez M. Gauthier, administrateur des postes, rue Bourg-l'Abbé, commandant le 10e bataillon division.

Les drapeaux de la garde nationale de Paris rent modifiés dans les années survantes; la plupart étaient tels que nous les décrivons lors de la féd tion du 14 juillet 1790.

A cette fédération « on voyait flotter dans s bannières que la commune de Paris a don « à chaque départemenl comme un

« et de fraternité. Elles sont simples et sans faste; « un bâton terminé par une pique, des cravates aux « couleurs de la nation, un taffetas blanc, sur chacun « des deux côtés duquel sont peintes deux couronnes « de chêne avec cette légende au milieu de l'une : « Constitution, au milieu de l'autre, Confédération na- « tionale, Paris WY juillet MDCCXC, sur chacune

« est écrit aussi le nom du département Les

« troupes de ligne suivaient l'oriflamme dont Paris

a leur a fait présent D'un côté on lit aussi ces

(( mots Confédération, etc., et de l'autre Constitution; « au-dessous de chaque couronne se trouvent ces « autres mots : Armée française. Cet étendard n'est « donc ni un sujet religieux, ni un signe militaire ; (( c'est un monument de la confédération fondée sur <( la Constitution, laquelle est défendue par l'armée « française (1). »

Cet oriflamme et ces bannières n'étaient donc que des drapeaux emblématiques ou décoratifs et non des enseignes nationales; ils n'étaient pas donnés par le roi, ils n'étaient pas consacrés par l'Assemblée, ils étaient donnés seulement par la « commune de Paris »; on ne peut donc pas en conclure que le blanc était alors la couleur nationale. La couleur blanche de cet oriflamme n'a pas beaucoup plus de signification que n'eut plus tard la couleur feuille morte du fond de la bannière de la Sainte-Alliance, en 1815, qui porte au centre un écu d'azur à trois fleurs de

(1) Extrait d'une citation faite par M. Sepct. Le Drapeau de la France, p. 185, en noie.

lis d'or traversé d'une fasce ou bande horizontale blanche chargée d'une aigle à deux tètes ayant en cœur un écusson à la lettre A (Alexandre, empereur de Russie), d'une autre aigle à deux tètes ayant en cœur un écusson à la lettre F (François, empereur d'Autriche) et d'une autre aigle à une seule tête ayant en cœur un écusson à la lettre W (Wilhelm, roi de Prusse): autour île l'écu d'azur est une couronne ou guirlande verte, derrière le tout passe un glaive la pointe en bas, et sur un cartouche au bas de l'étoîre se lisent ces mots : Unis pour le bonheur du mond (Cette bannière existe enc >re, elle est conservée au Musée de l'artillerie. )

En septembre 1791 le départ d'un grand nombre de volontaires pour les armées désorganisa les gardes nationales sédentaires; il fallut y remédier par un nouveau règlement d'organisation qui porte, entre autres dispositions : « Chaque canton est autori

« créer une compagnie de vétérans, âgés de plus « de soixante ans. Ces vétérans porteront l'uniforme « général, mais ils seront distingués par une écharpe « blanche, ainsi que par un chapeau à la Henri IV . eî « ils auront pour arme un esponton (pique de 7

« pieds de long) les drapeaux sont aux trois

« couleurs et portent pour inscriptions, d'une part : « Le peuple Français et de l'autre : La liberté ou la « mort (1). »

Le 22 juillet 179:2 la « déclaration du danger de

(l) La loi relative à l'organisation de la garde nationale fut rendue le 14 octobre 1791.

« la Patrie » fut proclamée dans Paris avec grand apparat, dans le cortège étaient quatre huissiers à cheval portant chacun un drapeau auquel était suspendue une couronne civique encadrant les inscriptions Liberté, Égalité, Constitution, Patrie. A chaque carrefour, un officier municipal criait : « Citoyens, la « patrie est en danger, » et montrait a la foule une énorme bannière portée par un cavalier de la garde nationale et sur laquelle était tracée la même phrase (1).

Des patriotes hollandais, expatriés, composèrent alors une légion batave, dont le drapeau dut probablement avoir quelque analogie avec celui qui, en juin 1795, fut destiné à symboliser l'union des républiques française et batave, celui-ci se composa des trois couleurs disposées verticalement dans la moitié de l'étoffe et horizonlalement dans l'autre, cette seconde partie est en effet le drapeau hollandais (2).

