‹ Les droits de la pensée; questions de presse: 1830-1864Chapitre 92 sur 156 · SYNDICAT DE LA PRESSE QUOTIDIENNE DE PABIS · texte numérisé non relu

SYNDICAT DE LA PRESSE QUOTIDIENNE DE PABIS

25 mai 4849.

Conformément aux résolutions adoptées hier, 24 mai. en assemblée générale, les syndics, représentant les rédacteurs en chef de tous les journaux politiques quotidiens de Paris, se sont rendus chez M. le général Lebreton, l'un des questeurs de l'Assemblée nationale, à l'effet d'obtenir que la tribune dite tribune des rédacteurs en chef soit divisée en autant de stalles qu'elle en peut et doit contenir pour que chaque journal politique de Paris ait une place assurée.

M. le général Lebreton a répondu verbalement aux syndics qu'il ne fallait pas que les rédacteurs de journaux politiques quotidiens de Paris comptassent qu'une place serait donnée à chacun d'eux, attendu qu'au lieu d'étendre leur tribune trop étroite, on projetait de la diminuer, vu les exigences et les convenances en présence desquelles on se trouvait, telles que celles-ci :

Tribune de M. le président de la République, Tribune de M. le président de l'Assemblée, Tribune de MM. les questeurs, Tribune du conseil d'Etat, Tribune de la garde nationale, Tribune de MM. les maires de Paris, Tribune des anciens députés et représentants, Tribunes réservées aux billets donnés è MM. les représentants, Tribunes publiques, etc., etc.

Cette réponse leur étant faite, les syndics ont déclaré à M. le général Lebreton qu'attendu l'impossibilité absolue où se trouvaient les rédacteurs en chef des journaux politiques quotidiens d'établir entre eux des catégories, de créer des privilèges, de tirer au sort les places de la tribune ou d'y succéder à tour de rôle, puisque la présence simultanée de tous était nécessaire, ils se voyaient contraints de poser la question en ces termes :

Ou d'admettre en principe que chaque journal quotidien politique de Paris aurait place dans la tribune des rédacteurs en chef,

Ou de supprimer cette tribune.

Ils ont ajouté qu'ils laissaient à MM. les questeurs à peser si la curiosité avait les mômes droits que la publicité ; si une nécessité absolue ne devait point passer avant des exigences contestables ; si quelques spectateurs et fonctionnaires privilégiés devaient remporter sur plusieurs millions de lecteurs de journaux ?

Que sont, en effet, les journaux qui rendent compte des débats législatifs? Ils sont les yeux et les oreilles par lesquels la France et l'Europe assistent à ces débats ; ils sont indirectement l'agrandissement indéfini de l'enceinte législative; ils sont la tribune des absents.

S'il en est ainsi, peut-on, doit-on marchander l'espace aux journaux politiques quotidiens de Paris, alors que chaque journal politique quotidien se contente d'une seule place ?

Telle est la question que les syndics de la presse ont posée à la questure de l'Assemblée nationale, et qu'ils portent devant le public, que cette question intéresse au môme degré que les journaux.

Paris, 25 janvier 1849.

Les syndics : chatard, l. duras, émile de girardin,

LANGLOIS, LUBIS.

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