Les Grands Architectes français
3. Traité des causes et des raisons de la prise d’armes faite en janvier / 58g, dans les Mémoires du duc de Nevers, pages 28 et 29.
en tous lieux, où Sa Majesté alloit, desquels il n’en prit un seul qui fust hugenot, tesmoignage très-suffisant de l’intérieur de ce prince, lequel on ne sçauroit contredire, sinon que pour un certain petit architecte nommé Du Cerceau que, par faute d'autre, il prit à son service en l’année 1575, lorsque Sa Majesté estoit en si grande affection de faire bastir une maison de plaisance autour de Paris, pour ce que ce petit homme pourtrait fort bien et mieux qu’homme de France, et estoit diligent, actif et soigneux aux commandements qui lui estoient faicts, et aussi que Sa Majesté estoit contrainte de se servir d’un peintre qui souloit faire des inventions pour des mascarades et tournois, nommé de Magny, résidant à Paris, lequel, tant pour son âge qu’aussi pour ne se congnoître guères au fait de l’architecture, et avoit la main dure pour en dresser pourtraits, ne pouvoit satisfaire au gré de Sa Majesté, et estoit contrainct de faire travailler sous luy le dict Du Cerceau, qui estoit un jeune garçon, fils de Du Cerceau, bourgeois de Montar gis, lequel a esté des plus grands architectes de nostre France. Et par ce moyen il fut introduit au service de Sa Majesté, sans qu'elle le reconneust pour hugenot. Ledit Du Cerceau a bien fait pénitence en sa charge, ayant fait plus de pourtraits de monastères, églises, chapelles, oratoires et autels pour dire la messe, que jamais architecte en France en ait fait en cinquante ans. »
Ailleurs, Berty s'exprime comme suit 1 :
« Il est sûr que Baptiste Androuet fut architecte de Henri III. Dans un acte du 7 novembre 1 585 , où il figure comme preneur au nom de ce prince, il est qualifié de « Vallet de chambre dudict sire, « et ordonnateur général des bastiments de Sa Majesté ». Germain Brice (t. IV, p. 1 5g de l’édition de 1751) dit que sa place de surintendant lui valait 6,000 livres d’appointements, et L’Estoile, qui l’appelle aussi « architecte du roi », ajoute que c’était un « homme excellent et silice gulicr dans son art » (édition Michaud, p. 193), dans le passage où il raconte qu’au mois de décembre 1 585 , Du Cerceau prit congé du roi, aimant mieux « quitter... ses biens que de retourner à la messe ».
C’est effectivement Baptiste, et non point Jacques, qui fut le héros
1. Bulletin de la Société de l’histoire du Protestantisme français, V° année, 1857, page 3a8.