L..., que ses fredâines ont épuisé, est actuellement malade
— Vous savez, lui recommande le docteur, il faut être sage ; pas de garde-malade moins de dnquante ans.
— Soyez tranquille, dit L..., j’en prendrai deux de vingt-cinq.
Au chevet d’un malade.
— Avez -vous dormi, cette nuit?
— Je n’ai pas fermé l’œil.
— C’est dommage, le sommeil est l’ami de l’homme, et surtout celui des malades.
— Ne spécifiez pas. C’est un ami tout court... Un ami comme les autres, qui vous abandonne au moment où vous avez le plus besoin de lui.
Préterre. (LArt dentaire.)
Toto trois ans, à Tara quatre ans :
— Qui achète les petits garçons, petite sœur?
— C’est les papas.
— Et les petites filles?
— C’est les mamans.
— Ah ! et les jumeaux?
— C’est tous les deux.
On causait de zouaves; j’étais à côté d’un vieil officier qui se mit à raconter ses campagnes.
— Monsieur, me dit-il, nous sommes restés quinze jours au siège de Mayence sans rien manger, mais rien.
— Quinze jours? c’est bien long!
— Monsieur, reprit-il, il est vrai que c’est
long; aussi étions-nous dans un fichu état. Pour tout vous dire, nous avions fini par avoir des toiles d’araignées je ne vous dirai pas où, — il y a des dames! (L'Oursin,')
L’éminent et sympathique docteur Purgeroide est resté, malgré son âge très mûr, un amateur zélé de la beauté.
Une jolie pécheresse, légèrement pâlotte, se présente à sa consultation.
Elle ait a description de son mal.
— Ainsi, dit la belle enfant, j’ai souvent des faiblesses...
Et Purgeroide, avec un sourire assassin :
— Des faiblesses... Hum! Ce serait peut-être le moment d’en avoir. Qu’en pensez-vous?
(^Le Voltaire.')
île
Le docteur X..., Prud’homme de la Faculté, était allé, la veille, souper en tête-à-tête avec Mademoiselle Tata.
— Eh bien ! lui demande le lendemain un de ses confrères, avez-vous eu de l’agrément ?
— Peuh ! dit-il, je n’ai eu qu’un « hémiplaisir ! »
Un chasseur caserné à Vincennes avait attrapé la gale. Il en parla au major, qui lui ordonna de se frotter avec de l’axonge. Le remède réussit, et la peau du chasseur devint saine,
L’oncle Thomas à son médecin :
— Ainsi, docteur, vous me trouvez mieux?
— C’est-à-dire que vous êtes sauvé !
— Eh bien ! mon ami, quand vous annoncerez cette nouvelle à mon neveu, apportez-y tous les ménagements possibles. AhI... et ajoutez que vous serez, sans doute, plus heureux une autre fois! (Le Figaro,)
— La belle Irma manque de tempérament ; elle n’aime ni les hommes, ni les femmes.
— C’est une Irma-phrodite.
Mlle Camélia est chez son dentiste. Celui-ci lui propose de lui remettre deux petites dents d’ivoire, destinées non-seulement à mastiquer les aliments, mais encore à lui attirer des compliments sur sa dentition.
— Des dents de luxe? demande- t-elle.
— Mieux que ça, fait le dentiste, des dents de luxure, {Le Charivari.)
POUR VOUS, MESDAMES (i)l
Vers deux seins beaux et blancs, avec mamelon rose. Je tourne mes regards pleins d’envie, et je n’ose Y reposer mes yeux : c’est un crime, cela;
Mais, écoutez-moi bien, pudeur effarouchée;
Vous devez le pardon à ma tête penchée :
Je suis père, j’âi ce droit-là...
Quel lait pur va couler sous cette peau si fine,
Que de son filet bleu le sang brode et dessine I Pour qui la sentira, quelle douce chaleur I Arriéré, curieux I dont le désir s’empare ;
(i) Loi du 23 décembre 1874, protection des nourrissons.
C’est un moment sacré : la mère se prépare; L’enfant, éveillé presque, ouvre sa lèvre en fleur.
Elle le prend, l’enlève, et le petit qui tète Fait un divin tableau, cher aux yeux du poète;
Sans avoir, comme nous, le souci de demain,
Il a sa coupe pleine, et, pour sa nappe mise.
Il a les plis légers d’une chaste chemise,
Heureux, et son pied dans sa main.
O femmes ! nourrissez vos garçons et vos filles,
C’est le premier devoir; la santé des familles.
Cet apanage, exige un dévoûment jaloux;
La plus riche des dots, c’est la mamelle ronde La force d’un pays s’établit et se fonde.
Vous n’y faillirez pas, avec vous et par vousl
Faites des cerveaux sains, afin que la Patrie Ait la joie et l’espoir, quand elle vous marie ;
A cette demandeuse, un par un, accordez Les grains par vous mûris, qui seront sa parure, Mais ne confiez pas cette semence pure A des soins tant par mois soldés!
L’égoïsme et le luxe ont fait les âmes sèches;
La loi surveille mal; il nous manque des crèches Et, pour ces vertus-là, nous sommes apprentis.
Je m’emporte, et, sentant la rougeur qui me monte. Je pleure de salir ma strophe à cette honte.
Hélas ! l’on fait métier de tuer nos petits 1
Aussi, je t’en supplie, ô puissante Nature,
Donne sans mesurer, donne à ta créature,
A nos femmes surtout, le maternel amour;
Que leurs fécondités soient, par toi plus certaines,
Et que, sur la poitrine, elles aient deux fontaines De bon lait coulant nuit et jour !
Ernest Pion. (Premières ébauches,)