‹ Les Du CerceauChapitre 117 sur 230 · CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII

c) Figures dont les proportions aussi bien que le caractère plus sévère et les armures se rapprochent de l’antique, dessinées très probablement par un Italien dont la manière rappelle un peu le mausolée d'Halicarnasse restauré par Fra Giocondo et conservé aux Uffizi1; ce sont : dans l’arc de Constantin (fig. 62), les statues de l’attique, puis les quatre guerriers au sommet du troisième arc selon l’ordre de Corinthe. Nous rencontrons dans d'autres estampes de l’édition de i56o des figures d’une même origine : les statues du forum de Trajan (fig. 63), celles de l’arc de Besançon, des Tutelles (fig. 80), ainsi que de l’estampe, appelée le temple de la Paix, où un portique abrite plusieurs figures de dieux. Comme enfin dans l’arc dorique avec quatre cavaliers galopant au sommet, et surtout dans le cheval vu de profil au sommet d’un arc ionique, on reconnaît encore, dans une certaine mesure, les types de chevaux dérivés de Bramante, nous croyons que cette diversité de types dans les figures provient de ce que Du Cerceau, pour orner ses compositions de figures, empruntait celles-ci aux compositions de divers auteurs dont il possédait des copies, parfois même peut-être des originaux, car toutes révèlent dans leur exécution une seule main de graveur. Dans l’arc de Vérone, les figures ne sont pas non plus de l’invention de Du Cerceau, mais d’origine italienne.

Au point de vue archéologique, il est inutile de le dire, les Arcs de Du Cerceau n’ont pas la moindre valeur. L’intérêt repose entièrement sur le travail même de Du Cerceau.

Après les Arcs, ce sont les monuments de dimensions moindres, tels que Fontaines et Portes , puis les Détails proprement dits, les Lucarnes , les Balcons (fig. i3o) que notre artiste représente.

Parmi les détails d’intérieur, les plafonds ne sont guère représentés ; nous n’en avons été que plus heureux d’obtenir de M. Destailleur l'autorisation d’en reproduire un dessiné. (Fig. 52.)

La décoration au moyen de cartouches est, par contre, amplement représentée par la série des cartouches dits de Fontainebleau (figure 85),

1. Nous avons décrit ce dessin dans notre travail : Cento disegni di Fra Giocondo ; Florence, 1882, page 37.

ainsi que par les Grands Cartouches de Fontainebleau, que nous n'avons pas hésité à attribuer à Du Cerceau (fig. 20, 86, 120) et dont un tirage postérieur a paru chez Honervogt; neuf de ces cartouches ne figurent pas dans la petite série. La même idée exprimée dans ces trois termes groupés ensemble (fig. 86) rappelle celle qui a présidé à la composition des termes de la figure 33.

Parmi les Trophées, nous trouvons de charmants modèles, inspirés sans doute par un bon élève de l’École des Loges de Raphaël (fig. 126), et nous arrivons ainsi aux Grotesques.

Parmi les Grotesques, plusieurs rappellent celles de Nicoletto de Modène. La figure 89 est un thème varié d'après ce graveur. Du Cerceau, en donnant plus d’air aux différents motifs, ce qui était en partie commandé par l’échelle réduite, a considérablement augmenté la valeur de l'ensemble et s’est révélé comme un véritable artiste. En voyant la planche reproduite figure 88, nous nous sommes souvenu d’un dessin conservé au Louvre, attribué à Luini, mais qui est de Bramante, à un âge où sa main avait perdu de sa souplesse. Il représente, comme le fait voir la figure 87, une partie de la même composition qui se trouve en entier figure 88. Nous hésitons à nous prononcer et nous nous demandons s’il faut y voir une décoration antique, ou une œuvre italienne de la fin du xve siècle. Un autre groupe, dont font partie les figures 90, 111, 112, 1 1 3, est inspiré des estampes d’Æneas Vico et de l’École de Jean d'Udine.

Le Livre des Grotesques, dédié à Renée de France, renferme, par contre, des compositions tirées du premier château de Monceaux 1 et de celui de Fontainebleau, et qui par suite seront probablement des inventions du Primatice, architecte du premier de ces monuments, ainsi qu’il en résulte de documents récents. Ce recueil renferme aussi des inventions de Du Cerceau, comme celui-ci nous le dit dans sa dédicace.

Les frises ou bordures de décorations murales ou de voûtes, dont on trouve dix reliées à la suite des grandes grotesques, appartiennent au même ordre de travaux. (Voyez fig. 91.)

1. Le château de Monceaux-sur-Provins, construit par Catherine de Médicis en 047.

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