‹ Les Du CerceauChapitre 120 sur 230 · Carton 3q · texte numérisé non relu

Carton 3q

4. Les Projets primitifs pour Saint-Pierre de Rome, pl. XL VI II, fig. 3, 4, 5.

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Tirée du livre Pour bastir aux champs (1572).

Sur le troisième, il a écrit : Di pictura • over ■ di stucclii * antichi. Sur un quatrième enfin : Tenpi antichi di pitura • chredo • 7zo//o • 50 certo. Et par là Aristotile da Sangallo nous révèle que lui non plus n’avait pas vu les originaux, que ses croquis étaient copiés d’après les études d’un autre ; dans ce dernier cas, son incertitude ne porte, du reste, que sur le fait de savoir si la représentation originale était en stuc ou en peinture murale. Notons, en passant, que Jean d’Udine, qui se donna tant de peine pour retrouver le stuc des anciens, a modelé lui-même des représentations architectoniques dans la loge de la Villa Madama, dans les environs de Rome, inspiré en cela peut-être aussi par ce qu’il avait pu voir dans les « Grottes ».

Cette constatation est très importante à un double point de vue. Elle nous fournit à la fois des révélations intéressantes et souvent assez imprévues sur l’architecture antique à Rome, et ensuite, en expliquant l’origine d’une série de bizarreries, parfaitement innocentes et légitimes dans des peintures murales, disculpe du même coup Du Cerceau et ses prédécesseurs italiens, portant les plus grands noms de l’art, du soupçon d’avoir composé des insanités. C’est sur de pareilles compositions que l’on se basait même pour insinuer que Du Cerceau au fond ne devait pas avoir été architecte, mais simplement un dessinateur, un graveur à l’imagination féconde.

Il convient toutefois de mettre les archéologues en garde, car Du Cerceau, comme nous l’avons vu, ne savait jamais répéter deux fois la même composition sans y introduire des changements de détails plus ou moins importants, et, dans le cas particulier qui nous occupe, nous pouvons même donner une approximation du degré des modifications apportées par Androuet. Le monument désigné par lui comme Templvm Pvteolanvm est reproduit sur un dessin italien plus ancien de vingt à trente ans que celui de Du Cerceau, de dimensions assez considérables, et désigné par son auteur comme tenplo di Pomelo ' (conservé aux Ufhzi). Or Du Cerceau a supprimé la lanterne et fait un dôme surbaissé, il a doublé les colonnes aux angles des quatre portiques qui surmontent les avant-corps se détachant du monument circulaire et a transformé les porches inférieurs en portiques à six colonnes en supprimant toute la décoration de guirlandes et d’ornements peints qui convenaient particulièrement à une représentation d’un édifice dans une décoration murale. Mais il se trouve que ce dessin anonyme de Florence est à son tour une modification d’un autre original reproduit par le second des dessins d’ Aristotile da Sangallo, conservés à Munich1 2, dont nous avons parlé plus haut. Dans ce dernier, l’édifice circulaire n’est précédé d’un avant-corps que sur le devant, et non sur quatre côtés. On jugera par là de la distance qui sépare le dessin de Du Cerceau de la représentation originale, et, sans l’intermédiaire du dessin de Florence, on ne pourrait pas démontrer d’une façon certaine la connexion entre les deux pièces. Quant à l’indication de « Temple de Pouzzoles », existait-elle dans la peinture murale, ou a-t-elle été ajoutée par l’un des Italiens que Du Cerceau a copiés ? C’est ce que nous ne saurions dire.

1. Dans le catalogue si soigné que vient de publier le conservateur, M. Nerino Ferri, cet édifice et un autre du môme genre sont cités page 217. Notre consciencieux ami suppose qu’ils pourraient être de la main de Jacopo Sansovino. Ils portent les numéros 433 1 et q332.

2. Figure 4 de notre planche XLV1II. Voyez la note 4 à la page 196.

Il existe une estampe de Bonasone qui reproduit un édifice octogone dans le bas, circulaire dans le haut, surmonté d’un dôme, ouvert en partie de manière à laisser voir l’intérieur. Sur quatre des côtés on voit de petites absidioles saillantes ; l’un des côtés est précédé d’un petit porche. Cet édifice montre les formes de l’école romaine de Bramante, entre i5ob et 020, et il est accompagné de l’inscription : Hoc templum Romœ factum Sacramento. q. dedicatum. fuit A. M. D. XXXXI, et à côté : Templum Neptuni Prope Puteolanum. vrbem. A. S. scudebat. Exactement lemêmeédifice se voit dans un dessin contemporain, appartenant aux Uifizi.

Parmi les édifices en ruine aux environs de Pouzzoles, il y a un temple octogone dit de Diane à Baies, un autre de même forme au bord du lac Averne, appelé Temple d’Apollon, circulaire à l’intérieur. Il y aurait enfin un Temple de Neptune sur le môle de Pouzzoles, vis-à-vis de Baoli, dont parle Cicéron. Nous ignorons si c’est à l’un de ces édifices que se rapporte la représentation qui nous occupe.

FIG. 99. — PROJET DE DU CERCEAU POUR I.A COUR d’un CHATEAU.

