‹ Les droits des Arpad CrouyChanel De HongrieChapitre 4 sur 7 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

La période des rois de la famille Arpad dura 300 ans, et compte 21 rois, tous descendant d’ Arpad en ligne directe et masculine; toutefois après la mort d’Etienne T autorité souveraine fut usurpée par les princes Pierre (1) et Samuel (2) descendant par branche féminine; cette usurpation eut lieu en l’absence des représentants des branches masculines ; mais André I er étant de retour dans la patrie, chassa les usurpateurs du trône, fut acclamé roi dans une assemblée générale parle suffrage unanime de la nation (3), tous les édits de

(1) Pierre était (ils de Gizella, sœur d’Etienne, et du doge de Vénétie.

(2) Samuel était le mari de Charlotte, autre sœur d’Étienne.

(3) Chronicon fluden&e — Chronique de Bude, p. 91 : « Tune nubiles Hungariae vi déniés niala genlis sue, in • chanml uuum couvenerunt, consilioque habilo totins

Pierre et de Samuel furent déclarés nuis et effacés de la liste des lois de Hongrie.

Je n’ai point à décrire cette brillante série de faits qui constituent notre histoire sous le sceptre des Arpad ; leurs descendants porteraient sans doute encore la sainte couronne , dont leurs ayeux s’étaient montrés si dignes, si vers la fin de cette glorieuse période de notre histoire nationale il ne s’était produit des événements auxquels cette famille vénérée et la patrie durent simultanément leurs malheurs.

D’abord sous André II, profitant de l’ absence du Hierosolymitain, l’oligarchie tenta d’affaiblir l’autorité royale, et pactisant sour-

« Hungariae nuncios miseront solemnes in rosciant ad

• Andream , Levente discentes eis, quod Iota Hungaria « eos fideliler expectare et universum regnum eis, sicut « regaii semini, iibeuler obsequi tantum modo ipsi in

• Hungariain descenderent, et eos a furore teutonicorum

• defenderent. Hoc etiam juramento firmaverunt quod :

• statim, ut ipsi Hungariain introirent, omnes Hungari « unanimiler ad eos eoufluerent et eorum domino se

• subderenU... etc. »

Id. p. 100: . Petrus autem rex vidons Hungaros una- « nimiter adherisse ducibus Endre et Levente, ipse cum « suis Teulonicis fugam iniit versus Musum, etc. » (aujourd’hui Mosony).

dement avec les souverains étrangers, elle usurpa, autant qu’elle le put, des parcelles de pouvoir.

Plus tard, en 1242, le territoire fut envahi par les Mongols ; les populations se trouvèrent décimées par d’immenses massacres; comme dans les temps anciens, le souverain fit appel aux colons allemands, pour repeupler les campagnes ; mesure funeste qui introduisit dans le pays de nombreux étrangers, qui, indifférents aux traditions nationales, n’avaient point cette vénération des lois qui distingue le véritable Hongrois, et qui étaient complètement indifférents aux traditions et aux droits historiques.

Vers la même époque, des unions réciproques eurent lieu entre la maison d’Arpad et la maison d’Anjou ; alliance funeste, principale source ‘des désastres que je signalerai plus tard.

Enfin, comme éléments de destruction de la maison d’Arpad, l’historien doit enregistrer l’intervention des papes, qui, affaiblis dans le pouvoir temporel par les princes de la dynastie de Hohenstaufen, se fortifiaient en remplaçant les anciennes dynasties par des dynasties nouvelles, lesquelles, sous l’empire d’une reconnaissance immédiate, prêtaient aide et appui à l’omnipotence romaine.

Quoiqu’ils fussent zélés propagateurs de la foi catholique (1), les princes de la famille d’Arpad furent avant tout ardents patriotes, et ne firent jamais de lâches concessions à l’évéque de Home, dont ils refusèrent constamment de 3ubir l’arrogance, alors que, se rappelant l’investiture donnée à Etienne, le pape prétendait à un droit de suzeraineté sur la Hongrie, comme il l’exerçait sur les Etats de Naples et sur l’Angleterre.

