FRANCS LA FEUILLE UN SOU
suffirait pour rendre facile et certain un succès immense et durable.
Comment une telle librairie, pour laquelle il n'y aurait qu'à choisir un commis actif, fidèle, qui se mît en rapport avec tous les libraires des départements et tous les colporteurs des campagnes ; comment une telle librairie, si facile à établir, n'existe-t-elle pas déjà? — Pourquoi ne pas s'empresser de la créer? Cent mille francs sont-ils donc si difficiles
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à trouver chez les cent personnes auxquelles une révolulion pourrait faire perdre un milliard?
28 mars 4849.
Nous ne sommes pas favorable, ni en principe ni en fait, aux coalitions politiques, parce qu'elles ne servent jamais qu'à rendre plus malfaisante l'activité des intrigues et plus épaisse l'obscurité des situations, qu'à fausser les opinions, qu'à ternir les drapeaux, qu'à compliquer les difficultés; mais cette conviction n'a pas le pouvoir de nous rendre injuste. Aussi nous empresserons-nous de prêter le concours de notre publicité à la souscription que la Réunion de la rue de Poitiers vient d'ouvrir. Bien qu'un peu tardive, cette souscription n'en mérite pas moins d'être encouragée. Des idées fausses sont émises, combattez-les par des idéesjustes. C'est ainsi que nous comprenons la guerre des idées, c'est ainsi que nous l'avons toujours comprise. Propagation contre propagation, mais plus de compression! Un parti fait de grands efforts pour répandre ses doctrines et recruter des adeptes, faites des efforts et des sacrifices plus grands que les siens. C'est ainsi qu'aux Etats-Unis d'innombrables sectes luttent entre elles d'efforts et de sacrifices.
Trop longtemps on a tardé à entrer dans cette voie , la seule bonne, la seule qui conduise sûrement à la liberté par la vérité, et à la vérité par la liberté. Trop longtemps, en France, on a compté sur la vigilance des parquets et sur l'efficacité de la répression judiciaire. Trop longtemps on a cru qu'il suffisait pour étouffer l'idée, la doctrine, l'erreur, de condamner le livre, le journal, l'auteur. Il paraît que l'on commence enfin à s'apercevoir de cette méprise funeste, et qu'on veut essayer delà réparer. Il n'a pas dépendu de nous qu'on ne le ftt plus tôt. Quand nous avons demandé, en 1840, à l'occasion des poursuites dirigées contre MM. Lamennais et Thoré, que l'on combattit des doctrines perverses par des publications utiles, on nous a laissé crier dans le désert; nous ne ferons pas ce qu'on a fait. Il s'agit de rendre fécond le champ de la discussion ; une souscription est ouverte, la Presse s'inscrit pour 1 ,000 francs.
Voici l'appel auquel nous répondons :
u COMITÉ ÉLECTORAL DE LA RUE DE POITIERS.
» Le Comité électoral de la rue de Poitiers, en commençant ses travail*, a dû porter ses regards sur l'état du pays et sur les efforts qui
sont faits chaque jour pour propager au seio des populations laborieuses les doctrines les plus perverses. Le Comité a vu bientôt que ces efforts étaient considérables, et qu'en signalant dans son mani Teste les dangers qui menacent la société, il n'avait rien exagéré. 11 a vu que des associations fortement organisées cherchaient à s étendre sur la France entière, et travaillaient activement à soulever contre l'ordre social toutes les passions et toutes les souffrances.
» Il a vu que la propagande démocratique et sociale venait en aide à ces associations, en jetant non-seulement dans les ateliers des villes, mais au milieu des campagnes, une grande masse des écrits les plus propres à, égarer, a enflammer, à corrompre les esprits. 11 a vu que pour atteindre ce but tous les moyens paraissaient bons, et que récemment un comité avait été jusqu'à s'adresser directement aux instituteurs primaires, en sollicitant leur concours ; il a vu enfin qu'à Paris et dans les départements des souscriptions étaient ouvertes pour distribuer gratuitement ou à très-bas prix des journaux et des brochures incendiaires.