A l'occasion, ou sous le prétexte (3) de la fécléra-

(1) Cette proclamation, faite au son du canon et des musiques, ne produisit que l'enrôlement de cinq mille et quelques cents hommes, ce qui fut cause que l'Assemblée décréta.... « Les quatre- « vingt-trois départements devront fournir, suivant un tableau de « répartition fixant le contingent de chacun d'eux, cinquante mille « hommes. Les deux cent quinze bataillons de volontaires seront « portés à huit cents hommes par le même moyen.... »

(2) Il fut en ce moment-là accordé de grands avantages aux déserteurs étrangers, et le moyen le plus usité, pour répandre parmi les ennemis la connaissance de ces avantages, fut de faire tomber entre leurs mains des bouteilles d'eau-de-vie qui portaient chacune, en guise d'étiquette, le décret de l'Assemblée traduit en allemand (Baron Poisson, L'Armée et la garde nationale, 1. 1, p. 439).

(3) Deux mille' fédérés seulement étaient à Paris le 14 juillet,

tion du 14 juillet 1792, un grand nombre de patriotes des départements étaient réunis à Paris, le 10 août les fédérés marseillais et bretons assaillirent le château des Tuileries défendu par quelques gardes nationaux de Paris et des Gardes-Suisses ; cette attaque est représentée dans un tableau fait, en 1793, par Bertaux et qui se trouve au musée de Versailles : on y voit parmi les défenseurs du château, des cavaliers, soit gardes nationaux, soit gendarmes, en habits bleus à revers rouges et culottes blanches avec deux étendards qui semblent bleus sans ornements reconnaissables ; dans le vestibule du château parmi les Suisses on reconnaît à ses flammes ondées leur drapeau qui flotta ce jour-là pour la dernière fois. Du côté des fédérés assaillants, le peintre a représenté un drapeau à croix blanche avec 2 cantons bleus et 2 rouges et cravate blanche, un autre drapeau semblable, mais semé de fleurs de lis et portant au centre une ligure de la liberté, la cravate en est tricolore ; sous la porte d'entrée de la cour paraissent deux autres drapeaux de même disposition, mais sans ornements qu'on puisse distinguer ; au-dessus de la même porte est planté un bâton surmonté d'un bonnet rouge et où flottent trois rubans bleu, blanc et rouge.

Le 19 août, les GO bataillons de la garde nationale furent remplacés par 48 sections armées, l'uniforme ne fut plus exigé et beaucoup île drapeaux de 1789

les autres n'arrivèrent qu'après ; tes .Marseillais, par exemple, le 30 juillet seulement.

disparurent alors en même temps que l'ancienne organisation. Le 22, sur la nouvelle que M. de Lafayette, mis hors la loi par l'Assemblée, avait été chercher un refuge à l'étranger, le district de la Sorbonne brûla le drapeau que nous avons décrit cidessus et qui lui avait été remis par ce général (1).

Il parut alors de nouveaux drapeaux avec la formation des compagnies des canonniers de la milice bourgeoise, des jeunes artistes, des acteurs, des hommes de couleur (nègres ou mulâtres), des hussards braconniers, des fédérés ou patriotes de toute provenance ; le Musée de l'artillerie possède un drapeau de ce temps, celui des canonniers de « Port- Malo » (Saint-Malo) qui est surmonté d'un fer de hallebarde ayant sur la pointe un bonnet rouge.

Le 21 janvier 1793, lors de l'exécution du malheureux roi Louis XVI, les 3e et 4e légions de la nouvelle garde nationale de Paris stationnaient sur la place Louis XV; sur un tableau du temps on voit leurs drapeaux ainsi disposés : au centre un carré blanc, les angles au milieu des côtés de l'étoffe dont les coins sont occupés par deux triangles rouges et deux bleus (2).

Le 31 mai, un combat faillit avoir lieu dans Paris

(1) C'est du moins ce que dit le baron Poisson (L'Armée, etc., 1. i, p. 476); nous inclinerions plutôt à croire que le drapeau brûlé fut celui des Jacobins, faubourg Saint-Germain (Saint-Thomasd'Aquin), qui était blanc et portait au centre les armes de Lafayette.

(2) Ce tableau, portant la signature Hauer et la date de 1795, appartient à H. Lacoin, avocat à Paris.

entre les sections, parce que celles du Mail, des Champs-Elysées (qui en 1789 avait un drapeau bleu) et de la Butte des Moulins étaient accusées d'avoir quitté les couleurs nationales, les drapeaux étaient donc alors tous tricolores, mais ils n'étaient probablement pas tous encore du même modèle.

