‹ Les droits de la pensée; questions de presse: 1830-1864Chapitre 112 sur 156 · LA CONDAMNATION DE LA LIBERTÉ · texte numérisé non relu

LA CONDAMNATION DE LA LIBERTÉ

4" février 4850.

La Gazette des Tribunaux, le Droit, la Voix du Peuple, la République, le Siècle, le Journal des Débats, V Evénement, la Presse reproduisent l'article condamné par le jury, et qui avait paru le 20 novembre 1849 dans la Liberté.

Cet article, entièrement oublié, avait été tiré à 12,000 exemplaires ; grâce aux poursuites du parquet, il aura été tiré à 140,000 exemplaires; ce qui n'empêche pas V Univers de poursuivre sa thèse en faveur des lois répressives en matière de prétendus crimes et délits de la parole et de la presse.

Nous avions espéré que le procès qui nous avait été in-

(enté serait le dernier procès de presse. Nous Pavions espéré, surtout, dans l'intérêt de la Justice, dans l'intérêt de la Magistrature ; il en eût été ainsi, nous n'en doutons pas, si le jury qui avait acquitté la Gazette de France et la Presse eût également acquitté la Liberté, ce journal que son dévouement à l'idée napoléonienne avait fait suspendre le 24 juin 1848, à l'époque où il se tirait à plus de cent mille exemplaires.

C'est à ce point de vue, surtout, que la condamnation de la Liberté nous paraît regrettable : le parquet était découragé, il va reprendre courage et multiplier plus que jamais les saisies et les poursuites.

C'est donc le cas de rappeler ce qu'écrivait Paul-Louis Courier en 1825 : '

' « Cette exubérance de poursuites, cette succession d'attaques, cette guerre déclarée par le ministère public à la partie la plus éclairée de la nation française révèle nécessairement une erreur fondamentale dans les doctrines de l'accusation. Lorsqu'on dépit des persécutions, des amendes, des emprisonnements, les meilleurs esprits s'obstinent à comprendre la loi dans un sens opposé au pouvoir Sii les accuse, il est évident que ce pouvoir entend mal la loi et se it illusion par un faux système. Cette erreur consiste à considérer comme coupable, non ce qui est Qualifié délit par la loi, mais ce qui déplait aux organes de l'accusation, sans réfléchir que la liberté di

LA PRESSE If'EST PAS LA LIBERTÉ DE DIRE CB QU'IL PLAIT AU POUVOIR, MAIS CE QUI PB0T LUI DÉPLAIRE. »

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