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XII

Milices de villes, Garde nationale, leurs costumes et enseignes.

Dès le IXe siècle les villes de France s'entourèrent de murailles pour se mettre à l'abri des incursions des Normands, et dans chacune, les hommes en état de porter les armes, s'organisèrent pour veiller à leur défense ; ce fut là l'origine des milices des villes qui plus tard durent au roi le service militaire en échange de certains droits ou privilèges. L'organisation se fit par paroisses ou confréries. Nous avons déjà parlé des bannières des paroisses et communes (p. 20 et suiv.). « On vit bientôt dans quelques cités, à Paris. à Rouen, à Tournai, etc., des bourgeois se réunir entre eux pour s'exercer au tir de l'arc et de l'arbalète. Ce jeu fit aussitôt fureur. Tous les hommes voulaient en être. Il fallut dès lors une habileté

(1) Labiée, membre de l'Académie de Lyon, dans son Tableau historique des ordres de la chevalerie, Paris, 4 807, dit à propos d'un ordre du coe\ qui aurait jadis existé en Franco, que cet ordre, fondé parmi Montmorency, l'ut joint à un ordre du chienexistant antérieurement el a\ail pour devise : Vigiles. Parmi les actes de valeur des

chevaliers de cet ordre, on cite celui de Claude Polier, Languedocien, qui sauva la vie du dauphin de Viennois, dans an combat.

Suivant Key (Uisl.dn Drapeau, \. i, p. 137), cet Ordre aurait été

l'onde par le dauphin en \±\ '».

éprouvée pour être admis à faire partie de la confrérie du noble et plaisant jeu de V arbalète. L'importance de ces confréries, qui s'étaient rapidement multipliées danslesprovincesduNord, fut bientôt appréciée (1) ». Dès qu'elles furent formées, ces confréries eurent des lieux de réunion, des chapelles particulières, des bannières, des signes de reconnaissance. Une peinture de la chapelle Saint Jean Saint-Paul à Gand a conservé l'image de la bannière de la confrérie de Saint-Sébastien de cette ville, elle était bleue chargée de deux écus d'argent et au-dessous de cinq croisettes d'or; sa forme était celle des bannières des chevaliers du XIIIe siècle, carré long, le côté long tenant à la hampe ; on y voit aussi celle des arbalétriers de Gand qui était blanche à croix bleue.

A Paris les archers formèrent une « confrérie en « l'honneur et louange de Dieu, de la benoiste « Vierge Marie, de monseigneur Saint-Sébastien et « de la célestialle cour et compaignie de Paradis », (Privilèges des gardes de la ville de Paris, Bibl. nat., 0. a.100.)

Sous saint Louis la milice de Paris était divisée en paroisses ayant chacune sa bannière, ce fut sous son règne que le prévôt des marchands, Etienne Boileau, organisa les corps de métier qui eurent aussi leurs bannières. En 1313 cette milice comptait 30,000 hommes à pied et 20,000 à cheval (Monographie delà Ville de Pans, Bibl. nat., L. K. j^-). En 1350, lors de l'entrée du roi Jean à Paris, ces bourgeois et gens

(1) Général Susane, Hist. de Vinf. fr., t. ï, p. 20.

des métiers étaient vêtus de t robes parties de deux tartans de soie », portant chapeaux hauts et aigus mi-partis comme les robes (ibid.).

En 1358, on rencontre pour la première fois îa mention des couleurs de la ville ; lorsque les Parisiens, sous les ordres du prévôt des marchands Etienne Marcel, se révoltèrent contre le Dauphin, duc de Normandie, sous prétexte de réformer les abus du royaume en suivant la direction des Etats généraux réunis à Paris en 1357, ils portaient des chaperons mi-partis bleu et rouge. A ce choix il pouvait y avoir deux raisons : ces couleurs étaient 1° celles de la ville de Paris dans les armes de laquelle figurent le gueules et l'azur ; 2° celles de la branche de Valois montée sur le trône de France en 1328, car les armes de cette branche étaient d'azur semé de fleurs de lis d'or à la bordure de gueules. On voit encore que pendant le règne de Charles V, de 130 i à 1380, les huissiers et sergents royaux étaient vêtus de <( camocas bleu et rouge, » mi-parti.

