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des usines et magasins. Jusqu'ici, seule, l'initiative privée, de son plein gré, a pourvu à leur fondation. Dès 1846, une œuvre de ce genre existait à Beauvais, à la fabrique de brosses Dupont. Leur nombre ne correspond pas aujourd’hui au développement intensif de la vie économique. Les patrons qui en possèdent dans leur établissement désirent stimuler, par tous les moyens, l’amour maternel et même créer une véritable émulation entre les mères, sous la forme de secours en nature ou en espèces. Citons, à ce propos, l'exemple des Galeries Lafayette: ces magasins possèdent une œuvre portant le nom de crèche, où les mères viennent allaiter trois fois par jour. Les nourrissons sont, dès leur arrivée, remis aux mains de nurses qui les nettoient et leur donnent un bain. Si le lait de la mère est en insuffisante quantité, on le complète par du lait provenant d’une ferme de banlieue, stérilisé par ébullition et donné à la tasse, ou à la cuiller. Les nourrissons sont conservés à la crèche jusqu’à l’âge de quinze mois. Leur mortalité est très réduite: d’après les chiffres obligeamment fournis par M. le docteur Lehmann, son pourcentage a été de 1,50 % de 1913 à 1924.
La chambre d’allaitement est donc sans conteste, comme l’a dit Decherf, le corrélatif indispensable des agglomérations ouvrières. Mme Letellier la préfère même à l’attribution d’allocations, « aussi longtemps du moins qu’on tolérera des logements insalubres, que les mères n’auront aucune notion de puériculture et qu’il n’y aura pas partout des consultations de nourrissons ». Malheureusement, d’après elle,
ARE 850 à 900 enfants bénéficient des chambres existantes où la mortalité est souvent nulle et n’a jamais dépassé 2%. Le grand obstacle à leur diffusion tire son origine dans les frais d’entretien: trop élevés pour beaucoup d'entreprises. Les chefs d’établissements voisins pourraient y porter remède en s’associant pour l'installation de chambres d’allaitement. Il est à souhaiter que ces œuvres deviennent de plus en plus nombreuses, car elles permettent à la mère de nourrir au sein, tout en lui donnant le moyen de gagner un salaire propre à assurer sa vie et celle de son enfant.
30 Les asiles maternels. — Ils ont sur la crèche et la chambre d'allaitement le mérite d'assurer un contact permanent entre la mère et l’enfant. D’autre part, ils constituent un moyen efficace pour éviter l’abandon, en fournissant, quand la femme est seule, un refuge à la sortie de la Maternité. Les asiles maternels (abris maternels, maisons maternelles) hospitalisent la mère pendant une durée de quelques mois, à la condition expresse de nourrir son enfant. Elles lui permettent d'atteindre un âge où son élevage sera plus facile. Nancy possède un abri maternel à l’hospice Saint-Stanislas, où une trentaine de femmes peuvent être recueillies avec leur enfant, auquel les maladies contagieuses sont combattues par de rigoureuses mesures de prophylaxie. Les mères contribuent à la propreté de l'établissement et se livrent à un travail rémunérateur peu fatigant. Pendant leur séjour, les liens d’attachement de la