‹ Les drôleries médicalesChapitre 5 sur 133 · POUR LES QUATRE SAISONS · texte numérisé non relu

POUR LES QUATRE SAISONS

Au Printemps, peu de nourriture Est convenable à la nature.

En Esté, la chaleur du temps Refuse beaucoup d’aliments.

Prends garde que les fruits d’ Automne Ne fassent tort à ta personne.

En Hyver, tu peux librement Manger à ton contentement.

{Journal des Gourmets,') *

NOUVELLES A LA MAIN

Pendant la canicule, un aveugle, légèrement atteint de surdité, cuit sur le pont des Arts.

Pas un souffle d’air.

Tout à coup, un académicien passe et éternue avec vivacité sur l’invalide.

L’aveugle porte la main à ses joues.

— Enfin !... fait-il gaiement, un peu de brise.

A l’établissement hydrothérapique du docteur B...

Deux névropathes s’abordent d’un air navré.

— Comment allez-vous?

— Mal... très mai I Je scuffie hortiblement.

— Vous êtes bien bcu’'::cx!

— Commeiil: Puisque je vous dis...

— Oui... oui... (avec envie) vous souffrez, vous! Moi, je suis entré dans la période où Ton ne souffre meme plus 1

Calino se cogne fortement le devant du tibia.

La douleur est assez vive.

— Oh 1 que c’est bête, dit-il, qu’il n’y ait pas aussi des mollets par devant!

Une paysanne vient chei le pharmacien du chef-lieu, la joue enveloppée d’uu mouchoir. Elle souffre d’une dent et demande quelque chose qui la soulage. On le lui donne. Elle revient le lendemain.

— Vous souffrez donc toujours? lui demande le pharmacien.

— Oui, mon bon monsieur, répond-elle, et on m’a dit que je souffrirais encore toute la journée.

— Ce n’est pas nécessaire. Je vais vous donner une dose plus forte qui vous enlèvera tout a fait la douleur. Mais ayez soin de bien l’appliquer sur la dent malade.

— Si vous voulez Ty mettre vous-même, «mon bon monsieur, ça me fera bien plaisir, dit la bonne femme, en fouillant dans sa poche... Je l’ai là; on vient de me l’arracher!

Deux amis arrivent ensemble chez un mééQcin.

L’un est outrageusement obèse.

L’autre paraîtrait svelte, même auprès d’un diareng saur.

Le gros demande comment il faut combattre 5on embonpoint.

— Faites des armes, répond « le prince de la science », ferraillez à mort!

— Alors, reprend timidem.ent le maigre, moi, c’est le contraire... il va falloir que je passe mion temps à faire des excuses.

— Marie, dit une dame à sa domestique, il faudrait me faire de la tisane de chiendent; vous chercherez s’il y en a dans la maison ; si vous e’en trouvez pas, vous irez en acheter chez l’herboriste.

Deux heures après, Marie apporte une tasse «de tisane.

La dame avale plusieurs gorgées, et, se retournant vers la domestique :

— A propos, dit-elle, vous aviez donc du chiendent ?

— Oui, madame; j’en ai arraché quelques brins au petit balai que vous savez.

Un médecin, qui s’occupe spécialement des maladies de la peau, voit son cabinet assiégé du matin au soir; aussi a-t-il, entre le salon d’attente et son cabinet, une pièce où son domestique invite les malades à se préparer, en se déshabillant, à la visite^ de façon à gagner quelques minutes.

Un malade arrive dans ce vestibule.

— M. le docteur prie monsieur de se déshabiller en l’attendant, lui dit le valet de chambre.

— Mais...

— Sans cela, il serait obligé dépasser le tour de monsieur. •

Le malade s’exécute alors.

Un instant après, il entre en tenue primitive chez le docteur qui l’e.xamine longuement à la loupe; puis, d’un ton scrutateur, lui demande .*

— Qu’éprouvez-vous?

— J’ai la vue basse.

Un gommeux prenant à part le médecin ,qui vient de visiter son oncle ;

— Eh bien? lui demande-t-il d'une voix haletante.

— Perdu! répond le docteur.

Le gommeux se met à pousser des gémissements làmentables.

Mais le vieux docteur, qui connaît le monde en général et les neveux en particulier :

— Voyons, mon ami, calmez-vous, puisque je vous affirme qu’il est perdu.

Un médecin nous racontait le fait suivant :

Il avait dû mettre, pendant trois mois, au champagne et au bordeaux, une de ses clientes, du meilleur monde, qui avait besoin, à la fois, de toniques et de stimulants.

Complètement rétablie, la personne en question disait hier, en buvant avec délices :

— Enfin! je puis donc boire de l’eau rougie!

En chemin de fer.

Deux grosses dames causent dans un coin de compartiment de seconde classe.

— Oui, madame, je vais passer une saison à Vichy; le docteur m’a recommandé les eaux pour mon infection de poitrine.

Un monsieur, grincheux, à l’autre bout du compartiment :

— Je ne m’étonne plus que ça sente si mauvais ici!

Calino, dit V Evènenienl ^ a deux dents qui fe font horriblement souffrir.

Il se décide à aller chez un maître de l’art, auquel il demande le prix que lui coûtera l’extraction de ses deux molaires :

— Dix francs la première et cinq francs la seconde, répond l’émule de M. Préterre.

— Eh bien! alors, arrachez-moi seulement la seconde pour aujourd’hui!

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