Le 22 février, le prévôt dos marchands, révoque de Laon, Charles Troussac « et ceulx qui s'entremei-

« toient de la gouvernance de par les trois estas

« vindrent tous armés au palais du roi Àdonc

« ouït grant doubte le duc de Normandie et dis au « prévôt desmarchans : Prévost, sont cil mesennec( mis, ay je garde d'eulx? — Et donc lui dis! le « prevost : Sire, ilz sont yoz bien vueillans, car ilz « ne sont cy venu/ fors que pour vostre profit. — « Et lors lui bailla le prevost son chapperon rouge

« party àïazur Et alors cuidèrenl les gouvor-

« neufs des trois estas avoir paisiblement le gouver-

« nement du royaume de France. » (Chronique des 4 premiers Valois, p. 68.)

Cette scène a beaucoup d'analogie avec celle qui se passa à l'hôtel de ville de Paris, le 17 juillet 1789, lorsque Louis XVI sur sa cocarde blanche ajouta la cocarde bleue et rouge des Parisiens.

Le 9 août 1359 le même Dauphin, régent du royaume, autorisa la formation d'une compagnie de 200 arbalétriers pour la garde de la ville. (Monographie, etc.)

En 1364, à l'entrée de Charles V, « furent les bourgeois de Paris vêtus de vert et de blanc (1). » A la même date à Rouen « furent les bourgeois vêtus de <( robes pareilles de bleu et de tanné. »

En 1380, peu de jours après l'entrée de Charles VI à Paris, il y eut une émeute pour obtenir la suppression de certains impôts, « ceux de Paris amenè- <( rent le prévôt des marchands pour avoir confirma- « tion comme lesdites subventions étaient abattues « et là y avait plus de vingt mille hommes vêtus de « blanc et de vert » (Chr. des 4 premiers Valois, p. 292.)

En 1382 « estoient lesdits bourgeois de Rouen et « moult d'autres de la cité, vêtus de robes de couce leur azurée et de vert dont l'azur estoit à dextre ». (Ibid., p. 300.)

On trouve en 1382, pour la première fois, d'une

(1) Chronique des quatre premiers Valois, publ. par la Société de l'Hist. de France, p. 148, 291, 292.— Cérémonial français, 1649, p. 156. Bibl. nat. L. i. £.

façon à peu près certaine, l'organisation de la milice de Paris en troupes commandées par des quartiniers ayant sous eux des cinquanteniers etdixeniers; cette milice comprenait déjà un corps d'incendie. (Motiogr., p. 49.) Les Parisiens à cette époque imitaient autant qu'ils le pouvaient les bourgeois des villes du Nord, comme dit Froissart, ils prenaient « pied et ordonnance sur les Gantois », et comme eux se révoltaient fréquemment. Une miniature du manuscrit de Froissart de la Bibl. de l'Arsenal représente la rentrée du roi, à Paris, en 1383, après une de ces révoltes, et l'on y voit les armes qui valurent à ces révoltés le nom de Maillotins, ce sont des sortes de petits maillets de fer enmanchés au bout d'épieux courts, ils ressemblent aux masses avec lesquelles on casse les pierres sur les routes ; le Musée de l'artillerie possède plusieurs échantillons de ces maillets.

Le 11 août 1410, Charles VI réduisit à 60 le nombre des hommes que la milice de la ville devait fournir pour la garde du roi; en 1411, il donna des lettres patentes réorganisant la compagnie des arcfa rs qui fut formée à 100 hommes. C'est à cette époque que le comte de Saint-Pol, gouverneur de Paris, forma sous le nom de milice royale le corps des bouchers de Paris, fort de 500 hommes commandés par Legoix, Saint-Yon, etc. Cette troupe portait des chaperons bleus, chargés d'une croix de Saint-André rouqt. En 1413, le blanc fut la couleur adoptée par les séditieux; commandés par Simon Caboche et autres ils allèrent trouver le nouveau prévôt des marchands, André d'Eperneuil, et se firent, malgré lui, remettre « la bannière de la villr qu'on appelait étendard » .

