LES EMPLOIS DU CAPITAL
Suivant quelle proportion? — C'est ce qu'il est impossible d'énoncer dans une formule générale, l'importance relative du travail actuel, de l'emplacement fourni par la nature et du travail antérieur capitalisé différant du tout au tout d'un produit à l'autre.
De quelle manière la répartition peut-elle être effectuée? — Partager le produit créé suivant la proportion convenue est le procédé le plus naturel ; il est employé fréquemment dans l'agriculture et dans quelques autres industries, telles que la pêche maritime. C'est le contrat de métayage, où les deux parties courent ensemble les mêmes risques. — Celui qui a besoin d'un revenu fixe et qui cherche la tranquillité préférera louer son bien pour un prix déterminé d'avance, en laissant à son fermier les chances de profit et de perte. — Celui qui ne redoute pas ces chances, et qui veut augmenter le produit de son propre travail en l'appliquant au travail d'autrui, se procu-
rera des ouvriers moyennant un salaire à tant la pièce, l'heure, le jour ou l'année, il leur assignera leur besogne, dont il fera siens tous les produits. Ces trois formes de répartition sont également légitimes, pourvu que les contractants soient libres, non par façon de parler mais réellement.
De nos jours, toute la production industrielle proprement dite et le gros du travail agricole dans les pays de grande propriété s'effectuent, moyennant un salaire fixe, par des ouvriers qui n'ont aucun intérêt direct au produit. Le défaut de ce procédé, d'ailleurs fort commode, c'est l'opposition d'intérêts qu'il établit entre les deux agents de la production, l'ouvrier trouvant son compte à donner le moins possible de luimême en échange du prix qu'il reçoit, le patron, à tirer de l'ouvrier le plus possible