DE VIE DE L'HUMANITÉ
» Pour la vie intérieure de l'homme :
» L'idée chrétienne c'est la tendresse et la fidélité conjugale, l'amour dévoué et protecteur de la mère et du père pour leurs enfants, et l'affection reconnaissante et respectueuse des enfants pour leurs parents;
» C'est le lien incessant de la famille avec la société et de la société avec la famille ;
» C'est la censure de l'avarice et de la prodigalité, et le guide d'un charitable emploi delà fortune;
» C'est le remords de la concience pour tous les méfaits, et la joie de l'âme pour toutes les bonnes actions;
» C'est le dévouement à l'humanité et l'inspiration de tous les actes charitables, grands et généreux ;
» C'est la .simplicité et la modestie dans la gran-
deur et les succès, le courage et la dignité dans l'adversité ;
ù C'est la bienveillance envers ses inférieurs, et le respect envers la vieillesse et envers ses supérieurs;
» C'est la gardienne de l'honneur, la fidélité à la parole et aux engagements, la garantie de toutes les probités privées et publiques, et la force de l'honnête homme ;
» Enfin, c'est la courageuse résignation dans toutes les souffrances physicjues et morales, et la religieuse consolation de la mort par l'espérance d'une vie éternelle avec Dieu:
» En un mot, l'idée chrétienne, c'est Vidée de Dieu même , incarnée dans F humanité par son Verbe éternel fait homme. »
Ce simple exposé suffit pour faire comprendre que le prince de Crouy-Chanel — Auguste de Hongrie — Auguste Sans Terre est un socialiste-chrétien, et si la Providence réservait à sa vieillesse la haute responsabilité de personnifier en lui. l'autonomie de la Hongrie , si les Hongrois, après avoir brisé le joug sanglant que la maison de Habsbourg a fait si longtemps peser sur eux, l'appelaient à régir leurs destinées, je ne crains pas de dire qu'il se montrerait à la hauteur de cette haute mission, et qu'il apprendrait à l'Europe ce que peut pour la civilisation et F humanité \m chef d'Etat vraiment chrétien.
L'Evangile est bien autrement civilisateur que le Code pénal, bien autrement fraternel et égalitaire
que le Code ci vil*
Je m'arrête : c'est àTœuvre que
l'homme sera jugé; j'ai fait connaître son passé, à Dieu seul le secret de l'avenir.
GERMAIN SARRUT
Auteur de l'étude historique LES FILS D'ARPAD, ancien représentant du peuple, ex-rédacteur en chef du journal révolutionnaire la TRIBUNE.
P. S. Je regrette beaucoup que la fin du travail de M. Théodore Botka sur mon livre les Fils d' AaPAD r travail analytique publié, par fraction, dans le Budapesti Szemle, ne soit pas encore terminé. J'aurais aimé à en finir avec cet écrivain. Du reste, l'on m'annonce que le savant Erdy, l'homme le plus compétent de la Hongrie, ne laisse point passer cette attaque, attentatoire à la sincérité et à la dignité de l'histoire, sans une réfutation scientifique. Elle sera sans doute satisfaisante ; je pourrai donc, peut-être, me dispenser de reprendre la plume, à moins que M. Botka, se faisant le complaisant de certains ennemis, je ne veux pas dire seulement adversaires, de la maison de Crouy-Chanel, ne me contraigne à la réfutation de calomnies nouvelles, de solécismes de grammaire dans le genre de ceux que j'ai signalés, et de suppositions ou transformations de mots.
M. Botka veut laisser croire qu'il est inspiré par MM. les Croy d'Allemagne et annonce, toujours par insinuation, que la lutte entre les deux familles pourrait bien recommencer. MM. de Crouy-Chanel s'en féliciteraient ; mais ce ne peut être par leur fait, puisque les derniers jugements et arrêts leur ont été complètement favorables.
SIMPLE AYIS