Die Monogrammisten, tome IV, page
Ce qui apporte une dernière preuve que le recueil de Crecchi est postérieur à 1 5 5 1 est sa planche XXIII. Nous y voyons un bastion de la nouvelle enceinte extérieure du château Saint- Ange construit postérieurement à 1 5 5 5 et, dans le fond, le second côté des loges de la cour de San Damaso, bâti par le pape Grégoire XIII (1572-1 585). La « Sforzesca » que, d’après Crecchi, le cardinal aurait construite, est une villa près de Vigevano, en Lombardie, villa commencée au xve siècle déjà; il s'agit donc ici, ou de travaux de réparation plus ou moins importants, ou d'une autre villa du même nom dont nous ignorons l’existence. Guido Ascanio avait entrepris à Sainte-Marie-Majeure, à Rome, l’érection d’une chapelle importante, achevée par son frère, et dont Michel-Ange aurait fourni les dessins.
Ajoutons pour finir que la planche XIII de Crecchi, que Du Cerceau n’a pas reproduite parmi les vues d'optique, avait été gravée par ce dernier une première fois déjà, au trait, vers 1 5 3 5 ’, puis dans l’année même où il publiait ses vues d'optique, en grand format, parmi les pièces dites Compositions d’architecture. Un des deux sujets des vues d’optique qui ne se trouvent pas dans le recueil Crecchi avait également été gravé par Androuet vers 1 535, où il forme l’architecture de la cour dans laquelle des enfants jouent aux osselets.
La série dite les Petites Vues, copiée d’après la suite gravée par Vredeman de Vries en 1 562, est un des plus charmants recueils d’Androuet, qui a su y ajouter des qualités de finesse et de distinction dans les proportions de l’architecture, que l’on rechercherait vainement chez l’auteur frison. Cette série devait, soit former une collection indépendante, soit servir de secours pour ceux qui, dans leurs compositions, avaient besoin de villes entières, de places, de canaux, de rues. Ce sont des compositions de caractère tantôt flamand (fig. 71), tantôt italien (fig. io5). Dans cette dernière, la façade d’une église à trois nefs et d’un vestibule à trois frontons trahit de nouveau le souvenir de l’œuvre de quelque grand architecte italien.
1. Les paroles : Qiiondam fuit ingens Ilion, que Du Cerceau a mises sous le fronton de cette estampe au trait, semblent avoir inspiré la variante : Quanta fuerit Roma ipsa Ruina Docet, mise par Crecchi au bas de sa première planche.