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‘ Evèché des Trois-Rivières, 11 février 1897.
‘ Bien chers Coopérateurs,
‘ À lasuite de tous mes vénérés collègues dans l’épiscopat, je viens aujourd’hui faire appel à votre charité en faveur des infortunés catholiques du Manitoba, et vous faire connaître bien clairement et bien nettement le jugement que je porte, et que tout catholique doit porter, sur le prétendu règlement relatif à la question des écoles du Manitoba, passé entre les représentants du gouvernement central d'Ottawa et le gouvernement local du Manitoba.
‘ Je n'hésite pas À vous dire, comme vient de de lécrire Mgr l’évêque de Rimouski, que ce règlement n’est qu’un sacrifice sans compensation acceptable des droits et des intérêts de nos coreligionnaires de cette province, ce n’est qu'une lâche et honteuse capitulation accomplie à l’insu des intéressés, dans l’ombre et le secret, qu’il est de notre devoir de réprouver entièrement, et contre laquelle nous devons protester énergiquement. ‘ C’est pourquoi lintrépide archevêque de St-Boniface, dit le même prélat, s’est empressé de protester comme il devait contre ce scandale sans pareil Gans les annales
de notre histoire. Fort de l’appui du St-Siège qui ne peut faillir, et de la sanction du plus haut tribunal de l’empire de Notre Gracieuse Souveraine, il l’a réprouvé au nom du droit civil, ecclésiastique et divin, il l’a flétri autant qu’il le pouvait, avec la dignité et l’autorité de sa charge de premier pasteur des hommes dans son diocèse. Et pour vous convaincre que cet acte solennel et rigoureux de son ministère socré n’a été dicté à ce vénérable prélat que par l’extrême gravité de ses responsabilités devant Dieu et devant les hommes, qu’il me suflise d'attirer votre attention sur le fait que le prétendu règlement de la question des écoles du Manitoba ne comporte autre chose en définitive que la criminelle sanction de l’établissement, pour les catholiques de cette province, d'écoles reutres que la sainte Eglise a toujours répudiées ct condaranées.” Voici, en effet, ce que dit Léon XIII dans son Encyclique au peuple français, du 8 février 1884 :
‘ L'Eglise qui garde et défend l'intégrité de la foi, l'Eglise qui en vertu de l'autorité qu’elle tient de Dieu, son fondateur, doit appeler aux bienfaits de la civilisation chrétienne toutes les nations, et qui, par suite, doit attentivement surveiller linstruction et l’éducation des enfants qui sont placés par le béptème sous sa
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puissance, a toujours formellement condamné les écoles appelées mittes ou neutres; elle a maintes et maintes fois averti les parents d’avoir à demeurer, sur ce point si essentiel, tou-
jours vigilants. En obéissant en cela à l’Eglise, on obéit en même temps à l’utilité sociale, on
pourvoit excellemment à l’intérêt commun.”
Mgr l’archevèque de St-Boniface a donc accompli un devoir sacré en condamnant, comme il l’a fait, ce prétendu règlement qui fait de ces écoles catholiques des écoles neutres pour ne pas dire athées. Ainsi je n’hésite pas un instant comme mes vénérables collègues à le réprouver moi-même absolument, et j'ajoute avec Mgr Bégin, Archevêque de Cyrène, administrateur de Québec, ‘“ qu'aucun évêque ne veut et ne peut approuver le soi-disant règlement de la question scolaire manitobaine qui ne repose, en défin‘tive, que sur un abandon injustifiable des droits les mieux établis st les plus sacrés dg la minorité catholique. ”?
(i)—La circulaire du Vicaire Capitulaire du diocèse de Montréal :
‘6 Messieurs,
Tardivement déjà, j’accomplis une des dernières volontés de notre regretté Mgr Fabre,
42 LES DROITS DE L'EGLISE en faisant appel à votre charité en faveur des écoles catholiques du Manitoba.
Vous savez tous que Monseigneur de St- Boniface n’a pu accepter le prétendu règlement de la question des écoles de son diocèse, et se trouve ainsi sans ressources pour le soutien de ces écoles. Mais on dira peut-être : “% Monsei- ‘ gneur à bien tort de refuser un arrangement ‘ qui lui assurerait de l’argent au lieu qu’il se ‘* condamne à ne compter que sur la charité. ”
La réponse à cette question est renfermée dans le ‘ non possumus ” des apôtres, qui a toujours été la devise de l'Eglise. Rappelonsnous tous les efforts tentés et l’or offert en abondance à Notre Saint Père Pie IX par les spoliateurs de l'Eglise. Ce grand pape s’est condamné à la pauvreté ; il à condamné ses successeurs au même sort pour tout le temps que l'injustice lemportera sur le droit, plutôt qu'accepter l’or qu’il ne pouvait recevoir sans trahison. Après les apôtres, les papes ct les grands évêques, Monseigneur de St-Boniface prouvera que l'Eglise est toujours et partout la . même.”
(j) NN.SS. les Evêques de Cythère et de Valleyfield ont aussi émané des circulaires demandant des secours pour le maintien des écoles catholiques du Manitoba, indiquant par
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DANS LA QUESTION MANITOBAINE 45 NE A là qu’ils ne peuvent approuver le règlement en question, parce qu’il est insuffisant et inacceptable,
Ce sont Iles expressions mêmes de Mgr laflèche dans la récente circulaire qu'il a adressée À son peuple lors de l'élection de Champlain.
En face de ces condamnations multiples un catholique n’a qu’une chose à faire : suivre la direction donnée par l'Eglise.
Sil est député, il doit voter contre le com promis Laurier-Greenway ; sil est électeur,
contre tout candidat qui accepte ce compromis
désastreux et déshonorant pour quiconque est catholique et eanadien-franeais.
JUSTTTTA.
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Pu pouvoir inhérent à toute Société d'après le “ Droit naturel ” PT A La Société religieuse et la Société CV DIO qe Les rar ports qui peuvent exister entre ces deux DOCLÉTÉS. cs. TP ie Quel est le devoir du citoyen catholique qui est à Ja fois membre de la Société civile et membre de la Sociétéreligieuse quand ces deux sociétés sont d'accord ou en conflict. RP Aer Le devoir d'obéir est corrélatif au droit de comni
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Juridiction de l'Eglise sur les matières politico- -
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