» En présence de tels faits, le Comité a dû se demander s'il était permis aux honnêtes gens, aux bons citoyens, de rester inactifs ; ou tien si ce n'était pas pour eux, à la veille surtout des élections, un devoir rigoureux d'accepter la lutte et d opposer à la propagande du désordre et de la destruction la propagande de la conservation et de l'ordre. 11 est inutile de dire qu'une fois la question posée, elle a été facilement résolue. Le Comité pense donc qu'il n'y a plus de temps à perdre, et qu'il est indispensable, urgent, d'organiser un système de
{mblications à bon marché, pour faire comprendre aux populations aborleuses dans quel abîme de misère et d'immoralité les doctrines dites socialistes tendent à les précipiter.
» 11 pense que si ces doctrines ne trouvaient point dans des idées plus saines leur correctif et leur contre-poison, il serait à craindre qu'un jour elles ne finissent par envahir les esprits et pervertir l'opinion publique. Le Comité ne peut d'ailleurs supposer que la cause du désordre soit la seule qui obtienne des sacrifices, et que les défenseurs de la société se montrent moins disposés que ses adversaires à faire pour la propagation de leurs principes quelques sacrifices personnels.
» Deux fois, depuis un an, le vote universel a sauvé la France; mais, pour qu il la sauve encore, il a besoin d'être sans cesse éclairé, sans cesse mis en garde contre ceux qui, par les sophismes les plus perfides, s'efforcent de le surprendre. Méconnaître cette nécessité, ce serait méconnaître la première condition du régime actuel et courir aux catastrophes.
» Soutenu par les sympathies qu'il a déjà rencontrées, le Comité électoral de la rue de Poitiers croit donc rester fidèle à son mandat en faisant aujourd'hui appel à tous ceux qui, partageant ses opinions et ses craintes, voudront lut confier la mission d'arrêter les ravages de la presse socialiste. Selon que cet appel sera plus ou moins entendu, le Comité donnera plus ou moins d'extension a ses projets, et son action se mesurera sur les ressources dont il pourra disposer. Le Comité e9t d'ailleurs résolu à encourager, à favoriser, soit a Paris, soit dans les départements, toutes les combinaisons qui naîtraient de la même pensée et qui tendraient au même but. Pour une œuvre si grande et si difficile, ce n'est pas trop du concours de tous les dévouements, de toutes les intelligences, et l'honneur de donner un exemple utile est le seul que revendique le Comité.
» La souscription est ouverte au secrétariat du Comité, rue Saint- Honoré, 352. »
34 mars 1849.
La Réunion de la rue de Poitiers a ouvert une souscription à l'effet d'organiser les moyens de combattre l'influence exercée par des écrits qui s'adressent aux passions plus qu'aux idées, qui montrent le mal, mais ne montrent pas le remède, et qui, en exagérant la souffrance, l'aggravent et l'enveniment.
La Presse a souscrit pour 1 ,000 francs.
Cette souscription de la Presse est attaquée ce matin par deux journaux, la République et la Liberté.
La République nous interpelle en ces termes :
a Vous, monsieur de Girardin, qui venez apporter votre offrande à cette œuvre d'éteignoir, quelle pensée vous anime? Sans doute, vous avez raison en éloignant la persécution pour y substituer la lutte des idées. Mais était-ce bien à la rue de Poitiers que vous deviez porter votre appui et vos mille francs? Croyez-vous que les principes et les hommes qui tour à toui; se sont essayés au pouvoir, et n'ont fait qu'ajouter à la détresse du pays ; croyez- vous que ces idées et ces hommes puissent fournir à la vérité quelques services utiles, quelques enseignements sérieux ? Non ! vous les avez condamnés avant et depuis février, et c'est là justement ce qui vous a valu une renommée de politique et de penseur. »
La Liberté s'exprime ainsi :
« Il ne s'agit, selon l'habile publiciste, que de combattre des idées fausses par des idées justes. — Quant aux idées fausses, nous sommes parfaitement d'accord ; nous savons qu'il s'agit des idées socialistes, et nous sommes loin de trouver mauvais qu'elles soient combattues dans ce qu'elles ont d'excessif, de subversif ou d inquiétant pour la société. — Mais on ne détruit les idées fausses qu'en les remplaçant par des idées justes. — Or M. de Girardin pourrait-il nous dire quelles sont les idées justes qui vont émaner du cénacle poitevin, et qu'il se charge de répandre dans le monde ?
» Sont-ce les idées de M. Thiers?
» Sont-ce les idées de M. de Montalembert?
» Sont-ce les idées de M. Cousin?