Le 28 avril, Legoix, Denys de Chaumont, Simon Caboche, Jean de Troyes et les révoltés se rendirent au palais, plantèrent l'étendard devant la porte...., le 12 mai les mêmes séditieux, dits chaperons blancs, vinrent « avec une bannière déployée qu'ils appe- « laient étendard (1) » enlever des serviteurs du duc de Guienne et des dames de la reine Isabeau, ils obligèrent le roi à prendre le chaperon blanc et c'est ainsi paré, que Charles VI, accompagné de sa cour, coiffée de même, se rendit au parlement pour faire enregistrer les ordonnances cabochiennes.

En 1437, à l'entrée de Charles VII dans Paris, les archers de la ville portaient des cottes d'armes miparties rouge et bleu. (Le Cérémonial Français, par Godefroi, 1649, p. 654.)

Louis XI favorisa beaucoup le développement de la milice de Paris; lorsqu'il la passa en revue elle comptait 80,000 hommes, tous vêtus de hoquetons ronges à croix blanche, le nombre des bannières était considérable; il y en avait 16 des quartiers, 67 des métiers et celles du Parlement, de la Cour des comptes, des généraux des aides, des officiers de la Monnoie, du Châtelet et de ['Hôtel de Ville (cette der-

(1) Nous n'avons malheureusement pas pu trouver la description de cette bannière, elle était probablement aux armes de la ville : rouge au vaisseau d'argent accompagné de deux fleurs de lis d'or, sur la voile du vaisseau un chef à' azur semé de fleurs de lis d'or, tel était, du moins en 1412, le sceau de la ville (Arch. nat. S. 6-478); queïques années plus tard (1426), le chef d'azur semé de fleurs de lis était en haut de l'écu et non plus sur la voile (ibid. S. 6476), tandis qu'auparavant (1406), il n'y avait aucun chef et le vaisseau était posé sur un fond fleurdelisé (ibid., S. 6478).

nière était probablement l'étendard que le peuple avait été demander au prévôt des marchands en 1413).

En 1473, les archers d'Amiens étaient uniformément vêtus des couleurs rouge et bleu de la ville.

En 1498, lorsque le 2 juillet Louis XII fit son entrée, les archers de la ville de Paris portaient des hoquetons argentés et brodés en or devant et derrière avec la devise : Paris sans pair ; le guet à cheval avait des hoquetons argentés, chargés d'une étoile ou soleil d'or. (Le Cérémonial, p. 238.) En 1515, à l'entrée de François Ier, figurent les archers avec hoquetons d'orfèvrerie brodés d'une nef d'argent et 60 hommes du guet de la ville avec hoquetons d'orfèvrerie et leur enseigne chargée d'une étoile d'or (Ibid.,

En 1523, François Ier ajouta une compagnie de hacquebuliers aux deux compagnies d'archers et d'arbalétriers des gardes de la ville, (Monographie etc.) Le 16 mars 1530, pour l'entrée de la reine Eléonore, Paris mit sur pied 1000 hommes armés de piques, hallebardes ou haquebutes vêtus de noir, blanc et jaune aux couleurs de la reine et coiffés de bonnets emplumés des mêmes couleurs ; 100 enfants de la ville à chvral avec casaques de velours aux mêmes couleurs étaient commandés par un capitaine accompagné de son enseigne. {Cérémonial, p. 797.)

La même reine lit son entrée le 27 mai 1533, à Lyon, là les enfants de la ville étaient vêtus de rouge el de blanc aux couleurs de Lyon avec une manche noire, blanche et jaune aux couleurs de la reine. Leur enseigne (Mail i blanche à un lion de gueule

dit le Cérémonial, p. 805. (Nous croyons plutôt que ces deux couleurs étaient en ordre inverse.)

Le 23 septembre 1548, à l'entrée de Henri II et de Catherine de Médicis, les archers de Lyon étaient vêtus de drap vert, par-dessus les manches de mailles était une manche blanche et verte aux couleurs de la reine ainsi que la bordure de la saye ; les haquebutiers étaient vêtus de blanc et noir, couleurs du roi, ils avaient collet et chausses de velours noir à boutons d'or, pourpoint de satin blanc, morions dorés avec panache blanc et noir, « leur enseigne portait au milieu les armes de la ville », de gueules au lion d'argent. (Ibid., p. 823.)

