‹ Les drôleries médicalesChapitre 38 sur 133 · CHANSON COMPOSÉE · texte numérisé non relu

CHANSON COMPOSÉE

POUR LE BANdUET DE LA SOCIÉTÉ d’hYDROLOGIE LE 19 AVRIL 1870

Air : Su:(on sortant de son village.

Vous qui savez quelles ressources L’hydrologiste a sous la main, Connaissez-vous toutes les sources Qui méritent son examen?

11 en est une- Que la Fortune

Rendit illustre au sortir du griffon.

Elle s’échappe En mince nappe,

Mais vaut pourtant qu’on l’étudie à fond. Sans contredit elle est la reine De milliers d’eaux qu’on peut citer.

Voilà pourquoi je veux chanter La source d’Hippocrène. {Bis,)

Fort ancienne est son origine:

Certain jour de mauvaise humeur, Pégase attendait, j’imagine,

Sur l’Hélicon quelque rimeur; Grattant la terre Avec colère,

Soudain il voit sous son pied jaillir Peau, Dès lors la Source A pris sa course,

Mais nul ne pense au précieux ruisseau ; Quel possesseur d’une fontaine Rapportant de gros intérêts.

Consentirait à fair’ des frais Pour capter Hippocrène?

Vous pouvez fourbir vos cornues.

Vos alambics et vos matras;

Quelles réactions connues Pourront vous servir en ce cas?

Vieux alchimistes.

Jeunes chimistes.

De vos creusets pesez les résidus.

Au spectroscope,

Au microscope.

Métaux et sels paraissent confondus.

Du doux Zéphir la tiède haleine S’analyse plus aisément Que l’insaisissable élément Qui s’appelle Hippocrène.

Dans ses effets quelle puissance !

En y goûtant vous ressentez De Phébus la douce influence Avec ses pures voluptés.

Sous votre pi urne Le feu s’allume.

Faisant jaillir de grands mots imagés.

Les vers scintillent.

Brillent, pétillent,

Petits et grands T un sur l’autre étagés. L’auteur en vogue qui nous traîne Dans les égouts, liors de raison,

Devrait bien faire une saison

D’un an chez Hippocrène. (J5/V.)

Cett;G fontaine merveilleuse Ne s’utilise qu’en boisson;

A petits coups délicieuse,

Son excès trouble la raison.

On la transporte.

Même on l’exporte.

Mais seulement pour quelques amateurs ; Comme eau de table.

Rendant aimable, \

Elle produit de brillants orateurs.

Sachant les effets qu’elle entraîne.

Je vois dans la Sociélé Que bien des membres ont goûté La source d’Hippocrène. (Bis.)

Je crains que mon panégyrique Bien tiède en faveur de cette eau.

Ne vous semble trop prosaïque.

Indigne du fameux ruisseau.

Qu’à ma parole La troupe folle

Des Dieux garçons, protecteurs des banquets; Que tout l’Olympe Chez Brébant grimpe.

Pour présider notre joyeux congrès.

Des eaux pour honorer la reine.

Chantons la divine liqueur ;

Et nous célébrerons en choeur La source d’Hippocrène. (Bis.)

E. Tillot

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