» Sont-ce les idées du général Piat?
» Ces idées, quelles qu elles soient, seront sans doute représentées par des écrits ; or quels sont les écrits que M. de Girardin jugera dignes de sa protection? Sont-ce ceux qui, portant le cachet de M. Thiers, soutiendront envers et contre tous :
» Que toute réforme est dangereuse, voire même la réforme administrative ;
» Qu'il faut résister à tout progrès, à toute innovation ;
» Qu'il faut surtout combattre la pernicieuse théorie de la liberté illimitée ;
» Qu'il faut, autant que possible, museler la presse en général, et la Presse en particulier;
» Qu il faut admettre tout le monde dans le gouvernement ,
» Excepté les hommes capables, comme M. de Girardin ;
n Excepté les républicains, excepté les bonapartistes,
» Excepté tous ceux qui ont du cœur, des idées et le courage de l'indépendance.
» Mais ces écrits se reproduiront, au moyen de la' propagande, dans des* journaux bien pensants. Or quels sont les journaux que M. de Girardin entend subventionner de son argent?
.0 Est-ce le Journal des Débats ?
» Est-ce le Constitutionnel?
» Est-ce le Siècle?
» Est-ce le Courrier français , édition expurgata?
» Sont-ce là les bonnes et saines lectures que M. de Girardin, le nouvel affilié de la rue de Poitiers, va recommander à ses lecteurs? »
En répondant à l'appel de la Réunion de la rue de Poitiers, ce que la Presse a voulu, c'est donner un nouveau gage de la sincérité des principes qu'elle professe ; c'est montrer une fois de plus qu'elle suit, à l'écart des coteries, une ligne qui ne varie pas au gré des événements politiques et des considérations personnelles.
Aujourd'hui, plus encore qu'en 1840, la Presse a la ferme conviction que tout ce qu'on ajoutera au droit de discussion on l'ôtera au droit d'insurrection. Le droit d'insurrection, nous le répétons, c'est le droit brutal, c'est le droit ancien ; le droit de discussion, c'est le droit social, c'est le droit nouveau, c'est le droit qui est appelé à sauver l'avenir en assurant le triomphe de la Poison sur la force.
La répression est une ornière dans laquelle ont versé tous les régimes et tous les ministères ; la Presse voit qu'on fait un effort pour en sortir, elle encourage cet effort, sans s'arrêter puérilement aux questions secondaires. Peu importe que l'on publie tel écrit de tel auteur ou tel livre de tel autre écrivain I Peu importe le journal qu'on subventionnera I Ce qui importe, c'est que des deux parts on ouvre et on accepte le débat. Du côté où sera la raison sera la victoire, car sans doute on ne contestera pas qu'à talent égal, il ne soit plus avantageux d'avoir h défendre la vérité que l'erreur.
L'initiative prise par la Réunion de la rue de Poitiers fait faire à l'adoption de nos idées un pas en avant. Toute condamnation judiciaire pour un délit de presse ou de discours devient désormais impossible en équité ; car réfuter et réprimer sont deux systèmes dont l'un exclut l'autre. On ne saurait tarder à reconnaître qu'il y aurait véritablement excès à frapper l'écrivain dans sa liberté et dans sa fortune, en même temps qu'on le livrerait à tous les coups d'une controverse magnifiquement dotée, à tous les traits d'une critique puissamment organisée, aux rires de la caricature et aux sifflets du parterre. Si la société persiste à le punir, elle
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doit continuer à le protéger. Alors, il faut qu'elle réprime sévèrement toute diffamation, toute injure, toute allusion même contre lui ; alors, il faut qu'elle rétablisse la censure dramatique et Qu'elle soumette de nouveau la liberté du crayon au régime de l'autorisation préalable. Liberté et Répression sont deux systèmes qui ont chacun leurs exigences absolues. 11 faut opter entre l'un ou l'autre. L'inquisition condamnait, mais ne discutait pas.
Là où la société se défend elle-même mieux que le pouvoir ne saurait la défendre ; là où la société repousse l'attaque par l'attaque, ce que les tribunaux ont de plus sage à faire c est de ne pas intervenir, c'est de laisser le débat s'établir entre toutes les doctrines ennemies. La société ne manquera jamais de défenseurs, pour peu qu'elle sache distinguer le talent et honorer le courage.
