‹ Les drôleries médicalesChapitre 6 sur 133 · LE MÉDECIN AUX URINES · texte numérisé non relu

LE MÉDECIN AUX URINES

Un écolier d’assez joli minois,

Était au lit pour maladie.

Pour sa garde on avait fait choix De dame Alix, franche étourdie,

Veuve depuis deux ans, grosse depuis six mois. Chaque matin, au jeune prosélyte,

Son professeur allait rendre visite.

Le médecin auquel qii eut recours,

Fut ce docteur fameux dans l’art où l’on devine.

Sans s’amuser en vains discours :

Du malade, dit-il, que l’on garde l’urine,

Et demain nous verrons. Ainsi dit, ainsi tait.

Le lendemain, Alix, d’un naturel distrait,

Met en oubli les ordres delà veille.

Et par esprit de propreté.

Son premier soin, sitôt qu’elle s’éveille,

de jeter cette eau, de rincer la bouteille; if3inchaînant sur ses pas la vie et la santé.

Arrive le docteur; d’un air de gravité,

• Il demande Turine. Alix est bien surprise.

Et reconnaît, mais trop tard, sa sottise.

Que faire hélas ! pour la cacher!

Voyons l’urine r Alix, allez donc la chercher.

-Elle y court en tremblant; enfin, parvint d’audace, Elle apporta de la sienne à la place.

éEe docteur examine, y regarde à deux fois,

.Et d’un ton d’assurance, il prononce et s’étonne.

Mon art, dit-il, m’apprend que la personne Doit accoucher dans quelques mois.

. A ces mots, l’écolier, pour qui tout est mystère. Tourne les yeux vers son régent :

Je vous le disais bien, mon père,

Que vous me feriez un enfant.

Dans tous les points, cette histoire est étrange.

Je plains fort l’écolier, je hais le professeur;

Mais c’est en vain qu’on cherche à tromper un docteur, 'Ces messieurs, comme on voit, ne prennent pas le

[change.

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