En 1548, lors de l'entrée de Henri II à Paris, les sergents à cheval de la ville, marchant avec enseigne et guidon, portaient une manche des couleurs du roi. (/ôk,p. 861) (1).

En 1566, Charles IX reconstitua les trois compagnies des archers, arbalétriers et haquebutiers de la garde de Paris, il leur donna à toutes les trois des arquebuses . (Monographie . )

En 1571, il y eut deux entrées solennelles à Paris : celle de Charles IX et celle de la reine Elisabeth d'Autriche; elles n'offrent entre elles que peu de différences. On y voit paraître les 16 quarteniers vêtus de damas noir, 150 serments à cheval à vêtements mipartis rouge et bleu, un navire d'argent brodé sur

(1) Une miniature de cette époque représente le greffe de la prévôté des marchands de Paris ; on y voit des sergents à verge vêtus de bleu et de rouge avec un vaisseau d'argent brodé sur la manche.

la manche gauche ; 1800 hommes des gens de pied de la ville marchant par 7 de front en 3 bandes, la lre ayant chausses et pourpoints blancs bandés de velours rouge avec écharpe de taffetas gris; la 2e chausses et pourpoints gris bandés de velours rouge avec écharpe blanche ; la 3e chausses et pourpoints rouges bandés de velours blanc avec écharpes grises, 100 arquebusiers à cheval marchant par 3 ayant manche de mailles, une longue arquebuse à l'arçon, le feu à la main ; 100 archers à cheval avec 2 pistolets à l'arçon; 100 arbalétriers à cheval, ces 3 compagnies avec enseignes déployées, ayant sur leurs vêtements les armes de la ville, leur coiffure était un chapeau de velours noir garni de pennaches des couleurs du roi : bleu, blanc, incarnat. (Bibl. nat., Est. P. d. 26 et 27. Le Cérémonial, p. 519.)

Lorsque, le 24 juillet 1573, le duc d'Anjou, élu roi de Pologne (depuis Henri III) fit son entrée à Orléans, les & enfants de la ville » étaient en « palto » de velours vert, pourpoint de satin blanc doublé de taffetas jaune, leur guidon portait pour devise : Non erunt honores unquam fortuiti muneris; les archers du guet de la ville avaient mandille violette à une étoile orangée ; 500 archers de la ville portaient des vêtements jaune et rouge chargés des armes do la ville : 3 fleurs de lis et 3 cœurs au-dessous. {Cérémonial, p. 919.)

En 1589, les seize quartiniers de Paris prenant la direction de la ligue et le commandement dans Paris et ses dépendances organisèrent en une vraie année de 8,000 hommes de pied et 1,800 cavaliers environ. la milice de Paris, dont le si^ne de ralliement fut

l'écharpe noire et qui eut des enseignes noires chargées de double croix, dites de Lorraine. En 1590 et 1591 elle devint plus considérable et fut sous les ordres d'un colonel général qui eut cornette blanche (1). Le 14 mai 1590 il y eut un enrôlement général de tous les habitants de la ville, à cette occasion fut faite une procession, reproduite par des gravures bien connues, et où Ton portait un étendard chargé d'un saint Michel, d'une croix et d'une ancre : c'est une enseigne fendue en deux pointes, sa couleur n'est pas indiquée dans les récits du temps. Il serait difficile de dire quel était le costume de la milice de Paris à cette époque, on sait seulement que la garde qu'elle fournissait au gouverneur Brissac avait des casaques de drap jaune à double croix blanche.

En 1596, à l'entrée d'Henry IV à Rouen, figurent les harquebusiers de la ville avec pourpoints de damas incarnat, chausses de velours vert ; les mousquetaires de la ville avec pourpoint de toile blanche, mandille de velours vert, doublée de taffetas incarnat, chausses de taffetas gris, bas incarnat ; 50 hommes d'armes de la ville vêtus de velours vert, portant des pana ches des couleurs de Sa Majesté et des écharpes blanches frangées d'or ; leurs enseignes, guidons et banderoles des couleurs de Sa Majesté portant ses armoiries et celles de la ville ; les chevaux ayant sur

(4) On écrivit alors plusieurs ouvrages pour l'instruction et l'organisation de « l'armée catholique », par exemple : la Nouvelle milice française, par le sieur de Picaine, 1590, chez l'imprimeur delà Sainte-Union; dédiée au duc de Mayenne (Bibl. nat. R. —, ~ ),

la tête des panaches gris, blancs et verts. (Cérémonial, p. 948.)

