GUÉRISONS SURPRENANTES
... Sans bouger le bonnet, va dire un autre, je vous conteray d’un médecin, qui sans beurre, sans médecine, ne sans rire, guérit une femme paralytique de plus de cinq ans, et voicy comment. Un jour ce médecin après avoir essayé plusieurs
remèdes à la santé de cette femme, sans aucun profit, va faire fermer les fenestres de la chambre, ou estoit, il y avoit cinq ans, ceste paralytique; et tout soudain s’allumant un grand feu, il fait veoir à Fimproviste à ceste malade son mary qui faisoit semblant d’accomoder sa chambrière. Ceste paralytique voyant cela, en fut si esmeuë et irritée, que la chaleur s’espandant en tous ses membres, les nerfs, qui estoient refroidis, furent si bien eschauffez, qu’ils r’entrèrent en leur première action, et se levant du lict, pour empescher son mary de ce qu’elle pensoit, fut restituée en sa première santé.
Il me souvient, va dire une fesse-tonduë, d’un gentil-homme assez signalé, qui fut guéry quasi par mesme moyen. Ce seigneur revenant de la guerre, demeura malade sur les chemins, et ayant à quelque peine un médecin, avant que ce médecin entrast en la chambre de monsieur, les serviteurs luy content que leur maistre n’estoit malade que de fascherie et cholère, et de despit de quelque supercherie et affront (comme on parle) qu’on luy avoit faict. Ce médecin entrant en la chambre du malade, n’oublia pas ce qu’on luy avoit dict de la cause de la maladie de ce seigneur. Et après luy avoir faict la révérence, et tasté le pouls au bras droict, comme la partie plus chaude, et veu de son urine : pour faire Fhabile homme, luy va dire que sa maladie ne venoit que de cholère, et qu’il estoit despit comme un chat borgne. Or ce médecin
n’avoit pas apperçeu que ce gentil-homme fust Dorgne : lequel se lève en grande cholère, pensant que ce médecin se voulust rire de luy, et en prenant son espée court, tout malade qu’il estoit, apres luy, qui avoit désia gaigné la porte : si bien que cette bouillante cholère appaisa et chassa la précédente, qui causoit la maladie : de telle sorte qu’il monta à cheval de là à une neure. Guillaume Bouchet. (Les Séries )
LES EAUX DE SAINT-CHRISTAU(i)
Air : Le roi d^Yvetot.
Non loin de la ville de Pau,
Près du ciel de l’Espagne,
On voit un tout petit hameau,
Au pied d’une montagne.
Charmant endroit bien habité,
Par les baigneurs très fréquenté L’été.
Ah! Ah! Ah! Oh! Oh! Oh!
Le beau séjour que Saint-Christau, Oh! Oh!
La nature en ce beau pays A tout fait pour la vue :
Champs où se dresse le maïs.
Monts à tête chenue.
Riche verdure, ombrages frais, Petits ruisseaux et verts bosquets Auprès.
(t) Juillet 1863.
Ah! Ah! Ah! Oh! Oh! Oh Le beau séjour que Saint-Christau,
Oh! Oh!
Cest, à dire la vérité,
Une simple prairie,
Mais le terrain est bien planté,
L'herbe fraîche et fleurie;
Oui loin du monde, et sans regrem On a sous ces arbres épais La paix.
Ah! Ah! Ah! Oh! Oh! Ohl Le beau séjour que Saint-Christau,
Oh! Oh!
Tout autour défilés, torrents.
Font un chaos immense.
Tableaux sauvages ou riants A Bedous, à Sarrance.
Devant ces lieux si saisissants On perd en transports ravissants Les sens.
Ah! Ah! Ahl Oh! Oh! Ohl Le beau séjour que Saint-Christau,
Oh! Oh!
Une naïade aux bonnes eaux Donne ici la jeunesse.
Elle vous rend frais et dispos Rien que d’une caresse.
C’est un Éden ou se guérit Tout corps malade et tout esprit Aigri.
Ah! Ah! Ah! Oh! Oh! Ohl Le beau séjour que Saint-Christau, Oh! Oh!
Le maître de ce bel endroit.
Digne enfant de Castille,
En gentilhomme vous reçoit.
Ainsi que sa famille.
Et l’on s’en va tout enchanté,
Disant, par l’hospitalité Gâté :
Ah! Ah! Ah! Oh! Oh! Oh!
Le beau séjour que Saint-Ghristau,
Oh! Ohl
Dr Émile Tillot.
NOUVELLES A LA MAIN