‹ Les Droits des Arpad:Chapitre 21 sur 22 · FUT DRESSÉ PROCÈS-VERBAL DE CE CONSENTEMENT ET DE CETTE SOUSTRACTION · texte numérisé non relu

FUT DRESSÉ PROCÈS-VERBAL DE CE CONSENTEMENT ET DE CETTE SOUSTRACTION

» M. Durand fut immédiatement mis en liberté, en venu d'une ordonnance de la chambre du conseil, qui déclarait n'y avoir lieu à suivre contre lui.

» C'est dans cette conjoncture que s'engagea, dans les journaux, une polémique dans laquelle intervint M. de Medern. Elle s'assoupit bientôt, par la déclaration que M. Durand lit imprimer dans le Capitule, qu'il n'existait aucune pièce cle nature à accréditer les imputations dirigées contre le cabinet russe par la Presse. M. Durand joua sur les mots, et se tira d'affaire par une restriction.

» Mais il importait aux co-accusés de M. de Crouy de puiser ailleurs que dans le procès- verbal, dont la communication pouvait leur être refusée, la preuve que l'on aurait soustrait une pièce dont le texte et les conséquences étaient de nature h réagir d'une manière funeste ou favorable sur la position qui leur était faite dans la procédure. L'un d'eux pria quatre

députés, dont il avait réclamé le bienveillant patronage, de faire une démarche en sa faveur auprès du garde des sceaux. Ces messieurs, dont les noms seraient une juste garantie de la sincérité de ce récit, si on en contestait la valeur, se rendirent, le 25 février, à huit heures du matin, à la Chancellerie. Après leur avoir fait connaître l'état de la procédure, le garde des sceaux leur dit que l'affaire était beaucoup plus importante et grgve qu'on ne le pensait, que les personnages les plus éminents y étaient compromis, mais qu'il avait eu soin de faire enlever de la procédure les pièces qui étaient de nature à signaler ces mêmes personnages. Puis, tirant à l'écart un de ces messieurs, il lui désigna du doigt le passage du réquisitoire projeté , que lui avait soumis M . Desmortiers, dans lequel se trouvait mentionnée la pièce révélatrice. Cette pièce était celle qui avait été soustraite et sur laquelle M. Desmortiers (procureur du roi) insistait afin de blâmer charitablement la mesure prise par M. Zangiacomi.

» Ainsi. M. le gardé des sceaux avouait à

quatre députés le détournement d'une pièce qui appartenait à toutes les parties compromises dans cette procédure. — Je m'abstiens de toute réflexion.

» Enfin, le 7 avril, tous les prévenus furent rendus à la liberté. »

Nous avons lu naguères dans le journal le Pilote de la Somme ( 1 er novembre 1 859 ) un article signé FI. Lefils, et dans lequel se trouvaient ces paroles fort significatives : ce Si on eût adopté mon opinion, )> nous n'aurions pas le plaisir dé dîner ensemble,

» disait un jotfr à la table de M. Victor Augjer (pèpe » de M. Emile Àugier) l'ancien garde des sceaux, » M. Teste, parlant au prince de Grouy, mais on » craignait le casm belli. »

Rendu à la liberté, M. de Crouy parut renoncer aux agitations de la politique ; mais, en 1847, on le retrouva, ainsi que je l'ai dit dans les Fils dArpad\ à la cour de Louis-Philippe, accrédité secrètement auprès du mo&arque et principalement de sa sœur, madame Adélaïde, par la cour de Rome ou du moins par de hauts personnages qui paraissaient, à cette époque, devoir prendre la direction des affaires ecclésiastiques. Oa le voyait se multipliant de Rome à Paris et de Paris à Rome^ du cabinet de Saint-Cloud aux cellules du R. P. Ventura, général des théatins, et du R. P. Vaures, confesseur de Grégoire XVI, et jusque dans le cabinet du Saint-Père.

Nous trouvons dans les journaux dé Rome sa proposition de reconstitution de fordre de Maïte comme garde du trône pontifical; puis U apparaît portant son activité dans l'organisation d'un emprunt contracté par une des premières maisons de finances de France, la maison Delahante, — emprunt que la révolution de février ne permit pas de réaliser; — puis présidant, à Rome, la réunion des Français au moment où parvint dans la Ville-Sainte la nouvelle des événements de février, faisant reconnaître par le gouvernement papal la république française et recevant des mains du Souverain-Pontife la croix de

commandeur de Tordre de Saint-Grégoire (25 fé-

vrier 1848, brevet enregistré à l'ambassade française, le 29 février, sous la qualification (TAuguste de Hongrie, etc.), et pour ses filles les grandes lettres de naturalisation (28 janvier 1848, toujours aux mêmes titres et qualifications) , et, enfin, jetant les bases de l'organisation des divers chemins de fer romains, etc

Ici se trouvait placé le récit des faits qui ont amené le prince de Crouy-Chanel à prendre une initiative active dans les affaires de l'émigration hongroise.

Dans un chapitre intitulé les généraux Garibaldi et Klapka et le prince de Crouy-Chanel, je faisais connaître avec vérité , correspondances et pièces probantes en main, l'état réel de la question ; ce travail était composé et sous presse.

En présence des derniers événements survenus en Italie, mon éditeur s'est ému; sa prudence s'çst effrayée, il refuse d'insérer ce chapitre.

Je n'ai aucun moyen de le contraindre ; Je subis sa loi !

Ce que je ne peux publier en ce moment, je le publierai, prochainement, ailleurs.

La vérité doit être connue.

11 faut, lorsqu'on la sait, ne pas tenir la vérité sous le boisseau.

Garibaldi a-t-il dû se croire en droit de faire appel à Témigration hongroise?

Je réponds OUI, et je le prouverai.

Les hommes d'action de l'émigration et un grand nombre dans l'intérieur ont-ils proclamé le prince de Crouy-Chanel (AUGUSTE DE HONGRIE) CHEF DE I/INSURRECTION HONGROISE?

Je réponds OUI, et je le prouverai; pour cela, il me suffira de publier le travail que je retire des mains de l'éditeur.

22 septembre 4862.

GERMAIN SARRUT

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