‹ Les droits de la pensée; questions de presse: 1830-1864Chapitre 20 sur 156 · SS · texte numérisé non relu

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furent vivement réclamées et enfin obtenues, au moyen de chiffres singulièrement exagérés de la part de ces gérants ; mais de la presse utile et à bon marché, il n'en eût pas été question si une seule personne, dont le nom est cité dans le rapport de M. le duc de Broglie (Moniteur du 4 décembre 1830), n'en eût dès cette époque pris la défense dans une note imprimée et distribuée aux deux Chambres sous le titre

de LÉGISLATION TRANSITOIRE DE LA PRESSE.

Les idées contenues dans cette note n'ayant pas reçu en décembre 1830 la sanction législative, l'auteur, qui depuis longtemps se livrait à l'étude de la presse à bon marché, comme étant — après l'instruction primaire — le moyen le plus actif de moralisation populaire ; comme étant l'instrument le plus nécessaire de tous ceux inventés par l'agriculture rationnelle, le plus utile de tous les procédés industriels, la plus abondante source de richesse publique, la base la plus solide d'un gouvernement représentatif ; comme étant enfin le complément indispensable de l'exercice des droits électoraux ; l'auteur de la note ne se découragea pas : il fit plus tard auprès de M. Casimir Perier, président du conseil^ à l'effet d'obtenir en faveur de la presse une constitution moins fiscale ', des tentatives réitérées qui furent vaines; enfin, malgré l'état vicieux de la législation de la presse périodique et l'état arriéré de l'instruction primaire, il entreprit seul de réaliser les vœux exprimés par MM. Benjamin Constant, Guizot, de Cormenin, vœux dont personne n'avait encore osé aborder l'exécution.

Le Journal des Connaissances utiles parut.

Ce recueil ne devait d'abord être, dans la pensée de son fondateur, que le premier degré d'un système unitaire de publicité qu'il concevait plus vaste et plus complet, puisqu'à la publication du Journal des Connaissances utiles devait se rattacher celle de plusieurs recueils spéciaux et celle d'un journal quotidien pareil, pour le format, au Constitutionnel, mais ne coûtant que 40 francs par année.

* Le projet qu'il lui soumit régularisait l'action de la presse périodique, sans l'entraver, en la décentralisant ; — il constituait une grande et utile publicité, neutralisait toute polémique injuste et acerbe, et donnait au gouvernement l'appui d un journal politique quotidien, national et non ministériel, comptant cent mille abonnés et peut-être plus... M. Casimir Perier n'ayant pas adopté cette idée, c'est un mois après que l'essai, réduit à d'autres proportions, s'en fit — avec le succès prévu — sous une autre forme et sous le titre de Journal des Connaissances utiles.

Le devis des frais, les moyens d'exécution, le titre môme étaient arrêtés.

Il devait s'appeler :

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