‹ Les Du CerceauChapitre 116 sur 230 · FIG. 96. - ESTAMPE AU TRAIT · texte numérisé non relu

FIG. 96. - ESTAMPE AU TRAIT

Avec architecture analogue à celle de l'estampe dite : la Charité. — (Collection de M. Lesoufache.)

et, dans l'un des chapiteaux, les volutes du milieu se tournent le dos. C’est à la main de quelque collaborateur de son officine plutôt qu à des tirages différents, qu’est due probablement l’inégalité d’exécution que l’on remarque parfois entre les pièces d’une même suite, comme

celles qui sont signalées dans la bibliographie des Nielles de 1 563, des Prœcipua aliqiiot, etc. Dans d’autres cas, des différences de cette nature peuvent être dues chez Du Cerceau lui-même au plus ou moins de temps ou de soin qu’il consacrait à certaines de ces eaux-fortes. Ainsi, si l’on compare la pièce circulaire dans le genre des vues d’optique, dans laquelle la sainte Vierge est agenouillée sous un portique devant l’Enfant Jésus, avec les vues d’optique, on trouvera dans cette pièce une exécution bien plus soignée, sans que pour cette raison nous croyions jusqu’ici nécessaire d’admettre l'intervention de deux mains différentes.

Il y a une observation d’un autre genre sur laquelle nous voudrions dire quelques mots. Elle a trait au caractère et au style des figures qui décorent les attiques, les écoinçons ou les niches des arcs dans l’édition de 1549; on peut y distinguer les différences d’origine suivantes :

a) Les figures composées par Du Cerceau lui-même, en général longues, un peu maigres et dont le caractère se retrouve dans nombre de compositions du Second Livre d’ Architecture de i56i, ou dans tel de ses recueils de dessins.

Nous devons remarquer que, parmi celles-ci, nous rencontrons déjà le type de femme et les traits de la figure reproduits par Androuet dans le dessin de notre figure 23 et cela dans Tare corinthien rappellant la disposition d’une façade d’église italienne avec un grand arc central et deux ordres superposés couronnés d’un fronton.

b) Figures dont la manière, surtout dans la proportion, le contour et la position un peu contournée des jambes, rappelle des formes que l’on retrouve dans l’école de Fontainebleau, chez le Primatice, ou parfois chez Jean Goujon et dans la salière que nous reproduisons à la figure 102. Ce sont :

Une des figures du tympan circulaire d’un arc dorique. Les trois musiciennes dans le fronton d'un autre arc dorique. Dans l'arc ionique, avec consoles sur les chapiteaux, la femme sur un monstre marin, servant d’acrotère ; enfin les deux femmes dans les écoinçons de l’arc de Suse.

Page 1