LES COMMANDEMENTS DU MÉDECIN
De grand matin te lèveras Et sortiras pédestrement.
Les étages tu monteras Et descendras péniblement.
Les malades visiterurs Et drogueras amplement;
Sans quoi, leur estime perdras, Celle des potards mémement.
De tes clients, tu ne tueras Que les mauvais rapidement.
Une fois l’an, tu remettras Tes notes ponctuellement.
( Puis aussitôt tu recevras
Des reproches abondammenîo
Mais tes fournisseurs tu devras Acquitter intégralement.
D(; tes confrères tu diras Le plus de mal adroitement.
A la nature attribueras Tes échecs uniquement ;
Et pour toi seul réserveras Tous les succès modestement.
Parents, amis, négligeras Et ta femme pareillement.
Car dehors la nuit passeras Pour une couche fréquemment.
Courbaturé, tu rentreras Et repartiras prestement.
Quant aux repas, tu les prendras Si tu le peux et vivement.
Pour distractions entendras Gémir sans cesse amèrement.
Les excréments inspecteras Toujours méticuleusement.
D’autres odeurs respireras Sans sourciller visiblement.
De la vermine amasseras Plus que de rentes sûrement.
C’est ainsi que tu passeras Tous tes jours agréablement.
Dr WiTKOWSKi. {Le Praticien,)