‹ Les droits de l'humanitéChapitre 68 sur 74 · GUERRE NÉGATION DU DROIT · texte numérisé non relu

GUERRE NÉGATION DU DROIT

les neutres et la procédure, la guerre est la négation du droit. Affirmer la nécessité de la guerre, prôner la guerre comme une école de vertu, c'est dissimuler sous un préjugé le plus naïf des sophismes : Que les vertus militaires soient indispensables au succès des opérations militaires, nul ne songe assurément à le contester, mais qu'ordonner sans avoir à fournir ses raisons, qu'obéir sans contrôler les ordres reçus soient les meilleurs procédés pour développer les sentiments moraux et pour former des hommes libres, c'est ce qu'il sera certainement moins aisé d'établir. Dans la société la plus pacifique, il ne manquerait pas d'occasions démontrer du courage et de risquer sa vie. Et le fait de risquer sa vie n'a par lui-même aucune valeur ; c'est la chose du monde la plus ordinaire pour ceux aux yeux desquels la vie a peu de prix : on le voit assez par l'incurable imprudence de nos ouvriers. Le mépris de la vie, à le con-

sidérer en lui-même serait plus près du vice que de la vertu ; tout dépend du but auquel on la sacrifie: ceux qui la donnent pour sauver celle d'autrui sont des héros; ceux qui la donnent pour mettre un ruban sur la poitrine de leur capitaine, pour faire obtenir une dotation à leur général, pour ajouteraux sujets du roi leur maître un peuple qui abhorre sa domination ne nous semblent que des niais, sinon des victimes.

Ce sont là des lieux communs sans doute, des banalités, qu'il faudra répéter souvent encore et qui pourtant font leur chemin. La conscience publique se prononce de plus en plus en faveur de la paix perpétuelle, même dans les pays où l'intérêt des classes dominantes étouffe sa voix. Malgré des reculs brusques et douloureux, causés toujours par l'intérêt particulier des individus ou des groupes en possession du pouvoir, l'histoire marche vers la paix. A l'origine des peuples modernes, la souveraineté se

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