Chapitre Ior
vérité en admettant que ce fut vers \5y5 qu’apparaissent, dans la représentation de l’architecture proprement dite, chez Androuet, les signes d’un certain relâchement, de hâte, qui constituent sa dernière manière. Il n’est toutefois que juste d’ajouter que, parmi celles-ci, la majorité est encore bonne.
Les figures de statues ou de bas-reliefs sont en général plus faibles que dans le premier volume, et, par exemple, dans l’une des planches du palais des Tuileries, assez négligée du reste, franchement mauvaises; celles assises dans l’étuve du château de Dampierre sont inachevées et simplement indiquées au contour.
Le nombre des planches de ce volume, qui rappellent dans certaines parties, par l’écartement des hachures notamment, l’exécution des Grands Temples, est plus considérable encore que dans le premier volume ; en sorte que l’on aurait pu être tenté de placer l’exécution de ce recueil des Grands Temples à une date à peu près contemporaine.
Nous pouvons, du reste, suivre assez bien l’origine et les péripéties des Plus excellents bâtiments de France , grâce aux propres indications de Du Cerceau, répandues dans diverses dédicaces et que nous réunissons ici. C’est en i56i que Du Cerceau nous parle pour la première fois de ce grand travail en s’adressant au roi Charles IX, qu’il prie, en lui dédiant le Second Livre d'architecture, « d’agréer cette œuvre... en attendant ung autre selon qu’il m’a été permis et ordonné par vos prédécesseurs Rois, tant des desseins et œuvres singulières de rostre ville de Paris, comme de vos palais et bastiments royaux, avec aucuns des plus somptueux qui se trouvent entre les aultres particuliers de vostre noble royaume 1 . »
Dans la dédicace du livre des Grotesques, il écrit à Renée de France : « Je n’eusse esté si long temps sans récréer vostre esprit de quelques liures de mon art et labeur. Entre autres, je vous eusse présenté celuy des bastimens singuliers de France : œuvre digne d’estre mise en auant, pour le grand plaisir et delectatiô, que pouroient prëdre tous gras seigneurs, et amateurs de l’Art d’ Architecture. Ce que j’auois délibéré faire et mettre en lumière soub\ le bon vouloir du Roy*, duquel j’ay la permission : » puis ayant indiqué brièvement la forme qu’il se proposait de donner à son travail3, il continue : « ...Mais d’autant que tel œuure ne se peut faire sans grans frais, peine et travail : attendu aussi que cela requiert soy transporter sur les lieux, ou il y ua du temps et dcpèse, je n’ay peu y satisfaire, Madame : pour ce que lorsque festoye acheminé pour aller visiter les dicts bastimens et commencer ledict œuvre , les misérables troubles survindrent en ce Royaume, qui me causèrent si grandes pertes et dommaiges, et à toute ma famille, que je n’ay eu depuis moyen, ne pouvoir de poursuivre mon desseing. » Puis il explique à Renée de France ce qu’il a fait en « attendant le moyen que Dieu me donnera de poursuivre le dict liure des bastimens de France ».
En 1 5 7 , Du Cerceau rappelle au roi Charles IX, qu’étant à Montargis, il voulut bien discourir avec lui sur divers bastiments du royaume, et lui demander s'il parache-
i • Partie de la dédicace du Second Livre d’architecture citée par M. Destailleur et que nous reproduisons à l’appendice n° 9.