Les sergents de la justice royale à cette entrée avaient un guidon où étaient l'image de saint Louis et des fleurs de lis sur fond blanc.

Dans une gravure du temps (Bibl. nat., Collection Hennin, t. XII) on voit en tête du cortège de Henri IV, lors de son entrée à Lyon en 1598, un nombre considérable d'enseignes offrant les dessins les plus variés, quelques-unes peuvent appartenir à. l'armée, mais plusieurs sont certainement des enseignes de la milice de Lyon, l'une porte le lion, armes de la ville, une autre sur un fond bandé, une fasce chargée des lettres S. P. Q. L., initiales de Senatus popuhuque Lugdunensis.

En 1603, h l'entrée de Henri IV à Metz, figurèrent : 1 compagnie de chevau-légers delà ville, vêtus de casaques de velours noir et satin blanc, couleurs de la ville, avec panaches blancs et écharpes blanches semées de fleurs de lis, ayant un guidon blanc fendu en deux pointes chargé des armes de Metz qui sont parties d'argent et de sable ; la cornette de Henri de (iuerlange de damas noir à croix de satin blanc fleurdelisée avec franges de soie blanche et noire : la compagnie des enfants de la ville en blanc et noir avec une enseigne blanche semée de fleurs de lis et de dauphins; une enseigne portant les armes de France et Navarre et celles de Metz, entre les deux écus un autel allumé et un personnage tenant une main sur la flamme et l'autre en l'air, le tout surmonté d'une devise: ce doit être l'enseigne de la 4e ou de la 5* compagnie des gens de pied de la ville, amant qu'on

peut en conclure de la liste suivante des devises qui étaient sur les enseignes de ces compagnies.

lre compagnie : Tandem bona causa triumphat. 2e — : Adversis clarius ardet.

3e — : Où justice veut le fer pénètre. 4e — : Pour servir loyaument volontiers me consume.

5e — : A l'espreuve est qui s'arme de vertu. 6e — : Une croix blanche sans devise (le fond était probablement noir).

■ : Au milieu des périls sa présence reluit. Dieu est mon fort.

Douce est la peine où gloire s'acquiert. In honorem régis.

« Une croix française au milieu » (1) (probablement fond noir à croix blanche fleurdelisée).

Lorsque Louis XIII revint à Paris en 1628, après la prise de la Rochelle, la ville lui fit une réception où la milice fut commandée par le président de Chevry, « colonel général pour la conduite de toutes ses troupes », en tête desquelles était le sieur de La Place, enseigne colonelle avec 150 hommes vêtus de chausses écarlates et pourpoints de satin blanc avec bandoulière blanche. (Cérémonial, p. 995 et Bibl. nat., Est. P. d. 37.)

En 1650, un arrêté du prévôt des marchands dé-

fi) Bibl. nat., Est. P. d. 36, Voyage du Roi à Metz, par Fabert, 1610, dédié au duc d'Epernon, gouverneur. Ibid., Collection Hennin, t. xiii. Il est à regretter que les emblèmes n'y soient pas donnés comme les devises.

cida qu'en cas qu'il meure enseigne, cornette ou guidon des gardes de la ville de Paris, « incontinent « après que ledit officier aura été mis en terre, le « drapeau du défunt sera porté au logis du colonel « jusqu'à ce qu'il soit pourvu d'un autre officier » , (Privilèges des gardes.)

