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DU CERCEAU DESSINATEUR

On a pu se convaincre de la place importante qu’occupe clans notre travail l'étude des recueils de dessins de Du Cerceau. Ils nous obligent à ajouter quelques considérations d’ensemble sur le rôle si remar-

Gravée d’après Vredeman de Vries. (Tire’e des Petites Vues.)

quable qu’ils jouent chez lui et sur les qualités intéressantes qu’Androuet y déploie comme dessinateur.

Chez Jacques Androuet l’Ancien, la finesse du coup de plume est telle qu elle enchante toujours à nouveau, la netteté du dessin étonne et ravit malgré toutes les réserves que l’esprit et la raison de l’architecte et du constructeur peuvent être tentés de faire, avant d'avoir saisi la nature même du but de tel d’entre les dessins et l’élément de fantaisie qui devait s’y rencontrer par suite de sa destination même.

Les recueils de dessins originaux si nombreux ajoutent un intérêt exceptionnel et une physionomie toute particulière à la figure si attrayante déjà de Du Cerceau, et encore est-il certain que nous ne les possédons pas tous ; de ses études en Italie, il n’y a que le précieux lambeau du recueil A. Le volume de croquis J occupe aussi une place à part, étant unique dans son genre ; les recueils M et N, peut-être aussi F et Iv, servaient à Du Cerceau lui-même pour des études de choix ou pour classer ses séries de types ; ils nous montrent par suite, dans une certaine mesure, les résultats de ses investigations architectoniques. Le recueil C nous montre probablement la manière dont Du Cerceau préparait les dessins d'une suite destinée à la gravure, et quant aux volumes B, D, E, G, H, L et peut-être K, ils étaient destinés à être offerts à des personnes d’un haut rang, telles que Marguerite de Valois, Renée de France, Henri VIII ou François IL (Au sujet d’une découverte toute récente, voir le dernier appendice.)

L’habileté extraordinaire de la plume de Du Cerceau, la finesse du modelé à l’encre de Chine, ne nous dispensent pas de relever dans sa manière de dessiner quelques particularités qui, outre qu’elles peuvent être parfois utiles pour reconnaître ses dessins, trahissent une certaine routine, qui avait dû infailliblement s’introduire chez lui et qui se rencontre de très bonne heure. Pour être plus expéditif, il ne dédaignait pas certains trucs mécaniques qui ne donnaient qu’un résultat approximatif. Quand il dessine des colonnes en perspective, les ellipses du chapiteau et des bases sont généralement remplacées par des arcs de cercle dont les centres sont placés sur l’axe de la colonne, comme on le voit figures 1 8 , 1 9 , 22, 47, 5o, 56, 7 5 et 77, dans ces deux dernières surtout, et même dans le croquis, figure 17. Dans la figure 84 c’est une colonne entourée de spirales, dont chacune est tracée par deux arcs de cercle. Ce sont là des détails qui procèdent du même sentiment qui le guide dans l’emploi de ses hachures tracées suivant un certain nombre de directions constantes comme les équerres dont il se servait. Dans l'estampe figure 18, déjà, toutes les ellipses sont remplacées par des arcs tracés au compas et raccordés au sommet tant bien que mal.

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