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CHAPITRE VIII

qui a valu à Du Cerceau une grande partie de sa renommée, et par lequel il nous rend encore aujourd’hui un service inestimable, c'est le recueil des deux volumes sur les Plus excellents bâtiments de France : il doit nous arrêter plus que les autres1.

Quelques mots d’abord sur son exécution au point de vue technique et sur l'époque de l’exécution des planches.

Premier volume. — La majorité des planches, au point de vue de leur effet d’ensemble aussi bien que du détail d’exécution et de la disposition des hachures, appartiennent à la deuxième manière. Nous citerons spécialement celle montrant les deux cheminées du château de Madrid, avec la frise de masques; la dernière planche de Verneuil, représentant la « terrace qui eust été devant le logis neuf », magistralement gravées toutes deux, comme la plupart de celles qui sont relatives à Verneuil. (Fig. 48.)

Les pointes de la feuille d'acanthe sont toujours arrondies.

Quant aux figures, elles sont en général démesurément longues, surtout quand elles font partie de l'architecture; comme les cariatides accouplées du pavillon d’entrée de la cour de Verneuil, leur modelé rappelle celui des figures dans le Second Livre d' architecture ( 1 5 6 1 ) .

Les petits personnages vivants ont les mêmes tournures que ceux du Livre des Instruments de Mathématiques , de Jacques Besson, 1569 (voyez fig. io3), ou celles du Traité de Perspective , publié dans la même année que le premier volume des Plus excellents bâtiments de France. (Fig. 65.) Il est probable que la plupart des planches de ce volume étaient terminées assez longtemps avant la publication du volume, retardée par les guerres de religion. Seules, les planches relatives à la Maison blanche de Gaillon paraissent exécutées peu avant la publication du volume. Le travail lâché des hachures rappelle celui des Grands Temples.

Deuxième volume. — Dans le second volume des Plus excellents bâtiments de France, publié en 1579, trois ans après le premier, les neuf premières planches, se rapportant à Blois, Fontainebleau, Villers-Cotterets, ainsi que l’une des planches d’Écouen, montrent encore les qualités de la deuxième manière, tandis que la majeure partie témoignent, par un certain relâchement dans l’exécution, une représentation plus sommaire ou hâtive, que Du Cerceau avait subi ou commençait à subir les atteintes de la vieillesse, dont il se plaint d’ailleurs lui-même dans la dédicace à la reine par les paroles déjà citées 2. Nous pouvons, comme pour le premier volume de ce bel ouvrage, admettre que les planches de la deuxième manière étaient gravées assez longtemps avant leur publication ; mais, comme dans le premier volume, déjà deux des planches de Gaillon appartiennent à la troisième manière, et auront peut-être été gravées seulement peu de temps avant leur publication, nous ne serons pas loin de la

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