En 1660 l'entrée à Paris de Louis XIV et de Marie Thérèse, après leur mariage, donna lieu à des fêtes superbes dont on a des descriptions très-détaillées, nous en extrairons ce qui est relatif aux troupes de la ville. Archers de la ville à cheval, portant casaques bleues galonnées d'argent avec armes de la ville devant et derrière, cravates d'un ruban couleur de feu, plumes blanches au chapeau. Ils avaient 3 cornettes et 3 guidons dont ne sont indiqués ni les couleurs, ni les emblèmes (1). 50 gardes du gouverneur à bandoulières de velours jaune, casaques jaunes doublées de vert avec galons de velours rouge, blanc et ?ert, couleurs du duc de Bournonville, gouverneur. 100 archers du guet en hoquetons bleus semés dï/ Les divers métiers avec leurs enseignes, les tailleurs formant une compagnie à cheval, sous M. de Rions, procureur au Chàtelet, richement vêtue, ayant plumes et rubans incarnats, blancs et bleue et une enseigne blanche semée de fleurs de lis avec les portraits en buste du roi et de la reine et la devise : Àmor nobis pacem intulit, hélium nobis attulit pacem. — Trois jours

(1) Il est également regrettable de no pouvoir reconnaître les couleurs des bannières flottant sur le \aisxMn de la ville, qui figura

dans ses l'êtes, elles sont à 3 bandes, mais on ne peut déterminer

si elles portaient les couleurs du roi ou celles de la ville.

avant l'entrée, le 23 août, le roi passa en revue, entre le bois de Vincennes et Paris, les « 16 colonelles » de la milice de la ville, comprenant 148 compagnies.

lre. « La colonnelle de M. de Sève, sous Tronçon, (( lieutenant-colonel et Bourlon, 1er capitaine, « laquelle, comme étant sous le plus ancien colonel « et, par cette raison, portait seule le drapeau blanc et « avait dans la même vue pris pourpoints, plumes et « rubans blancs qu'elle coupa seulement d'un ruban « vert en faveur de son colonel, qui de tout temps, « porte cette livrée, » comprenant 16 compagnies.

Dans les autres colonelles chacun était richement vêtu à sa guise, il n'y avait d'uniformité que dans les plumes, rubans et écharpes dont les couleurs suivent :

2e. M. de Lamoignon; blanc et incarnat; 9 compagnies.

3e. M. d'Estampes ; vert, aurore et gris de lin ; 6 compagnies.

4e. M. Tibeuf ; blanc et citron ; 7 compagnies.

5e. M. de Longueil ; jaune et gris de lin ; 4 compagnies.

6e. M. Boucher ; vert et rose ; 7e compagnies.

7e. M. Guénégaud; blanc, orangé et vert, 9 compagnies.

8e. M. de Vauroy; Isabelle, bleu et noir; 16 compagnies.

9e. M. de Bragelonne ; vert, blanc et gris de lin ; 7 compagnies.

10e. M. Coulon; blanc et bleu; 6 compagnies.

11 e. M. Prévôt de Saint-Germain ; rose, blanc et vert; M compagnies.

12e. M. Ladvocat; vert; 13 compagnies.

13e. M. Scarron; vert, incarnat et gris de lin ; G compagnies.

■ 14e. M. Lallemand; vert, blanc et gris de lin, 16 compagnies.

15e. M. Girard; bleu et isabelle ; 4 compagnies.

16e. M. d'Aligre ; bleu ; 11 compagnies.

Lors du voyage de Louis XV à Strasbourg, en 1744, les enseignes des troupes de cette ville étaient blanches, d'un côté semées de fleurs de lis d'or, de l'autre chargées d'une broderie représentant la Sainte- Vierge tenant l'enfant Jésus, avec les armes de la ville dans les angles. Cette ville et république avait en outre une bannière qui fut détruite lors du pillage de l'hôtel de ville de Strasbourg, en 1789. Un dessin de M. Féart, dans le Magasin Pittoresque, en donne la reproduction d'après un tableau qui a été incendié par le bombardement du 24 août 1870. Il en existe aussi une chromolithographie, par Silbermann.

La milice ou garde bourgeoise à Paris tomba en désuétude lorsqu'on 1688 on forma 35 régiments de miliciens dont une partie fut envoyée aux armées (1), il resta néanmoins à Paris 4 compagnies anciennes

(1) Après la formation des bandes d'infanterie permanente par Louis XI, les milices ou gardes douj mtinuèrent

encore à figurer souvent mu- Les champs de bataille a coté dos troupes soldées; ainsi, les archives d'Êta4 à Turin possèdent 1«' du guidon des archers de Sainte-Christine de Saint* Quentin, guidon pris par les troupes du duc Philibert-Emmanuel de Savoie lors de la victoire qu'il remporta près de Saint-Quentin «mi 1557.

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