Une estampe de l'époque (Bibl. nat., I. 1) représente la Convention cernée (le 2 juin) par les sections adhérentes à la Commune ; sur le palais des Tuileries, où la Convention tenait ses séances, flotte un pavillon surmonté du bonnet rouge et où les couleurs sont disposées en trois bandes horizontales, le blanc en bas; c'est probablement le premier pavillon qui ait flotté sur les Tuileries, car sur une estampe (ibid.) représentant l'attaque du palais, le 10 août 179:2, dessin de Prieur, gravure de Berthaud, il n'y a pas de pavillon sur le palais. Il n'y en a pas non plus sur le Louvre, le palais de Versailles, celui ues Tuileries, ni sur aucune résidence royale, même la cour y étant, dans toutes les estampes ou tableaux antérieurs à cette époque que nous avons examinés (1). Depuis 1793 l'usage de hisser un

(1) Tableaux des galeries de Versailles : n° 72;>. Versailles, vers 1664, par van der Meulen; iv 727, ici, vers 1075, d° 720, id., vers 172-2, u" ~'A\). Trianon; u° 741, Marly; n 710. Fontainebleau, ces cinq tableaux priais par P. 1). Martin. — Maisons royales (Bibl. nat., Est. A. a), provenant du cabinet du roi à Versailles : Vincennes, Fontainebleau en 1007, les Tuileries, côté du 1669, id., côté du jardin, 1668, id., Mies de la Seine, 1070.. gravures de Sylvestre. — Les Tuileries sous Louis \1\, par Pérelle; id., gravure faite par ordre de Coibert, surintendant des bâtiments; id., sous Louis XV, par aveline (Bibl. nat., Est., 1. l).«— Topogra-

pavillon sur les palais a toujours été conservé (1).

Le nom de garde nationale en activité fut donné à l'armée de terre et de mer par l'article 285 de l'acte constitutionnel du 1er vendémiaire an iv (22 septembre 1795).

En l'an x, la garde nationale sédentaire de Paris se composait de 6 compagnies de vétérans volontaires avec un drapeau, et de 36 brigades de gardes nationaux sédentaires, pour lesquelles l'Almanach national ne fait mention d'aucun drapeau. La garde nationale ne figure plus dans l'Almanach de l'an xi ni dans les suivants sous le 1er Empire.

Un sénatus-consulte du 13 mars 1812 divisa la garde nationale en 1er ban, composé des hommes de 20 à 26 ans, ayant échappé à la conscription ; 2e ban, comprenant tous les hommes valides de 26 à 40 ans; 3e ban, comprenant tous les hommes valides de 40 à 60 ans. La garde nationale des 1er et 2e bans fut organisée en cohortes dont quelques-unes furent envoyées aux armées ; l'arsenal de Vienne possède un drapeau pris à une cohorte du département de l'Ain, il a été dessiné par M. Raffet. Le blanc est en carré au milieu, le bleu et le rouge en 4 triangles dans les angles du drapeau; sur le blanc est l'inscription :

phie historique du vieux Paris, publiée par la ville en 1866 : le Louvre, lrc moitié du xvie siècle, t. i, p. 146; id., 2e moitié du xvi' siècle, p. 134; ici, vers 1620, t. n, p. 164; id., d'après Gomboust, t. i, p. 138; les Tuileries vers 1600, t. n, p. 13; id., p. 91. (1) Les Tuileries sous le Consulat, par Garbizza, portent le pavillon tricolore bleu, blanc, rouge, en bandes verticales (Bibl. nat., Est., I. 1).

Force à la loi, fidélité à l'Empereur, la cravate bleue à frange rouge.

En 1814, la garde nationale (l)eut pour colonel général M. le comte d'Artois, frère du roi: il lut formé à Paris 12 légions d'infanterie et une de cavalerie qui reçurent solennellement du roi, au mois de juillet, au champ de Mars, des drapeaux qui furent bénis par le grand aumônier et auxquels madame la duchesse d'Angoulême attacha les cravates (2). A la suite du règlement fait par le prince colonel général, le 12 janvier 1816, sur les uniformes de la garde nationale (Bibl. nat., Est., 0. a. 121) se trouve le modèle de ses drapeaux. Fond blanc, au centre les armes de France encadrées de deux palmes vertes, à quelque distance du bord de l'étoffe une bordure d'or formant cadre, dans les 4 petits carrés des angles les armes de la ville, dans la partie supérieure du cadre le numéro de la légion, du côté de la hampe le nom du département, en face le nom de la ville, en bas la devise particulière au département. Le revers était semé de fleurs de lis d'or, au centre l'inscription : Le roi à la garde nationale do entourée

de deux branches vertes portant au bas la décoration de l'ordre du Lis suspendue à un ruban blanc, avec raies ou liséré de la couleur particulièrement affectée au département. La cravate était blanche à bordure

(1) Voir l'ordonnaïuv royale du \(\ juillet 1814, concernant l'organisation des gardes nationales du royaume.

