‹ Les droits de l'humanitéChapitre 69 sur 74 · GUERRE NÉGATION DU DROIT · texte numérisé non relu

GUERRE NÉGATION DU DROIT

confondait avec la propriété du sol et le droit de guerre appartenait à tout homme libre. Les vassaux ont été réduits à la sujétion par l'interdiction des guerres privées et l'Etat moderne s'est constitué. Le nombre des Etats souverains, réduit autrefois par des mariages entre familles régnantes, tend constamment à décroître par la fédération et par la conquête. Malgré les souffrances passagères, souvent bien cruelles, qu'entraîne ce travail déconcentration, malgré des inconvénients permanents qu'on ne saurait méconnaître, ce mouvement constitue un progrès à bien des égards. Cependant, si, depuis quelque temps déjà, les inconvénients semblent en surpasser les avantages, c'est que la direction du mouvement est défectueuse, c'est que l'idéal véritable est à côté.

La raison d'être de l'Etat est de faire régner la paix entre les ressortissants du territoire ; mais l'indépendance respective

des Etats s'affirme par le droit de guerre, c'est le sceau de la souveraineté, le joyau le plus précieux des vraies couronnes. Ainsi la pluralité des Etats souverains est, de nature, en opposition diamétrale avec la raison d'être de l'Etat.

Il ne fautpoints'en étonner, ce n'estqu'un exemple des contradictions qui forment le tissu de notre existence. L'Etat unique, où l'humanité ne formerait qu'une société soumise à la même loi de contrainte, serait une autre contradiction, pratiquement plus fâcheuse encore. La liberté des citoyens est en effet la raison d'être des gouvernements ; tandis que, monarchie ou république, l'Etat universel ne pourrait évidemment se maintenir sans exercer une compression rigoureuse, sans user largement des moyens préventifs et sans imposer aux diversités nationales des sacrifices très douloureux.

Aujourd'hui déjà bien des Etats trop petits pour jouir d'une pleine sécurité, sont néan-

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