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DU CERCEAU GRAVEUR

Dans le chapitre consacré aux trois manières justifiées par les oeuvres de Du Cerceau, il a été question de ses gravures. Voici maintenant quelques considérations plus générales sur ce côté si important de son oeuvre et qui dérivent de la place chronologique occupée par

FIG. lOÔ. — ENTRÉE DU CHATEAU d’aNET (COTÉ INTÉRIEUR). Ti rée des Plus excellents bâtiments de France.

le maître parmi les artistes de la Renaissance. L’hypothèse de Mariette, d'après laquelle Du Cerceau aurait reçu des leçons de gravure du célèbre Étienne de Laune, ne nous paraît nullement justifiée, car nous ne voyons aucune analogie dans les procédés des œuvres respectives. La remarque que fait M. Destailleur, en disant que la manière de Du Cerceau se rapproche plus de celle de Léonard Thiry et des graveurs de l'école de Fontainebleau, nous semble beaucoup plus exacte, car il est possible qu’à un moment donné, soit par sympathie ou soit pour quelque autre raison, Du Cerceau ait voulu imiter, dans une certaine mesure,

celle de l’un de ces graveurs. Nous croyons toutefois pouvoir affirmer, en nous basant sur nos propres expériences, d'une part, et sur un certain nombre d’épreuves des premiers essais de gravure de Du Cerceau, de l’autre, qu'il lui a suffi d'une seule leçon dans la gravure à l'eauforte pour le mettre en état d’exécuter ces premières planches. Ce sont par exemple la façade d'un projet pour Saint-Pierre de Rome, au musée de Bâle (fig. 5), l’épreuve représentée figure ç5 et celle que reproduit la planche I. Pour quelqu’un dessinant aussi bien l’architecture et les ornements que Du Cerceau, lorsqu'il était encore en Italie (fig. 2), il suffit d’avoir vu vernir une planche et d’avoir assisté à une morsure pour pouvoir être en état de faire immédiatement, soit le jour même, soit le lendemain, une des planches que nous venons de citer. Cela posé, Du Cerceau n’avait plus besoin d’autre maître, à proprement parler, que de sa propre expérience, pour réaliser les progrès qui, au bout de quelques semaines, le mirent en état de faire des planches du type de celles gravées en 1 534 et en 1 535, et peu après toutes celles qui se rattachent à sa première manière. Puis, quand il adopte le parti d’ombrer ses estampes, la manière dont il emploie et croise les hachures dénote à un tel point l’esprit d’un architecte, que l’on peut admettre qu’il se soit fait cette manière lui-même, d’autant plus qu'il ne nous souvient pas d’avoir rencontré quelque autre graveur chez lequel ce procédé, qui sent partout l’équerre et le T, soit aussi fortement accusé. C’est le faire d’un architecte, habile dessinateur, que le hasard et non une longue préméditation ou un enseignement spécial ont rendu graveur. Dans le lit, vu de côté, de l’année 1 535 apparaissent d’ailleurs déjà les traces des hachures inséparables de la seconde manière du maître.

On ressent une impression analogue en présence de ces nombreuses gravures au trait, lavées ensuite au pinceau pour obtenir, par ce modelé, un plus grand relief. Sans doute Du Cerceau avait simplement voulu donner par là à ses estampes quelque chose de moins froid, une certaine apparence de dessins originaux, d’esquisses, telles que les exécutaient si souvent les architectes italiens de cette époque, ou bien cher-

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