(2) Cette princesse envoya aussi des cravates do drapeau aux

gardes nationales dans les départements (Voir le récit de la monie du 2.") août 1816, à Amiens).

tïeurdelisée et frange d'or. Les trois couleurs furent conservées sur l'uniforme : habit bleu, passepoils ronges, boutons blancs et pantalons blancs pour l'infanterie ; habit bleu, passepoils rouges , boutons blancs, ceinturon et porte-giberne d'argent à 5 et à 4 filets rouges pour la légion de cavalerie.

La garde nationale fut licenciée après la revue du 29 avril 1827, passée par le roi et pendant laquelle plusieurs bataillons firent entendre le cri : « A bas « les ministres ! »

Après la révolution de 1830, faite en grande partie par l'ancienne garde nationale, celle-ci fut réorganisée (1) en autant de légions qu'il y avait d'arrondissements, plus une légion de cavalerie. Chaque légion eut un drapeau aux 3 couleurs, bien, blanc et rouge, portant d'un côté, garde nationale de — , — e légion, de l'autre la devise : « Liberté, ordre public »; le bâton fut surmonté d'un coq gaulois et la cravate fut tricolore. Ces drapeaux furent distribués par le roi, à la fin d'août 1830.

Après la révolution de février 1848, le drapeau resta le même quant aux couleurs (voir plus haut, p. 212), seulement le coq fut remplacé par un fer de lance et la devise par celle-ci : Liberté, Egalité, Fraternité; mais il n'y eut pas une uniformité complète dans les drapeaux des divers quartiers : sur quelquesuns on ne voyait pas la devise, mais seulement Repu-

(1) Ordonnance royale du 23 août 1830; loi du 22 mars 1831 ; loi du 19 avril 1832; ordonnance royale du 24 octobre 1833; loi du U juillet 1837.

blique française, inscription qui, aussi bien que l'autre, disparut de 1852 à 1870, pour reparaître après la chute du second Empire, le 4 septembre 1870. Une portion de la population de Paris, obéissant à un comité central (sans existence légale) de la garde nationale, s'insurgea le 18 mars 1871, devint maîtresse de la ville, proclama la Commune et déploya le drapeau rouge. Il n'y en eut pas un type uniforme, chaque bataillon eut le sien qu'il décora à sa fantaisie; ainsi l'un d'eux était tout rouge sans ornements, portant seulement en lettres d'or, 226e bataillon, le fer de la lance était surmonté d'un bonnet phrygien en cuivre doré, la cravate était rouge à frange d'or.

Plusieurs villes, imitant l'exemple de Paris, avaient arboré aussi, à cette époque, le drapeau rouge ; la garde nationale ne remplissait plus les devoirs qu'impliquait la devise qu'elle avait [portée en 1830 : Liberté, Ordre public, aussi fût-elle supprimée dans toute la France par décret de l'Assemblée nationale en date du 25 août 1871.

A la fin du mois de mai l'insurrection fut vaincue et le drapeau tricolore flotta de nouveau à Paris, remplaçant le drapeau rouge que les Fédérés ouCommuneux avaient arboré, certainement sans se douter qu'ils prenaient ainsi la couleur du drapeau qui représentait l'ordre et la légalité, lorsque le 17 juillet 1701 on appliqua à Paris la loi martiale (1), celle de « lï- « tendard Notre-Dame» à bord des galères du roi

(1) Décret du 21 octobre 1789.... m Un drapeau rouge déploj l'Hôtel do Ville... Indiquera la nécessité d'employer la force

avant 4748 et celle de l' oriflamme, bannière de saint Denis, apôtre de la France.

« armée pour rétablir l'ordre public.... le calme une fois rétabli.... « le drapeau rouge sera retiré et remplacé pendant huit jours par « un drapeau blanc. »

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