VIEILLERIES
Borise Godounove, grand-duc de Moscovie, étant tourmenté de la goutte, invita par de
(il Traitait spécialement les maladies des voies urinaire». (2) Orthopédiste distingué.
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grandes promesses ceux de ses sujets qui connaissaient quelque remède à ce mal à le déclarer, La femme d’un boyard, qui désirait se venger des mauvais traitements qu’il lui faisait éprouver, crut devoir profiter de cette circonstance pour prendre sa revanche; elle usa du stratagème de Sganarelle, ou plutôt Molière a fait usage du trait suivant dans sa comédie du Médecin malgré lui.
Quoiqu’il en soit, cette femme alla trouver le ministre, et lui dit que son mari avait un spécifique excellent contre la goutte, mais qu’il n’aimait point assez Sa Majesté pour le lui donner. On envoya quérir le boyard ; il eut beau avouer son ignorance, on ne voulut pas le croire, et on le mit en prison, où on le fouetta jusqu’au sang, pour tirer de lui son prétendu secret : enfin on lui signifia qu’il fallait ou qu’il révélât ce secret ou qu’il se résolût à mourir. Ce malheureux voyanr que, quelque parti qu’il prît, sa perte était inévitable, préféra convenir de ce qu’on voulait qu’il sût, et avoua qu’il connaissait des remèdes -contre la goutte, mais qu’il n’avait pas osé en faire usage pour Sa Majesté, crainte qu’ils ne réussissent pas. Il demanda en même temps quinze jours pour préparer son remède. Ils lui furent accordés. Il envoya pendant ce temps-là à Czirback, à deux journées de Moscou, sur la rivière d’Occa, où il se fit amener un chariot de toutes sortes d’herbes, cvu’il ne connaissait même pas, mais
dont il fît préparer un bain, dans lequel il fit mettre le grand-duc.
Le malheureux boyard se serait cru encore trop heureux, que le bain n’eût fait ni bien ni mal; mais quel fut son étonnement, lorsqu’au troisième ou quatrième bain les douleurs de Sa Majesté se calmèrent, et qu’elle se trouva entièrement guérie au sixième. H fut alors interrogé de nouveau sur son secret, dont il crut ne devoir plus faire mystère ; il entreprit même de s’attribuer une cure qu’il ne devait qu’au hasard. Il s’attendait en conséquence à une grande récompense ; elle lui fut en effet accordée, et le Czar lui fit donner 4ooécus et i8 paysans. Mais il le fit fouetter de nouveau encore plus fort que les autres fois, pour le punir de n’avoir pas employé tout de suite son secret. Reste à savoir comment ensuite la femme s’est tirée d’affaire avec son mari ; c’est ce que l’histoire ne dit pas.
Sue (^Anecdotes de Médecine),
Un vieux baron, sire de Beaumanoir,
Devenu borgne au métier de la guerre,
Par bienséance avait un œil de verre Qu’à son coucher un page allait, le soir.
Sur une assiette humblement recevoir.
Or, une fois que le page, peut-être Malade étoit, peut-être étoit absent,
Un valet neuf, mal instruit, innocent.
Fut en son lieu chargé de comparaître.
Le bon vieillard, sans faire de façon,
l out comme au page, à ce nouveau garçoi.