C’est principalement sous le règne de Ladislas I V que cette lutte devint acharnée, et que le pape Nicolas III laissa éclater toute sa haine contre ce prince. 11 avait ordonné qu’un synode fût tenu à Bude, sous la présidence de Philippe, évêque de Forniano, mais les déterminations du Synode ayant été contraires à la constitution nationale et aux droits que le monarque tenait de cette constitution, Ladislas donna ordre aux magistrats de la ville de Bude d’exiler tous les prêtres de la ville, et de contraindre le synode à se dissoudre, en réduisant par famine les membres qui le composaient ; en outre, Ladislas fit

(h Home avait canonisé cinq membres de celle famille: Étienne, Émeric, Ladislas, Elizabeth et Marguerite, fille de Bêla IV.

personnellement arrêter le nonce (1). Dès lors toute transaction avec Rome était devenue impossible.

La famille d’Anjou de Naples convoitait la couronne de Hongrie dès l’époque du mariage de Charles I er et de Marie, fille d’Etienne V de Hongrie : un pacte secret l’unit à Nicolas III, qui appuya les prétentions de ces princes ambitieux, et bientôt la maison d’Anjou, certaine que les foudres du Vatican 11 e se tourneraient pas contre elle, s’ouvrit la route du trône de St. Etienne par le fer et le

poison L’extinction des branches

masculines de la famille d’Arpad fut jurée; André, frère de Ladislas, meurt étouffé; Tomassine Morosini, l’énergique veuve d’Etienne le posthume (mère d’André III) succombe par le poison, simultanément avec ses petits fils Félix et Marc (2), peu après la couronne

(1) Petz, Scriplor rerum austriacarum, T. I, p. 1091 et 3224.

(2) Voir dans les Archives du Chapitre de Saint-Jehan- Baptiste et dans G rac volume du Cartulaire de Notre-Dame d’Amiens, page 34, coté en tête vil, la fondation de Marguerite de Sicile femme du comte Charles de Valois, faite en 1292 au Chapitre de Notre-Dame d'Amiens pour le repos de l’àme de feu noble chevalier Félix de Hongrie, Cousin de ladite Marguerite et fils aîné de très-noble

ne peut protéger Ladislas, qui meurt assassiné (1290) et meurt sans laisser de fils; il ne reste plus des lignées mâles qu’ André le Vénitien et les fils de Félix et de Mahc, enfants retenus dans les montagnes d’Allevard ou en Picardie sous la surveillance des Anjou.

André le Vénitien, fils d’Etienne, petit-lils d’André II, est le légitime possesseur de la couronne ; il accourt faire valoir ses droits, que lui disputent simultanément le pape Nicolas VI et le prince Charles. Celui-ci, fort de l’assentiment du pape agissant en vertu de son prétendu droit de suzeraineté, s’est fait couronner roi de Hongrie à Naples.

Cette première tentative d’usurpation échoue contre le patriotisme du clergé hongrois et principalement du prince-primat Lodomer; mais Home et Naples ne perdent point courage ; Nicolas et Charles, unis par un accord criminel, recourent d’abord à la séduction.

prince André de Hongrie (sic); ledit Félix (aux termes de la donation deche.de soubitement en la Pour de son aage non sans sou pechon de MALENGIN LAISSANT A CIIE MONDE SA UEUE AüEC TROIS PETITS ENFANTS ; dans cet acte de fondation Marguerite explique que Félix est son cousin « tant par medamc Marie de Honguerie notre « chiere mere, que par mon Segneur Charles roi de Si- « cile notre très-redouté père. »

Ils gagnent à leur cause des familles puissantes, entre autres celle de Brebèr (les ancêtres des comtes Zrinyi), et ils jettent la malheureuse Hongrie dans les horreurs de la guerre civile, qui se termine par l’empoisonnement d'André III, empoisonnement commandé et soudoyé par la Cour de Naples.

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