(Dessin du Recueil M.)

Nous pensons que presque tous les autres édifices de ce groupe doivent leur origine à une source analogue et doivent renfermer les mêmes écarts d’avec les originaux. Ainsi, les numéros 1 1 et 12 se rencontrent déjà sur les feuillets 1 36 et 38 du recueil de dessins de Fra Giocondo, cité plusieurs fois ici et dont fait partie notre figure 3o. Mais s’il y a dans cette série des renseignements précieux, c’est avec précaution, on le voit, qu’il faut en user.

Il est difficile de ne pas faire un rapprochement d’une autre nature, en signalant l’analogie de ces édifices circulaires, précédés sur quatre côtés de porches, avec les représentations si fréquentes de monuments de forme analogue dans les peintures italiennes de cette époque. Nous citerons comme exemple ceux des Sposalfio du Pérugin et de Raphaël.

Groupes D et F. (Nos 16, 17, 21 et 22.) — Malgré la désignation de monuments antiques donnée par Du Cerceau aux numéros 16 et 17, nous hésitons à leur attribuer ce caractère. Ils semblent plutôt se rattacher aux numéros 21 et 22 et paraissent en rapport avec un groupe d’églises à Plaisance, formé par San Sepolcro, San Sisto et la

Madonna di Campagna. Ces compositions ont plusieurs dômes, de petites chapelles demi-circulaires appuyées contre le transept et les has-côtés, avec des formes que l’on rencontre dans le modèle de Rocchi pour la cathédrale de Pavie, et même dans certaines compositions de Léonard de Vinci L Nous avons vu aussi, en 1869, telle de ces compositions dans deux recueils de dessins assez soignés, lavés au bistre, attribués tous deux à Bramante, à tort comme il nous paru alors, l'un dans la collection Santarelli, aux Uffizi; l’autre dans une collection particulière, à Lucques1 2.

Groupe G. — Toutes les compositions de ce groupe montrent, à des degrés très différents, l’influence des projets primitifs de Bramante pour Saint-Pierre. Nous avons expliquéplus haut combien Du Cerceau avait étudié ces documents importants. Y a-t-il lieu, dès lors, de s’étonner de les retrouver ici, d’autant plus que le seul édifice moderne exécuté qu’ait donné Du Cerceau, dans ses temples, le « tempietto » de San Pietro in Montorio, est lui aussi l’œuvre de Bramante. Il convient de dire que, si dans les numéros 22 et 23 l’inspiration est évidente, les fantaisies et les libertés de composition dans les autres sont si grandes, qu’il faut un œil très familiarisé avec ces documents pour retrouver la connexion, que nous ne voulons pas d’ailleurs exagérer; les numéros 24 et 25 semblent inspirés des représentations fort imparfaites du projet de Raphaël, telles que celles dans les tapisseries du Vatican dont nous avons reproduit deux exemples3 4.

Groupe H. — Les dernières planches du livre des Temples sont des compositions libres et où figurent généralement quelques éléments tirés des autres classes que nous signalons .

A ces remarques plus générales, que nous avons cru utile de présenter, ajoutons encore quelques renseignements supplémentaires : les numéros 4, 5,8, 9, 10, i5, 18, 19, 20, sont gravés avec de légères modifications, et plus en grand, dans la suite des Monuments antiques qui, généralement, forme la seconde partie de l’édition des Arcs de i56o. Seize de ces compositions r‘ de temples se trouvent dans le livre de croquis J de M. Lesoufaché, et y figurent avec des formes plus bramantesques et plus riches que dans la gravure. Le numéro 16 seul est reproduit dans l’édition à grande échelle des Temples et habitations fortifiées.

Outre quelques renseignements complémentaires sur ces sujets qui accompagnent la description des recueils J et G, nous devons indiquer les numéros des temples

1. Comparez le dôme entouré de petits dômes du numéro 21, les transepts des numéros 21 et 22 (notre figure g3), avec les dessins de Léonard que nous avons donnés dans les Literary Works of Leonardo da Vinci, de M. J. P. Richter, volume II, planches 87 et 90, et dans les Projets primitifs pour Saint-Pierre, planche XLIII, figure 3. On les voit aussi dans le volume B de la Publication des écrits de L. de Vinci, par M. Ravaisson-Mollien, folio 18 verso.

2. Une estampe qui, à en juger d’après les formes employées, paraît faite d’après un dessin de cette même époque, se voit au Cabinet des Estampes de Paris, volume G. c. 5, folio 257, avec l’inscription : T empli ignoti sed ex eius fragmentis circa viam Appiam repentis ob magnificam operis structuraux Architecture studiosis relictis, coniectorum simulacrum. Ant. Sal(amanca), exc.

3. Les Projets primitifs, etc., planche XLIX, figures 3 et 4.

4. Nous donnons en parenthèse les pages du recueil J, qui contient les compositions correspondantes : (2) 7; — (3) 9; — (24) 21 simplifié (25) 6; — (3o) 18; — (40) i5; — (41) (46) 16; — (48) 3o; — (5o) 27 - (5 1) 1 3 ; - (53) 20; - (73) 19; - (87) 17; - (88) 7; - (93; 22.

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