‹ Les drôleries médicalesChapitre 72 sur 133 · FABLE-RÉCLAME · texte numérisé non relu

FABLE-RÉCLAME

La cigale ayant chanté Tout Lété,

Se trouva fort dépourvue Quand la bise fut venue.

Sa voix avait pris les tons Enroués des mirlitons.

— « De Mariani l’officine De ma demeure est voisine;

Allons donc solliciter

Du Coca pour mieux, chanter.

C’est une boisson nouvelle Qui guérit la voix rebelle;

On ne s’en trouve pas mal.

L’avoir est le principal! »

L’officine est généreuse ;

— « Prenez tout ce qu’il vous faut,

Dit Mariani, c’est très chaud.

Chantez et soyez heureuse!

Le résultat fut si grand Qu’un adorateur sincère Lui dit : Vous chantiez naguère,

Vous enchantez maintx.nant ; o

Lemercier de Neuville.

sj!

UNE CURIOSITÉ FATALE La Condamine périt victime de son insatiable

(i) Inventeur du vin à la Coca du Pérou, dit le tenseur des cordes vocales.

curiosité. Ayant su qu’un jeune chirurgien proposait une opération nouvelle et très hardie pour une des infirmités dont il souffrait, il le fit appeler et le pria d’opérer sur lui. Le praticien hésitait : « Cela ne peut avoir aucun inconvénient pour vous, lui dit l’académicien ; si vous me tuez, je suis vieux et malade, on dira que la nature ne vous a point secondé ; si, au contraire, par impossible, vous me guérissez, je rendrai compte moi-même de votre méthode à l’Académie, ce qui vous fera le plus grand honneur. » Le jeune homme cède enfin et commence à opérer. <c Allez donc doucement, je vous prie, monsieur, disait La Condamine malgré la souffrance; laissez-moi bien examiner, bien voir, sans quoi je ne pourrais pas faire mon rapport. » La Condamine succomba aux suites de cette dangereuse expérience.

Larousse (Grand Dict. universel.')

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ACTUALITÉS MÉDICALES Pochade (^)

Air : Ma Tante TJrlurette.

Vous voulez me fair’chanter,

Eh bien, veuillez m’écouter.

(i) Chantée au banquet de l’Association des médecins de France.

Allons, viens ici, ma lyre!

11 faut rire, il faut rire,

Rire, toujours rire.

Sous l’étreinte de mes doigts,

Je veux te mettre aux abois.

Fi, du temps où l’on soupire I Mieux vaut rire, etc.

Rire, rire, c’est très bien.

Mais sur quoi? Je n’en sais rien.

Bah! quand on ne sait que dire.

Il faut rire, etc.

Mais voyons, sur nos travers,

Si je bâclais quelques vers?

J’ai peur d’avoir trop à dire; Bah! faut rire, etc.

Je sais très bien qu’ici-bas.

Les loups ne se mangent pas; C’est assez qu’on nous déchire.

Faut en rire, etc.

L’homœopathe, pourtant.

Mérite bien, en passant.

Que par l’oreille on le tire.

Il faut rire, etc.

Sur l’oculiste afficheur.

Le médecin dégraisscur,

J’aurais aussi bien à dire, J’aim’mieux rire, etc.

Quand le marquis d’Argenteuil Fonda son prix à’écurcuil.

Dans sa barbe il a dû s’dire % Faut en rire, etc.

Aussi, que de concurrents N’a-t-il pas mis sur les dents!

Plus d’un se pose en martyre.

Ça m’fait rire, etc.

Un charlatan effronté Au nez de la Faculté,

Guérit tout.... sans hydrargire,

Y a d’quoi rire, etc.

Le coaltar, quel bonheur!

Détruit la mauvaise odeur;

Mais, n’faut pas qu’on le respire,

Y a d’quoi rire, etc.

Sur la génération Toute spontanée ou non.

Quand je lis c’qu’on vient d’écrire.

Ça m’fait rire, etc.

Un prétendu docteur Noir,

Pendant trois mois nous fit voir Du toupet quel est l’empire;

Y a d’quoi rire, etc.

11 avait beaucoup promis.

Mais n’a rien prouvé, hormis Qu’il était un pauvre sire.

Faut en rire, etc.

Pour être académicien,

On dit, mais je n’en crois rien, Qu’il suffit de savoir lire,

Et puis rire, etc.

Des savants de l’Institut Je ne veux rien dire, chut!

Pourtant, ceux que l’on admire Me font rire, etc.

Quand, sur le quais Malaquais,

Je vois leurs jolis portraits,

Aux passants toujours sourire,

Ça me fait rire, etc.

De l’Asociation '

Secondons l’intention,

Emplissons sa tirelire,

L’or fait rire, etc.

Que chacun mette du sien.

C’est si bon de faire le bien,

Quand la charité l’inspire I L’bien fait rire, etc.

Pour vivre longtemps il faut Boire frais et manger chaud;

Du prochain ne pas médire.

Mais en rire, etc.

En amour, en amitié.

Amis, soyons de moitié...

Mais... je crois que je délire,

Bahl II faut rire, etc.

Vive, vive la gaîté,

La gaîté, c’est la santé.

Gardons-nous de la proscrire.

Il faut rire, il faut rire,

Rire, toujours rire.

Dr COMPÉRAT

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