De'dicace du Traité de perspective positive, i5yô
ce long et pénible ouvrage , que suivant vostre commandement et poursuivi que par vostre libéralité... »
Voici maintenant le texte de la dédicace du deuxième volume, publié trois ans plus tard, en 1 5 79 :
« A très illustre et très vertueuse princesse Catherine de Médicis, Royne, mère du Roy. Madame, encore que i'aye esté souvent importuné par plusieurs, de continuer et achever le second volume des Plus excellents bastimens de France : toutesfois rien ne m’a tant contraint d’y mettre la main, que la promesse que ievous en avois faicte. Il est vray que ie ne l’ay pas si tost parachevé, comme i’eusse bien désiré, pour ce qu’il est besoin se transporter sur les lieux pour en prëdre les plans et desseins avec leurs mesures, ce qui ne se peut faire qu’avec un long temps, mesmes en mon endroit, d’autant que la vieillesse ne me permet faire telle diligence que ieusse faict autrefois. Nonobstant, Madame, ie me délibéré, Dieu aydant, le reste de ma vie poursuivre et continuer mes labeurs à ce que ie cognoistray vous estre aggreable , pour les vous dedier, comme ie fais ce présent volume, auquel i’ay suyvi le mesme ordre, et manière que i’avais faict au precedent. Vous priant, Madame, le prendre et recevoir d’aussi bonne volonté, qu’avez faict mes autres œuvres par cy devant. Et en ceste assurance, Madame, ie prie Dieu vous donner en parfaite santé, heureuse et longue vie, avec l’accomplissement de vos bons et saintz désirs.
« De Vostre Majesté
« Le très humble et très obéissant serviteur,
<' Jacques Androuet Du Cerceau. »
En résumé, c’est au roi Henri II que revient l’honneur d’avoir sinon peut-être conçu le plan de ce grand ouvrage, du moins de l’avoir permis et ordonné, et Du Cerceau nous indique en même temps le plan sur lequel il était conçu; il devait contenir : i° les oeuvres de la ville de Paris ; 2° les palais et bastiments royaux ; 3° aucuns des plus somptueux qui se trouvent entre les aultres particuliers du royaume. Ce plan fut suivi, mais le troisième volume, ou à vrai dire le premier, ne vit pas le jour, et l’on n’en possède que des feuilles séparées, telles que la Bastille, la Fontaine des Innocents et d’autres inachevées, comme l’Intérieur de la <rrande salle du Palais et le Pont Notre-Dame1.
En 1 56 1 , lorsqu'il « était acheminé » pour aller visiter les dicts bâtiments et commencer la dicte œuvre, « survint la première guerre de Reli gion )) qui, le ruinant lui et sa famille, l’empêcha de poursuivre
1. Et non le Pont Saint-Michel, comme l’indique la bibliographie de M. Destailleur.