‹ Les drôleries médicalesChapitre 73 sur 133 · LA FORCE DE L’HABITUDE · texte numérisé non relu

LA FORCE DE L’HABITUDE

Un paysan bien malade d’une fièvre continue fut porté à l’hôpital. Il y eut un bon lit, de bons

remèdes, de bon bouillon ; cependant son mai augmentait et la tristesse avec son mal. Il s’était étrangement abattu et ne cessait de se plaindre. Un jour le médecin lui demanda s’il se trouvait mal à l’hôpital. — ce Je m’y trouve trop bien dit-il, et si l’on continue à me traiter comme on fait, je n’ai plus vingt-quatre heures à vivre. Qu’ai-je à faire d’un lit si mou ; il y a dix-neuf ans que je n’en ai vu. Un peu de paille, c’est tout ce qu’il me faut. Je ne dors bien que par terre ; et que voulez-vous que je fasse de tous vos bouillons et de vos tisanes? c’est de l’eau que je bois et des oignons et du fromage qu’il faut me donner, si vous voulez que je guérisse. » Le médecin, n’attendant plus rien de ce malade,' ne crut pas devoir se refuser à sa demande. Il était moribond. Cependant on le prend, on l’étend sur la paille, on lui donne des oignons et du sel, du pain, de l’eau et on le laisse là, bien persuadé qu’il n’irait pas loin. On s’était bien trompé, car le lendemain, on trouve mon paysan levé, content, sans fièvre et assis avec les convalescents auprès du feu.

SOLENANDER.

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