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CARACTÈRE PERSONNEL DE DU CERCEAU

Il eut été intéressant de pouvoir donner quelques détails sur le côté moral du caractère de Du Cerceau, mais nous ne savons à cet égard rien de positif. Le seul indice qui semble jeter un jour favorable

1. The literary Works of Leonardo da Vinci; Londres, 1 883, vol. II.

2. Léonard de Vinci et la statue de Francesco Sforja; Paris, Champion, 1879.

3. Ce n’est d’ailleurs pas là le seul exemple d’un auteur reproduisant et publiant des documents antérieurs à ceux de son époque. Voici un dernier exemple qui ne sort pas du genre qui nous occupe. C’est le Milanais G. B. Montana qui nous le fournit dans la première moitié du xvn° siècle. Dans l’une de ses séries de 25 pièces (Raccolta de tempij et sepolcn disegnati dall’ antico, da Gio. Battâ Montano, Milanese, dato in luce da Calisto Ferrente, Romano, pezzi 25, Rome, 1 638), nous rencontrons uniquement des compositions du xvi° ou peut-être de la fin du xv“ siècle; quelques-unes paraissent même inspirées des études de L. de Vinci. Dans d’autres séries, au contraire, on voit parfaitement les compositions de Montana ou d’autres contemporains, et dans la série publiée en i5a8, on rencontre 2- pièces qui sont inspirées de sa série ancienne que nous venons de citer.

sur lui pourrait se trouver dans la nature de ses relations avec une princesse aussi illustre, aussi vertueuse et aussi instruite que la duchesse de Ferrare, Madame Renée de France. Le contraste qui existe entre l'expression de « très humble et affectionné serviteur », dont il se sert à son égard, dans la dédicace du livre des Grotesques, et les expressions usuelles de respect et d'obéissance employées aussi par Du Cerceau dans les dédicaces de ses ouvrages adressées à d’autres personnes royales, laisse présager, de la part de Renée de France, une bienveillance qui ne peut être qu’à l’honneur de Du Cerceau1. Patcontre, nous sommes frappé de voir Androuet dédier encore trois de ses ouvrages, après la Saint-Barthélemy, à Catherine de Médicis. Faut-il voir là de la part d'un protestant un signe d’indifférence religieuse ou le témoignage d’une grande misère qui le faisait dépendre entièrement de la cour? Faut-il y voir le signe d’une charité chrétienne exemplaire ou la marque d'une reconnaissance très grande pour de nombreux bienfaits reçus de la famille royale ? C'est une question que nous craindrions de résoudre, tout en ayant cru devoir signaler ce fait comme étant digne d'une certaine attention. Il pouvait en somme y avoir des raisons honorables pour lui que nous ne saurions apprécier à cette distance, et nous préférons voir dans la fermeté des convictions dont ht preuve son fils Baptiste lorsqu'il sacrifia, en 1 585 , sa place à ses croyances religieuses, un acte qui jette également un jour favorable sur son père.

1. Voir toutefois une expression presque identique à l’appendice XV.

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