On est recrue avant d'être soldat. Il se peut que les premiers ouvrages dont la Réunion de la rue de Poitiers encouragera la publication soient médiocres; mais enfin, l'élan donné, l'émulation ne tardera pas à en inspirer de moins faibles. En souscrivant, nous n'avons vu que la tendance; nous n'avons regardé que le but.
40 avril 4849.
Le Siècle nous adresse cette question :
« La misère est le plus dangereux ennemi que nous ayons à redouter et à combattre. Mais comment le combattre Y Est-ce par la prose du Constitutionnel et de la Patrie, journaux de la rue de Poitiers? La Presse sait comme nous que ce moyen est insuffisant. Est-ce par l'action gouvernementale ? La Presse le croit comme nous. Comment se fail-il alors qu'elle encourage la prose inutile de la rue de Poitiers, et qu'elle s'abstienne de stimuler directement la réalisation pratique? »
Le directeur du Siècle, représentant du département de la Manche, a-t-il jamais fait la traversée de France en Angleterre? — S'il l'a faite, il a dû voir que, selon les exigences de la navigation, on rejetait alternativement de gauche à droite ou de droite h gauche une portion du lest.
Eh bien ! notre souscription n'a été que du lest jeté à droite pour rétablir l'équilibre du navire et rendre de la sécurité à l'équipage alarmé. De toutes parts, qu'entendions-nous dire? Nous entendions dire : « Le socialisme déborde; il fait d'effrayants progrès, d'immenses efforts; partout une active propagande est organisée ; villes et campagnes sont inondées d'écrits et de journaux socialistes... »
— Quel conseil, quel exemple devions-nous donner? — Le conseil que nous avons donné a été celui-ci : « La propagande socialiste vous effraye ; eh bien ! organisez une propagande opposée ; rivalisez de sacrifices et d'efforts. Vous prétendez que le socialisme ne repose que sur des erreurs ; s'il en est ainsi, vous n'en aurez que plus de facilité à les dissiper; réfutez-les et ne les poursuivez pas, car poursuivre et condamner c'est tomber dans l'empirisme, c'est répercuter le mal, c'est l'aggraver ; c'est agir comme font ces insensés qui compromettent leur santé, leur vie, en attaquant, non le principe invétéré de la maladie qui les ronge, mais les symptômes salutaires qui la dénoncent; c'est changer, dans la discussion, la violence en perfidie ; c'est interdire l'épée et tolérer le stylet ; c'est plonger la société dans un optimisme dangereux, entretenu par un silence trompeur... »
Et nous avons joint l'exemple au précepte, parce qu'il nous a paru urgent d'empêcher que l'excès de la peur ne fît naufrager l'équipage. Mais est-ce à dire, parce que nous avons souscrit pour 1,000 francs, que nous ayons dans certaine prose une confiance illimitée et que nous pensions qu'on doive s'abstenir de stimuler l'action gouvernementale? — Non assurément; en témoignage de cette affirmation, nous pouvons invoquer tout ce que nous avons écrit, tout ce que nous avons tenté depuis plus de quinze années pour rendre l'action du gouvernement plus simple et plus efficace. Est-il un journal qui ait plus souvent et plus fortement que la Presse insisté sur la nécessité d'une grande réforme administrative?
Ramener le gouvernement qui s'égare, et rassurer la société qui s'effraye : telle est la double tâche que nous nous efforçons de remplir. Nous faisons de notre mieux ; ce n'est pas notre faute si nous ne pouvons y apporter plus de force et plus de talent ; nous n'y épargnons pas le dévouement.
