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elles ne doivent pas faire double emploi avec les Maternités, toujours prêtes à parer aux: difficultés ‘obstétricales. -
L’Académie de Médecine, suivant l’avis de son rapporteur, a émis le vœu de voir se créer une maison maternelle répondant à ce but dans chaque département, et jugé que cette création constituerait un moyen efficace, économique et simple, pour combattre la mortalité imfantile. Jusqu'à présent, seule, l'initiative privée a tenté la diffusion de ces maisons. Certaines œuvres comme la Samaritaine, de Lyon, ne se bornent pas à donner l’asile à la mère et à son nourrisson, mais essaye, le cas échéant, de réconcilier la femme avec sa famille ou de lui faire épouser le pêre de l’enfant.
Les deux buts poursuivis par ces institutions sont donc également louablés: elles évitent l’abandon et permettent souvent à la femme de faire accepter une situation qui eût été mal acceptée au moment de l'accouchement.
4 Les secours à la mère. — Depuis de nombreuses années, la charité publique dispense à la mère des secours tant en espèces qu’en nature. Elle a multiplié les formes de sa générosité, sans que celle-ci ait toujours eu son plein effet. Certaines œuvres, comme la Société de Charité maternelle, s'intéressent à l’enfant légitime menacé d’abandon; d’autres, comme la Société protectrice de l’Enfant, ne s'occupe que des mères ayant au moins trois enfants, en leur distribuant argent ou layettes. Bien souvent, les secours
sont insuffisants et ne peuvent empêcher la femme de travailler et de l’obliger à confier son enfant à une voisine ou à une nourrice. Mme Letellier estime que, pour lui permettre de rester chez elle, la femme devrait recevoir une indemnité journalière égale aux deux tiers du salaire, avee minimum de 6 francs. Les chefs d'établissements industriels ou commerciaux, malgré: leurs efforts pour accroître ces secours, ne donnent que des allocations incapables de réaliser le vœu de Mne Letellier. Ces secours sont ordinairement distribués sous forme d’allocations familiales aux femmes mariées (Moulins Vilgrain, à Nancy). Quelques industriels ne font aucune distinction et accordent une aide égale aux filles-mères (Etablissements Spire, de Nancy). Ces secours consistent en une prime d'accouchement dont le taux varie de 30 francs (Faïenceries de Lunéville) à 200 francs (Etablissements Martin-Picard, Verreries Daum, Usines Solvay, etc.), et des primes d’allaitement allant de 15 à 30 francs par mois. Toutes ces initiatives sont isolées; mais, depuis quelques années, on tend à faire effectuer ces versements par l’intermédiaire de caisses de compensation; il en est encore peu qui soient chargées de ce service : 24 sur 106 en octobre 1922, d’après Magnier de Maisonneuve. À Nancy, existe une Caisse régionale d’allocations familiales, de laquelle font partie une soixantaine d’adhérents en Meurthe-et- Moselle et dans la Meuse. Elle alloue à la mère de famille légitime une prime de naissance de 200 franes et une prime d’allaitement de 15 francs pendant dix mois. La « Natalité lyonnaise », dont la caisse est
PSP SE ASS alimentée grâce à une cotisation de 25 francs par an, fournie par les employeurs, distribue 100 francs avant l’accouchement, 120 francs un mois après l'accouchement, 100 francs le mois suivant, puis 40 francs pendant trois mois seulemént. Malgré l’aide apportée par ces différentes œuvres, l'idéal serait, du moins pour la femme mariée, que le salaire du père fût suflisant pour permettre à la mère de rester dans son ménage. Ce fait est constaté aux usines du Creusot, où 80% des mères allaitent leur enfant et où la mortalité des enfants en bas-âge n’est que de 10%. On diminuera beaucoup la mortalité infantile en faisant accepter par les employeurs le sursalaire familial, que préconisait M. le professeur Fruhinsholz, dans une récente conférence. Ce système semble préférable à celui qui consisterait à favoriser le travail à domicile, dont le gain est médiocre et pour lequel le chômage est fréquent et prolongé.
Nous voyons, par les exemples ci-dessus, que le patronat a tenté, par des formules multiples, de venir en aide à la mère-nourrice, en évitant sa séparation de son enfant. Les procédés différent-beaucoup, tout en concourant au même but. De leur propre initiative, les industriels pourraient uniformiser leur méthode. La protection de l’enfant de l’ouvrière y gagnerait beaucoup.
50 La surveillance des soins maternels. — Nous avons montré, dans un chapitre précédent, que l’allaitement maternel demandait à être surveillé. La mère n’a pas, en général, des connaissances assez