‹ Les drôleries médicalesChapitre 132 sur 133 · LE SAVETIER MÉDECIN · texte numérisé non relu

LE SAVETIER MÉDECIN

FABLE IMITÉE DE Phèdre,

Gueux comme Job, un savetier .

Jeta là son alêne et changea de métier;

Il se fit médecin, et, quoique sans licence.

Alla vanter au loin sa profonde science.

J’ai trouvé, disait-il, l’antidote certain

De tous les maux du genre humain.

Par plus de mille faits la chose est assurée.

Sa langue alla si bien dans toute la contrée.

Que du savetier le plus gueux Le public fit bientôt un médecin fameux.

On n’en avait jamais trouvé de plus habile. Fort malade, en ce temps, le prince d’une ville»

Pour éprouver son art, chez lui le fait venir;

Il lui demande un vase et mêle à l’élixir Du guérisseur une substance D*un poison infaillible offrant la ressemblance.

A présent, lui . dit-il, sans appréhension,

Grâces à ton secret, prends cette potion ;

Et cet or, sur-le-champ, sera ta récompense,

La crainte de la mort l’ayant déconcerté.

De la sorte il parla : Prince, je le confesse,

Mon renom ne vient point de l’art que je professe : Le vulgaire a tout fait par sa crédulité.

Enfin, Sire,

1 Pour tout dire,

pétais, de mon premier métier,

Savetier.

L’ignorance ainsi dévoilée.

Le prince en son palais convoque une assemblée Des habitants de la cité.

Et dit : Quelle crédulité !

Pauvres insensés que vous êtes.

Vous faites votre médecin De l’homme que voiià ! vous confiez vos têtes A ce misérable assassin 1 Bref, d’une confiance insigne Je vous vois honorer un méchant savetier Que nul de vous n’eût trouvé digne De raccommoder son soulier.

Boyer-Nioche. (Pologne littéraire^ *

FEUILLES HIPPOCRATiaUES

La médecine a dix journaux Beaucoup plus connus qu’on ne pense.

Matassins, ôtez vos chapeaux I La médecine a dix journaux 1

La plupart, loin d*être nouveaux,

Ont au moins vingt ans d’existence.

La médecine a dix journaux Beaucoup plus connus qu’on ne pense*

U Union de monsieur Latour Se pique de littérature...

Elle est pimpante et faite au tour^

U Union de monsieur Latour.

La Faculté lui fait la cour A s’en donner la courbature;

U Union de monsieur Latour Se pique de littérature.

La Galette des Hôpitaux Est une robuste infirmière ;

Moi, je la prendrais en sabots,

La Ga:^ette des Hôpitaux^ >

Sanglante, aiguisant des couteaux Et la seringue en bandoulière.

La Galette des Hôpitaux Est une robuste infirmière.

Le critique Frank de Sombec Du Courrier fera la fortune.

Car il est très franc de son bec,

Le critique Frank de Sombec.

Érudit sans latin ni grec,

Il chante la douleur commune;

Le critique Fra'nk de Sombec Du Courrier fera la fortune.

Dans VÉvénementj Piorry Voudrait toujours paraître jeunet Aussi mord-il quand il écrit.

Dans V Événement, Piorry.

Si ses dents tombent quand il ri^

Il les remet quand il déjeune;

Dans V Événement, Piorry Voudrait toujours paraître jeune#

Lisez les six autres journaux Dans le caphaniaüin de CafFe.

Dans ce recueil lait aux ciseaux Lisez les six aui;c. ‘ournaux.

C’est un champ semé de pavots Amusant comme une épitaphe,

Lisez les six autres journaux Dans le caphàrnaüm de CafFe.

Aristide Roger.

(La Nouvelle Némésis, 1868.)

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