Au tour de VÈre nouvelle :
« U faut substituer la prévoyance éclairée à la résistance obstinée 1 Sur ce point, nous sommes encore complètement d'accord avec M. de Girardin. Mais nous croyons que cet éminent écrivain se trompe et passe à côté de la vérité, quand il exprime en termes si absolus cette opinion décourageante : « La société en est venue à ce » point où le lien religieux s'est tellement et si généralement déj> tendu, qu'elle ne peut plus être sauvée de ses écarts que par une a nouvelle direction imprimée au genre humain. » La science, c est beaucoup, sans doute ; mais il y a quelque chose qui est au-dessus de la science, c'est le sentiment I »
Ce n'est pas nous qui entreprendrons jamais de rabaisser le sentiment, de lui contester ni sa place ni son influence ;
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s'il dépendait de nous que celte influence fût plus grande, elle serait immense; mais il ne s'agit pas de ce qui serait désirable, il s'agit de ce qui est incontestable. Or, nous le demandons à VEre nouvelle, est-il vrai, oui ou non, que le lien religieux ne serre plus que très-imparfaitement la gerbe sociale? Si VEre nouvelle convient que cela est vrai, nous lui poserons alors cette question : Qu'imagine-t-elle pour resserrer le lien religieux, pour le fortifier? Propose-t-elle d'augmenter lo budget des cultes, qui dépasse 35 millions? Propose-t-elle d'augmenter le nombre des églises et des chaires ? Quant à nous, ce que les 60,000 prêtres qui composent la milice ecclésiastique ont été impuissants à faire ou à empêcher, nous n'avons pas l'orgueil de vouloir l'entreprendre ; c'est pourquoi nous avons demandé au génie de l'homme de venir en aide à la société.
A chacun son œuvre. Au prêtre la sienne, au prêtre le droit et le devoir de parler le langage de son saint ministère I A l'écrivain une tâche plus humble, celle du cantonnier appliqué h combler les ornières de la route !
42 avril 4849.
VÈre nouvelle ne sort pas de oe vague avec lequel on fait d'admirables discours et de détestable politique; voici sa réponse :
a Le génie de 1 homme, c'est beaucoup; nous lui faisons sa part; nous sommes émerveillés de ce qu'il a créé dans le passé, de ce qu'il crée dans le présent ; nous savons ce qu'il peut enfanter de nouvelles merveilles et de glorieux résultats dans l'avenir. Oui, l'esprit si juste, si ferme et si pénétrant. de M. de Girardin a admirablement compris l'immense force qu'on pouvait tirer dans Tordre politique de tous les progrès accomplis dans l'ordre matériel. Oui, la paix, la liberté, le créditf les échanges sont des moyens puissants d amélioration qui doivent être substitués aux procédés anciens de la routine. Mais il y a quelque chose de plus puissant que tout cela, c'est la morale 1 Moralisez donc 1 moralisez par les lois, moralisez par l'enseignement, moralisez par la presse, moralisez par vos principes, moralisez par vos exemples ; moralisez la société, et vous la fortifierez I »
Excellentes intentions et belles paroles, assurément I Mais comment les traduirez-vous en faits? Comment empêcherezvous que l'exagération de l'impôt n'encourage la fraude? Comment empêcherez-vous que l'arbitraire ne fasse détester l'autorité? Gomment changerez -vous le caractère de la loi, et d'oppressif le rendrez-vous tutélaire? Comment réfor-
merez-vous l'enseignement? Comment améliorerez-voos la presse?
Il ne suffit pes de dire : Moralisez la société ! C'est le but que se proposent tons les gouvernements, en tout temps et en tout pays. La prescription n'est pas neuve, et on aura beau la renouveler qu'on ne la rendra pas plus efficace, si on persiste dans les mêmes errements.
Le Siècle à la Presse
o La Presse ne paraît pas Caire grand cas de ia prose quelle contribue à répandre par sa souscription ; elle a raison. Mais elle peut, mieux que personne, elle qui a engendré en quelque sorte le couvemejnent actuel, mettre ce gouvernement dans la nécessité de faire bonne roule et d'éviter recueil des révolutions où, cette fois, navire, équilibre et passagers s'engloutiraient sans retour. »
La Presse au Siècle :
Comment?
Le Siècle croirait-il avoir mis dans la bonne route le général Cavaignac, qui ne s:est servi du pouvoir que pour frapper la Liberté, la Propriété, la Justice?
*» avril 1849.
Le Comité de propagande de la rue de Poitiers, en provoquant une souscription dont le produit dépasse déjà 150,000 francs, a assumé une responsabilité politique dont il importe qu'il se pénètre sérieusement. La France attentive et la société inquiète le jugeront sur ses œuvres, c'est-à-dire sur l'emploi de l'argent consacré à la défense de la vérité contre l'erreur, du droit contre la force, de la liberté contre la terreur, du progrès contre l'insurrection.
Or, nous le demandons, n'est-ce pas de l'argent indigne* ment gaspillé que celui donné à un journal qui a la prétention de combattre le socialisme par des armes de cette force :